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BROYER.

Les détails dans lesquels nous venons d’entrer nousparaissant suffisants pour notre objet, nous renvoyons,pour la connaissance complète des matières, aux diversarticles de ce dictionnaire, et aux ouvrages de physique,minéralogie, de chimie et de pharmacie.

II. — De la ténacité et de la résistance du corps au chocou broiement. En théorie, la ténacité du corps dépend sim-plement de l'arrangement et du degré d’adhérence desmolécules qui le constituent, ce qui revient à dire queles corps qui sont susceptibles d’être broyés le plus faci-lement, sont ceux dont les molécules sont tellement dis-posées qu’elles peuvent être brisées ou séparées par unemoindre force. Or, cette définition, suivant le témoi-gnage des physiciens, est précisément celle qui s’appli-que aux corps les plus élastiques. Donc, théoriquementparlant, ce sont les corps les plus élastiques qui se bri-sent et se rompent le plus facilement par l’effet d’unchoc. Ainsi, le verre qui est très élastique se brise avecune plus grande facilité quoies matières pierreuses,comme le marbre, la porcelaine, qui le sont beaucoupmoins. Les corps peu élastiques, comme la craie, lesgrès tendres, les gypses, l'albâtre, le plâtre, etc., dontles molécules constituantes peuvent être facilementébranlées et désunies, sont plutôt écrasés, aplatis parl’effort que brisés. Cependant il faut, dans la pratique,faire attention à une multitude de circonstances qui mo-difient les résultats.

Ces circonstances sont au nombre de cinq, savoir : <.

; 1° La masse du corps à broyer ; car, plus elle est con-sidérable, plus la résistance du corps est grande.

La manière dont le corps est appuyé et retenu; eneffet le corps se brise d’autant plus facilement que sonadhérence avec le point d’appui est plus grande.

3” La forme du corps ; un corps rond est plus résistantque s’il avait la forme rectangulaire qu’on pourrait luidonner en le coupant et en l’aplatissant, et sa résistanceaugmente avec sa grosseur ou son épaisseur.

4° L'influence de l'arrangement des particules ducorps; un corps composé de molécules lamellaires, paral-lèles, et appliquées les unes sur les autres, offre moinsde résistance, que lorsqu’il est composé de petites la-ines entremêlées de fibres droites ou courbes, divergen-tes ou entrelacées.

Les corps très peu celluleux, très filandreux, présen-tent aussi une plus grande résistance; mais en généralle corps, dont la structure présente des agrégations gra-nulaires , est peu résistant, et sa résistance diminue en-core suivant la grosseur, l’inégalité de ses molécules etleur degré d’écartement.

O" Influence de la température. La température en aug-mentant l’élasticité du corps, augmente sa ductilité etsa résistance au broiement. Le verre, la cire à cacheter,les résines sont des exemples que nous avons sans cessesous les yeux. 31 y a aussi des corps qui, au contraire,deviennent plus faciles à briser, lorsqu’on élève leurtempérature à un certain point; tels sont certains al-liages métalliques.

Les argiles et les terres à poteries, les pierres dures,comme le silex, le tripoli , le quarz, sont aussi plus fa-ciles il briser et à pulvériser, lorsqu’ils ont été chauffésau rouge, et refroidis brusquement dans l’eau froide, levinaigre, etc. Cette trempe a pour résultat d'étonnerles corps pierreux, c’est-à-dire de diminuer l'adhérencede leurs molécules.

Nous ne parlons pas des corps qui sont susceptiblesde se décomposer en partie par la chaleur, qui s’enflentou se carbonisent et qui deviennent dès lors plus oumoins friables.

L'humidité produit aussi sur certains corps le mêmeeffet que la chaleur sur d’autres : aussi la terre glaise,la gomme arabique et la chaux vive, humectées d’eau,sont plus tenaces et plus résistantes. On utilise mêmecette propriété pour obtenir des poudres très fines de di-

verses matières dures, et voici comment : on broie lamatière plus ou moins ténue, sous une molette ou sousune meule tournant circulairement avec de l’eau gom-mée, ou de la dextrine humectée d’eau. L’eau gomméea pour double effet de diviser les molécules et de les re-tenir pendant longtemps sous l'instrument de broyage,de sorte qu’on peut pousser l’écrasement jusqu’à la dernière limite.

III .—Du choc et de la force mécaniquenécessaire pour bri-ser, écraser } piler , concasser et pulvériser les corps. Nousne détaillerons pas ici les principes du elioc, étude quiappartient à la mécanique et à la physique ; nous étu-dierons seulement les effets utiles et pratiques^ quofournissent à l’industrie du broyeur les machines géné-ralement connues aujourd’hui.

Nous citerons en première ligne, suivant l’ordrochronologique de l’invention, le marteau proprementdit qui servit sans doute aux premiers hommes pour.briser les pierres, écraser les grains, et qui sert encoreaujourd’hui pour battre les métaux, l’or, l’argent, leplatine, le cuivre, etc. (voyez batteur d’or), et lesétendre en feuilles très minces, afin de les réduire en-suite plus facilement en poudre fine par le frottementd’une meule et d’une molette, en fonte dure ou en acier.Le marteau, ou toute autre force contondante, qui agitperpendiculairement à la plus grande dimension ducorps, doit être convexe; le coup aplatit les moléculessans les écraser et sans les volatiliser.

Le pilon, employé seul, agit comme le marteau surles corps durs placés dans un mortier, mais par l’actiond’un courant d’air à une température constante, dirigédans le foyer de pulvérisation, on parvient à diviser età classer en poudres de tous degrés de finesse, d’aprèsle transport produit par la volatilisation, les matièresles plus dures et les plus résistantes.

On écrase et brise aussi les corps peu résistants, pla-cés sur un plan horizontal, par l’action d’un cylindreplus ou moins lourd qui roule sur eux, en leur présen-tant successivement les différents points de sa surface;mais cette action, qui est beaucoup moins considérableque celle produite par le pilon ou par le marteau, n’estemployée utilement et économiquement que pour com-primer et aplatir certaines matières sans les déchirer.On emploie cependant ce moyen depuis un temps im-mémorial pour broyer le chocolat, sur une pierre hori-zontale ou concave, au moyen d’un rouleau auquel onimprime un mouvement de va et vient horizontal paral-lèle à la pierre. Quant à l’application nouvelle de lamécanique à de pareilles machines à chocolat, ellen’a pas eu encore pour effet d’obtenir l’entière per-fection de l’opération, mais l’économie des forces et dela main d’œuvre. Il y a encore des machines à choco-lat composées ( voyez chocolat, iiuile), ainsi quecelles antérieurement employées à Barcelone, de quatreou six cônes, en fer ou en granit, liés par leurs som-mets, et conduits circulairement par un agent méca-nique sur un plan horizontal. Ces cônes font l’office derouleaux, mais, comme l’explique un savant technolo-gue : le développement de leurs surfaces étant différentde celui du plan sur lequel ils roulent, l’action propredes rouleaux n’a lieu, dans sa pureté, que suivant unezone très étroite, située généralement vers le milieu deleur longueur, tandis que cette action se combine auxdeux extrémités avec celle de porphyrisation.

Le système de deux ou trois cylindres en fer ou engranit, agissant comme laminoirs, ne fait que compri-mer inégalement la matière sans la déchirer ; mais cesystème augmente la cohésion, c’est-à-dire la force aveclaquelle les particules des corps adhèrent entre elles,de manière à opposer plus ou moins de résistance à leurséparation. C’est ainsi eme les fondeurs préparent leurssables à mouler, afin de les aplatir et de les rendre plusadhérents.