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BROYER.

BROYER.

lange intime , de la matière colorante avec le liquide, etde la diviser eu particules extrêmement fines, plus ar-rondies et par conséquent moins adhérentes entre elles.Voyez couleurs, esches d’imerimerie.

Il est encore possible de réduire en poudre ou debroyer différentes substances peu résistantes par lemoyen d'une ou de plusieurs boules qui roulent sur dessurfaces cylindriques ou sphériques.

Cette invention date, du reste, d’une époque fort recu-lée, sa simplicité et l’eflicacité de son action portent à lesupposer ; ainsi on a longtemps fait tourner les boulesdans une bassine ou tout autre vaisseau de cuivre, enimprimant à ce dernier un mouvement de bascule, telque cela se pratique encore aujourd’hui dans les petitsateliers de teinture. Ce système a l’avantage de pro-duire un mouvement circulaire continu qui est tou-jours préférable au mouvement alternatif lorsqu’on veutbroyer vite et à bon marché, et possède la propriété derassembler par la loi de la pesanteur et par la dispositiondes pièces, toute la matière à broyer sur les points decontact des boules et du réservoir. Cette machine doitparfaitement convenir pour broyer de la houille et ducharbon de bois.

Elle ne serait pas d’une application générale dans lesfabriques d’indiennes, parce qu’elle ne pourrait servirpour les substances sèches qui ont la propriété de se tas-ser, telles que les gommes, et différents sels etc., dontla plus grande partie resterait collée aux parois inté-rieures du vaisseau, sans venir se présenter au point oùse fait l’action de la boule.

Pour broyer les substances qu’on mêle avec l’eau, tellesque l’indigo ou le bleu de Prusse , il faudrait disposer laporte de manière à pouvoir être bien fermée et à nepas laisser échapper le liquide. Par ce changement trèsfacile à exécuter, cette machine deviendrait* très propreh broyer les couleurs bleues mentionnées ci-dessus :aussi plusieurs fabriques d’indiennes se sont-elles déjàservies d’appareils analogues.

Description de la machine à concasser les substancesdures et sèches , de MM. Barratte et Bouvet. Toute cettemachine se compose simplement de trois pièces princi-pales, savoir :

4“ D’une trémie en fonte contenant les substances àmoudre ou à broyer;

2° D’une grille fixe en fonte, percée de trous rectan-gulaires très étroits;

3° D’un cylindre évidé et à arêtes liéliçoïdes, ayantun mouvement de rotation sur son axe.

De la grille fixe. La grille à travers laquelle doitpasser toute la substance, après qu’elle a été broyée, estd’une forme circulaire et fondue d’une même pièce;elle est composée de plusieurs barreaux fort épais,réunis entre eux par de petites nervures qui for-ment en même temps les séparations des évidementsrectangulaires et très étroits, par lesquels la matière estforcée de passer. On conçoit sans peine que, par laforme donnée aux barreaux de cette grille, elle puisseprésenter une grande résistance et ne pas céder à l’é-norme pression qui s’exerce contre elle, lorsque la ma-chine fonctionne. La seule difficulté était de la fondred’une pièce, en laissant entre les barreaux des inter-stices qui n’aient pas quelquefois plus de 2 à 3 millim.de largeur du côté de la surface concave qui se présenteà l’action du cylindre. Mais on conçoit qu’un fondeurhabile, avec un modèle bien fait, et en employant pourle moulage du sable très fin, peut toujours parvenir àfondre une telle pièce.

Cette grille repose par ses deux extrémités sur lesfeuillures qui ont été ménagées à l’intérieur de la tré-mie ; elle touche aussi ses parois latérales par des par-ties étroites et peu saillantes, qui ont été ménagées surses côtés. On peut encore la rendre tout à fait solidaireavec le fond de la trémie en La liant par des brides en

fer. Ainsi, lorsqu’on élève ou lorsqu’on descend latrémie, on élève ou on baisse la grille en même temps.Celle-ci n’est pas exactement concentrique à la surfaceextérieure du cylindre : elle est d’un diamètre plusgrand, afin de présenter de l’entrée, c’est-à-dire unpassage un peu plus large vers les bords qu’au mi-lieu.

Du cylindre mobile et de son mouvement. Le cylindrequi doit opérer la trituration de la substance renferméodans la trémie, présente une forme toute particulière etqui n’a pas, que nous sachions, été appliquée jusqu’ici.Qu’on s’imagine, à la surface extérieure du cylindre,deux filets de vis, l’un à droite, l’autre à gauche, à pastrès allongés, et se rencontrant à chaque moitié de cir-conférence, où ils forment des angles très prononcés ;que l’on suppose ensuite des cavités très profondes pra-tiquées entre chacun de ces filets, de manière à pré-senter des espèces de creux prismatiques, et l’on pourrase faire une idée de la construction de ce cylindre évidé.A son centre et dans toute sa longueur il existe d’ail-leurs assez de matière pour qu’il ne puisse fléchir, mais,au contraire, tourner exactement.

Il est aisé de concevoir maintenant que si, aprèsavoir rempli la trémie d’os carbonisés, par exemple,l’on imprime au cylindre un mouvement de rotation,soit dans un sens, soit dans l’autre, ces os seront suc-cessivement entraînés par les arêtes extérieures du cy-lindre, et bientôt amenés jusque sur la grille. Il est évi-dent que tous ceux qui ne pourront se loger dans lesdifférentes cavités pratiquées entre les filets héliçoides,seront d’abord pressés par ces derniers contre la partieinférieure de la trémie, puis bientôt contrela paroi inté-rieure de la grille. Ils commenceront donc à être dé-chirés et concassés; puis, au fur et à mesure qu’ils ap-procheront du milieu de la surface de la grille, commealors l’écartement qui existe entre elle et la surface-extérieure du cylindre est très petit, ils seront consi-dérablement réduits, et de plus forcés en grande partiede passer à travers les ouvertures de la grille. 11 y adonc ainsi dans ce travail un double effet : le cylindredéchire, brise ou concasse, et il comprime, dispositionqui est extrêmement favorable à l’opération. Tous lesos qui ont pu se loger dans les cavités du cylindre sontremontés par lui, mais pour retomber bientôt sur lefond de la grille et être rencontrés par les filets saillantsqui les broient et les forcent également à traverser lesouvertures.

Cependant, toutes les parties qui passent à tra-vers la grille ne sont pas complètement réduites enpoudre; il y en a qui sont encore en grains d’unegrosseur plus ou moins considérable, mais qui, danstous les cas, ne peut être au-dessus de la largeur desouvertures. Ainsi, si ces derniers ont 2 millim. delarge, les grains les plus forts ne peuvent avoir, en sor-tant de la grille, plus de 2 millim. de diamètre. Avecune grille plus fine on obtiendra nécessairement plus denoir en poudre et moins de noir en grains ; mais on peutencore jusqu’à un certain point régler la grosseur dugrain ou la finesse de la poudre, en rapprochant plus oumoins la grille du cylindre.

Ou se sert aussi, pour triturer les matières peu ré-sistantes , et les réduire en poudre grossière, tels quel’écorce à tan et le plâtre, d’un moulin à noix, composéd’un cône en fonte armé de nervures saillantes et mo-biles dans une boîte garnie aussi de saillies, entre les-quelles les matières sont concassées. C’est du reste avecune machine à peu près semblable qu’orf moût le poivre.

Il nous reste maintenant à parler des machines à dé-couper et à réduire en copeaux toutes espèces de boisdestinés à la teinture, machines spéciales et toutes d’in-vention moderne, à l’exception toutefois de la scie, îlela râpe et du rabot de menuisier, employés depuis un.temps immémorial pour user et raboter le bois.