CACHEMIRE.
CACHEMIRE.
dent environ cent jours de travail. (Pour la constructiondu métier à la Jacquart, voyez .jacquart).
Dans le procédé oriental, toutes les ligures en reliefsont faites avec un mince fuseau, sans la navette em-ployée dans le tissage européen. La fleur et son fonds’exécutent avec le fuseau au moyen d’un entrelacementqui les rend en quelque sorte indépendants de la chaîne.Dansl’imitation des châles orientaux, qui se fait à Lyon ,la fleur est unie à la chaîne par la trame qui traverse lapièce, ce qui épargne beaucoup de travail, mais ne laissepas d’augmenter un peu le prix des chfiles. D’ailleurs,le fabricant indien lui-même, malgré toutes les condi-tions de bon marché dans lesquelles il est placé, sous lesrapports de la main d’œuvre et de la matière, ne tra-vaille pas avec moins de dépense de temps et d’argentque nous.
Un clulle long, à grandes palmes, à larges bordures,de première qualité, et recherché dans le commerce, peuts’établir dans l’Inde sur le pied suivant :
Une paire de chfiles longs, montée sur douze métiers,peut être confectionnée dans l’espace de six à sept mois.Dans le corps d’une paire de chfiles longs semblablesl’un à l’autre pour le dessin et les couleurs, il y a vingtcoutures ou rentrayures. Les nœuds de rattachementpour le rentrayage des diverses pièces de rapport dontse compose cette paire de chfiles sont alors placés surl’endroit et l’envers du tissu.
Pour établir un chfde long, unique, c’est-à-dire sanspair et sans aucune rentrayure, sur deux métiers oudans deux ateliers, il faut que la chaîne et les fils soientd’une qualité très supérieure à ce qu’on emploie dans laconfection des chfiles ordinaires, et que les dessins et lemélange des couleurs soient, en tout point, d’une rareperfection. Dans ces conditions, un chàlc long, sanscouture, exigerait un travail de trois années ; mais, pen-dant cet intervalle, il y aurait à craindre pour la chaîneen laine, l'évent, l’altération des couleurs et la piqûredes vers, circonstances qui ne permettent guère d’opé-rer le tissage. Le prix d’un chftle de qualité marchande,fabriqué sur douze métiers, et qui demande six à septmois de travail, varie entre 4,200 et 2,000 roupies,monnaie courante de Cachemire , c’est-à-dire entre2,400 et 4,000 fr. environ. Dans le milieu d’un chfileunique, c’est-à-dire sans pair, il y a toujours deux cou-tures, c’est l’affaire des rentrayeurs qui font ce tra-vail d’assemblage avec une telle perfection qu’il est im-possible de s’eu apercevoir. Dans ces conditions, unchfile long exigeait un travail de douze mois complets.
Un carré à palmes, fond uni, à large bordure ou en-cadrement, s’établit sur quatre métiers, selon l’antiqueusage. Pour exécuter un semblable carré sur un seulmétier, il faudrait à peu près onze mois entiers de tra-vail. D’après cela, on peut conclure qu’il n’y a d’avenirchez nous pour le châle épouliné, qu’autant qu’on par-viendra, à l’aide de la mécanique, à simplifier le travail,comme par exemple, à passer plusieurs épouîins ou fu-seaifx à la fois. Et cette espérance, nous pouvons la con-cevoir en présence des résultats déjà obtenus par quel-ques-unes de nos nouvelles machines. (Voyez battaxt-BKOCHEUR.)
Mais jusqu’à présent, les châles de fabrique françaisene peuvent être considérés que comme tissés et brochésau lancé, et prenant en considération la matière em-ployée, nous les diviserons en :
Châles de Taris ;
La fabrique de Paris exploite trois sortes de châles,genre et imitation de cachemire. 4° le cachemire pur,dont la chaîne et toutes les matières tissées et lancéessont en duvet de cachemire. La majeure partie sontcarrés et ont !"’,80 à 4'“,93 de côté; leur prix varie de220 à 500 francs. Le nombre des couleurs employées est
rarement au-dessous de 8 ; il est d’ordinaire de 10 à 11,et il s’élève quelquefois jusqu’à tt et 15. Les châleslongs en cachemire pur doivent avoir de 1 *“,l>0 à ]' >, ,l>0de large sur 3 m ,G0 à 3 m ,80 de long, et leur prix varieentre 300 et 700 francs.
2° Le châle indou cachemire, qui se fabrique avec lesmemes matières qnc le cachemire pur, à l’exception dela chaîne qui est en soie de fantaisie. Afin d’obtenir en-core une réduction sur le prix de revient, on économiseune ou deux couleurs, et l’on peut alors vendre ce châleau prix de 180 à 220 francs.
3° Le châle indou laine, dont la chaîne est la mêmeque celle de l’indou cachemire, mais dont la trame et lelancé sont en laine plus ou moins fine. C’est l’article dela plus grande consommation du châle parisien, et oupeut l’évaluer annuellement à la somme de 12 ou 45millions. La fabrique de Lyon abandonne à Paris le ca-chemire pur, mais elle lui dispute avec succès l’exploi-tation du cachemire indou pure laine. Elle emploie dansle tramé et le lancé une laine fine et douce qui rivalise,pour la souplesse du toucher, avec le cachemire. Maisl’article le plus important de la fabrique de Lyon est lechâle thibet. Ce châle se fabrique avec un mélangede laine et de bourre de soie; il sc conforme, pour lesdessins et les qualités, aux exigences de la consomma-tion, soit intérieure, soit extérieure, et peut descendreà la portée des plus petites fortunes.
Au-dessous du châle thibet , arrive le châle tissé,chaîne et trame en bourre de soie, long ou carré. Cechâle a été longtemps l’unique objet de la fabricationlyonnaise; aujourd’hui cet article est bien réduit, et ilest presque entièrement remplacé par le châle, thibet.
Lyon fabrique, en outre, une grande variété de châ-les fantaisie carrés pour l’été, en cachemire, en lainedouce, en thibet, en laine, en s'oie damasquinée, et ensoie pure de differentes étoffes et armures qu’il seraittrop long d’énumérer en détail. On corppte à Lyon en-viron quatre mille métiers de châles occupant chacuntrois personnes; tous ne battent pas constamment; unquart à peu près éprouve un chômage obligé par le chan-gement d’articles , le montage et autres causes. Lechâle broché de Lyon , qui, jusqu'à ces dernières an-nées, ne s’exportait que pour l’Allemagne, la Russie ,la Hollande et l’Angleterre, vient de trouver, parla mo-dicité de ses prix, un immense débouché dans l’Améri-que du Nord , surtout depuis 4838 : tout fait espérerqu’il s’accroîtra encore.
La fabrique de Nîmes met toute son industrie à imiterles dispositions en vogue à Paris et à Lyon , et aucunene paraît avoir mieux rempli le problème économique ,car elle trouve à l’étranger un débouché considérable doses produits.
Mentionnons encore la fabrique de Reims qui, la pre-mière, a monté ses châles sur des chaînes simples, coqui lui a permis d’en réduire considérablement lesprix.
Aujourd’hui le filateur de laine produit mieux et àmeilleur marché ; le teinturier est devenu plus sûr doses procédés et plus exact dans ses nuances, le fabri-cant, le contre-maître, l’ouvrier lui-même ont acquis»par une plus longue pratique, une intelligence plus pro-fonde des procédés de fabrication et des ressources quepeut offrir la machine à la Jacquart à l’aide d’ingénieu-ses combinaisons ; aussi l’industrie des châles se per-fectionne-t-elle chaque jour, et tout fait présager quobientôt elle n’aura plus rien à envier à l’Orient.
CADENAS. Voyez serrurerie.
CADMIUM (cingl. et ail. cadmium'. Métal découverten 1817 par Stromeyer, dans les minerais de zinc dela haute Silésie, qui en renferment 4, 2, et même quel-quefois, quoique très rarement, jusqu’à 10 pour 100. Onreconnaît aisément sa présence dans un minerai de zinc,par un essai au chalumeau, à l’auréole rougeâtre d’oxvde
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