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BROXZE.

BROXZE.

quo le cuivre’, il était employé chez les anciens pourluire des épées, des haches, etc., avant que lu manièrede travailler le fer lut généralement répandue. L'art detondre des statues de bronze remonte il la plus hauteantiquité, mais il n’a reçu un certain degré de perfec-tion qu’envimn 700 ans avant J.-C. Ce fut à Theodoroset à Ihecus, de Samos, que l’on dut ce premier progrès;c’est à eux que Pline attribue l’invention de l’art demodeler. Les anciens avaient bien remarqué, qu’enalliant le cuivre avec l’étain, on obtenait un métal plusfusible, quo la fonte devenait par cela même plus fa-cile, et que les statues étaient plus dures et plus dura-bles; néanmoins celles-ci se trouvaient fréquemment decuivre presque pur, parce qu’ils ne possédaient aucunmoyen de déterminer les proportions de leurs alliages,et que, par leur manière de conduire le feu, le cuivres’afiinait pendant la fusion, ainsi que cela arrive encorequelquefois de nos jours à des fondeurs sans expérience.Ce lut pendant le règne d’Alexandre que les fonderiesde bronze acquirent leur plus grand développement. Acette époque le célèbre Lysippe parvint, par de nou-veaux procédés de moulage et de fusion, à des résultatsremarquables que nous a transmis l’iiistoire. Bientôtaprès on coula d’énormes colosses en bronze, aussiélevés que des tours, et dont l’ile de Rhodes seule nepossédait pas moins d’une centaine. Le consul romainMutiomis trouve 3,000 statues de bronze a Athènes ,3,000 à Rhodes, autant à Olympic et à Delphes , quoiquedans cette dernière ville on en eût déjà enlevé un grandnombre.

Pour de pareilles statues, l’alliage doit être assez fu-sible pour couler promptement dans toutes les partiesdu moule, quelque délicates qu’elles soient ; il doit êtredur, afin de pouvoir résister aux chocs que les statuespeuvent recevoir par accident; il doit être à l'épreuvede l’influence des saisons et de nature à pouvoir acquérirà l’extérieur, avec le temps, cette teinte verdâtre ou pa-tine ^ qu’on admire tant dans les bronzes antiques. Lacomposition chimique de l’alliage qui fait le bronze estdonc un objet de la première importance.

Les frères Keller, fondeurs célèbres du temps deLouis XV , dont les chefs-d’œuvre sont si connus, diri-geaient toute leur attention sur ce point, auquel on at-tache si peu d'importance aujourd’hui. La statue de De-saix, sur la place Dauphine, et la colonne de la placeVendôme sont des exemples de tout ce qu’on peut fairede plus mauvais dans ce genre de travaux, par la com-binaison des alliages dont ils sont formés. En analysantséparément des échantillons pris dans les bas-reliefg dupiédestal de cette colonne, dans le fût, et au chapiteau,on a trouvé que le premier ne contenait que 6 partiesp. 100 d’allingc de cuivre, le second encore moins, et letroisième seulement 0,2! p. 100; ce qui démontre clai-rement que le fondeur n’a pas su prévenir l’oxydationde l’étain et son passage progressif dans les scories,pendant la fusion du bronze, et qu’à mesure que laquantité d’étain diminuait dans ce dernier, ce qui lerendait moins fusible et moins propre au moulage , ill’employait pour les parties supérieures de la colonne,oii, vu l’élévation, les défauts de fonte devenaient moinssensibles.

Les canons qu; le gouvernement avait fournis pourla fonte du monument contenaient :

Cuivre . . 89,300

Etain.10,040

Plomb. 0,102

Argent , zinc, fer et perte. . . . 0,498

100,000

Le moulage de la plupart des bas-reliefs a été si maiexécuté, que les ciseleurs, employés pour en réparer lesfautes, n’enlevèrent pas moins de 70,000 kilogr. de

bronze qui leur furent abandonnés, outre une somme de300,000 fr. qu’ils reçurent pour leur travail.

Les statues qui ont été coulées par les frères Keller.à Versailles , ont donné à l’analyse :

N u 1. X° 2. X* 3. Moyenne.Ouhrc. . . 91,30 91,68 91.22 91,40

Etain . . . 1,00 2.32 1,78 1,70

Zinc. . 6,09 4,93 5,37 5,53

Plomb . . 1,61 1,07 1,43 1,37

Tot>,üTT 100,00 100,00 ïoo,oo

L’analyse du bronze de la statue de Louis XV , dontla densité était de 8,482, a donné pour sa composition :

Cuivre. 82.15

Zinc. 10,30

Etain . 4,10

Plomb. 3.15

100 , 00 “

L'alliage le plus convenable pour les médailles de

bronze qu’on doit frapper ensuite, se compose de 8 à12 parties d’étain, et de 92 à 88 parties de cuivre, ouen moyenne de 1 d’étain pour 9 de cuivre. Si on yajoute 2 ou 3 p. 100 de zinc, l’alliage prend alors unepatine plus belle. L’alliage des frères Keller est célèbreà cct égard. La médaille doit être frappée au balancierà trois ou quatre reprises, eu radoucissant chaque fois,en la chauffant au rouge, puis eu lu trempant dansl’eau froide.

Le bronze ou métal des cloches est composé, sur100 parties, de 78 de cuivre et de 22 d'étain. 11 présenteun beau grain compacte, est très fusible et très sonore.Les autres métaux qu’on y ajoute quelquefois sont plu -tôt préjudiciables qu’avantageux, et ne servent qu’àaugmenter les profits des fondeurs. Il y a des clochesanglaises qui contiennent 80 de cuivre, 10,1 d’étain,5,6 de zinc, et 4,3 de plomb; ce dernier métal, surtout,lorsqu’il est en aussi grande quantité, se sépare souventen parties presque pures, qui détruisent runiforinité del’alliage.

Les lam-lams , ou cymbales de bronze, inventés par lesChinois, sont forgés au marteau, très minces, et s'ap-pellent aussi gongs-gongs, du mot chinois tshoung , quisignifie cloche. Klaproth a démontré qu’ils ne sont com-posés que de cuivre et d’étain, dans les proportions de78 de cuivre et de 22 d’étain. Leur densité est de 8,815.Lorsque cet alliage vient d’être coulé, il est aussi fragileque du verre, mais en le plongeant à la chaleur rouge-cerise dans de l’eau froide ; et en le mettant entre deuxdisques de fer pour empêcher qu'il ne se déforme, il de-vient ductile et malléable. Au moyen de ce procédé dé-couvert par feu M. d’d reet , on peut rendre ductiles tousles objets en bronze, ce qui est très important, parexemple, pour les mortiers en bronze qui présententdes avantages sous le rapport de la dureté, mais quiavaient l’inconvénient assez grave d’être cassants surleurs bords; comme cette partie est plus mince, plussujette à casser, et qu’il est d’ailleurs inutile qu’elleprésente la même dureté que le fond, on remédie à tousj les inconvénients, en trempant dans l’eau cette partieseulement.

Les armes offensives de bronze (airain) des anciensvariaient dans leur composition ; les épées étaient for-mées de 87,5 de cuivre, et de 12,5 d’étain ; les ressortsdes balistes, de 97 de cuivre, et de 3 d’étain.

Le métal des canons sc compose d’environ 90 à 91 decuivre, et de 10 ou de 9 parties d’étain. D’après les ex-périences de Papacino-d’Antony, faites à Turin en 1770,il paraît que l'alliage le plus convenable pour les groscanons est de I 2 à 14 parties d'étain sur 100 de cuivre ;mais le comte Lamartillière a conclu de scs expé-riences, faites à Douai en 1786, qu'on ne doit jamais