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CANAL.

CANAL.

exempte de toutes causes de risques, écueils, passagesdangereux, qui compromettent la sûreté des embarca-tions et la vie des hommes ;

o” La profondeur du cours d'eau doit être, sur tousles points, assez grande pour que les bateaux puissentêtre fortement chargés, et assez constante pour ne pasdescendre au-dessous d’un minimum connu.

Les cours d’eau, dans leur état naturel, sont loin desatisfaire à ce programme. Si leur courant offre auxmarchandises qui descendent un moyen de transporttrès économique, il est pour celles qui remontent unobstacle qu’on ne peut vaincre qu’à grands frais. Ilssont sujets à des débordements, des débâcles, des sé-cheresses, dépendant de la variation des saisons, etqui échappent à toute prévision. Enfin les dispositionsdes lits, des rives, des courants, des ponts qui traver-sent les cours d’eau, des usines qui les bordent, créentune foule de dangers auxquels toute l’habileté des ma-riniers ne peut pas toujours parer.

On a pu par d’importants travaux exécutés sur quel-ques rivières, telles que l’Oise , la Sambre, la Somme,faire disparaître la plifs grande partie de ces in-convénients; mais sur nos grands fleuves, sur lesrivières a fond mobile, les dépenses seraient telle-ment considérables, et les chances d’atteindre un ré-sultat complet si précaires, qu’on a dû y renoncerpour un moyen plus économique et plus sur, qui Con-siste à creuser une rivière artificielle à côté du coursd’eau naturel; c’est ce qu’on appelle un canal latéral.Nous citerons comme exemples le canal latéral à laMarne, le canal latéral à la Garonne , le canal latéral àla Loire, etc., etc.

D’un autre côté, afin de faciliter le commerce inté-rieur et même international, il était important d’éta-blir des communications par eau entre différentes ri-vières, pour que sans transbordement on pût faire pas-ser les marchandises d’un bassin dans un autre; niaisles différents bassins étant séparés par des contre-fortset des chaînes de montagnes souvent fort élevés, il estgénéralement impossible de franchir de niveau le seuilqui les sépare; il faut s’élever d’une des rivières jus-qu'à un point culminant, duquel on redescend dansl’autre.

Cette voie artificielle et à double pente porte le nomde canal à point de partage.

Tels sont : le canal delà Marne au Rhin, destiné àrelier ce dernier fleuve au bassin de la Seine ; les ca-naux d’Orléans et de Briare, qui réunissent la Seine àla Loire; le canal du Midi, qui mène de la Méditer-ranée à la Garonne; le canal du Rhône au Rhin , del’Aisne à la Marne , etc.

L’économie de ce système consiste à rassembler, surle point culminant qu’on veut franchir, une quantitéd’eau assez considérable pour alimenter deux canaux,qui se dirigent, chacun de leur côté, vers les rivières àréunir; ce point, qui sert, pour ainsi dire, de sourcecommune aux deux caqaux, s’appelle le point de par-tage.

Comme il y a presque toujours une très grande dif-férence de niveau entre le point de partage et la rivièreà rejoindre, il est évident que, si on était obligé dedonner aux canaux de jonction une pente continue,celle-ci serait tellement forte, qu’il deviendrait impos-sible aux bateaux de la remonter et même de la des-cendre sans dtyiger. On conçoit, de même, qu’un ca-nal latéral, qui prend l’eau à une rivière pour la luirendre plus bas, devrait avoir une pente à peu prèségale à la pente moyenne de celle-ci. Le problème d’unenavigation commode et facile en tous sens ne seraitdonc pas résolu, dans ccs deux cas, sans une inventionmoderne, qui est l'origine de tous les progrès de la na-vigation artificielle de nos jours, et qu’on appelle l'é-cluse à sas, machine destinée à élever, sans danger et

presque sans dépense, un bateau à une hauteur vertucale de plusieurs mètres.

Grâce à ce procédé, un canal latéral, ou chacunedes branches d’un canal à point de partage pourra secomposer d’une suite de portions horizontales ou d'unefaible pente, séparées par des chutes, qu’on franchira ouqu'on descendra au moyen des écluses.

Chaque partie de canal comprise entre deux éclusess'appelle bief; chaque écluse correspond à deux biefs.Le plus élevé s’appelle bief d’amont ou supérieur, etl’antre, bief d’aval ou inférieur.

L’écluse à sas, dont on fait remonter l’invention àLéonard de Vinci , réduite à son expression théorique,est un compartiment vide dont la superficie est aumoins égale à celle d'un bateau, et dont le fond est auniveau du plafond du bief inférieur. Cet espace vide ousas est isolé des deux biefs par deux portes, qui peu-vent, en s’ouvrant, laisser un bateau le traverser. J1communique de plus avec ceux-ci par des ouvertures,qu’on peut fermer séparément à son gré an moyen devannes.

Supposons qu’on veuille faire monter un bateau dubief inférieur dans le bief supérieur, on ferme toutecommunication du sas avec le bief supérieur, on ouvreles portes d’aval et on fait entrer le bateau dans le sas ;puis, après avoir isolé celui-ci du bief inférieur en re-fermant les portes, on ouvre le conduit répondant aubief supérieur; l’eau de ce dernier pénètre dans le sas,qu’elle tend à remplir, et soulève le bateau jusqu’à cequ'il soit arrivé au niveau du bief d’amont, dans le-quel il pénètre sans difficulté lorsqu’on a ouvert ladeuxième porte

l’our opérer la descente, on suit la marche inverse:on ferme la vanne et la porte d’aval, et on ouvre aucontraire la vanne et la porte supérieures; le bateaupeut être amené dans le sas, dont l’eau s’est mise auniveau du bief qu’il occupe, les portes et la vanne d’a-mont sont fermées à leur tour, et on ouvre la vanned’aval par laquelle l’eau du sas s’écoule dans le biefinférieur. Elle descend bientôt au niveau de celui-ci enentraînant le bateau avec elle; il n’y a plus alorsqu’àouvrir la porte d’aval, pour qu’il puisse sortir del’écluse.

Ces manœuvres, dont l’explication paraît compli-quée, quoique leur exécution soit très simple, nodurent pas plus de dix minutes dans une écluse bienétablie.

Nous allons examiner succinctement les bases d’a-près lesquelles on trace l<?s canaux et les différents ou-vrages que leur construction exige.

TRACÉ DES CANAUX.

Emplacement du point de partage Le premier pro-blème à résoudre, dans l’étude d’un canal, est la re-cherche de l’emplacement favorable pour l’établisse-ment du bief de partage. Ce point doit satisfaire à ladouble condition, de permettre d’} r recueillir les eauxnécessaires pour l’alimentation du canal, et de fairemonter le moins possible les bateaux pour passer d’unevallée à l’autre.

Généralement ces conditions sont la conséquencel’une de l’autre, car les moyens d’alimentation prove-nant de l’aménagement des eaux supérieures au biefde partage, plus celui-ci sera abaissé, plus grande serala quantité de ces eaux qu’on pourra rassembler. Ondoit donc chercher d’abord à reconnaître quelles sontles parties les plus basses du faîte qui sépare les deuxvallées. A l’inspection d’une bonne carte, on trouverales divers points minimum d’un faîte dans les circon-stances suivantes :

4° Quand deux thalwegs secondaires partent de lachaîne à traverser en deux points opposés ;

'2° Quand deux thalwegs, après avoir été parallèles