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CANAL

CANAL.

niveau cîu plafond du canal. Les deux piédroits sontgarnis, à l’aval, de rainures dans lesquelles on "lissedes poutrelles, dont la partie supérieure affleure le ni-veau du bief. Quand les poutrelles sont posées, on a undéversoir de superficie; quand elles sont enlevées, ona un déversoir de fond.

Il est plus important qu’on ne pourrait le supposerd’éviter que le plan d’eau supérieur nes'élèvcaudclàdeses limites ; car il arrive presque toujours que les diguessont percées, un peu au-dessus du niveau ordinaire, parune multitude de trous creusés par les rats et lestaupes. Si l’eau venait à surmonter ces trous, elle s’yécoulerait, les agrandirait, et ne tarderait pas à dégra-der et mémo à rompre la digue.

Profil fin travers d'un canal. La largeur d’un canal secalcule d'ordinaire sur relie des bateaux qui sont des-tinés à le fréquenter. On s’arrange toujours, exceptédans les points de sujétion particuliers, pour que deuxbateaux puissent se croiser; ainsi on donne lü mètresde largeur au plafond, aux canaux dont les écluses ont5 m ,20 de passage, 12 mètres à ceux dont les éclusesont 6 in ,50, 15 mètres pour les écluses de 7"',oU à8 mètres.

Les talus de la cuvette sont dressés suivant une in-clinaison de 4“’,5 à 21 mètres, ou meme 2“’,o de basepour 1 de hauteur, suivant que le terrain est plus oumoins résistant; du reste, cette pente ne reste pas per-manente, le batillage des eaux, le frottement des ba-teaux pleins ou vides, l’ont bientôt dégradée et trans-formée en un profil courbe, s’approchant de la verticaledans le haut et de l'horizontale dans le bas. Pour pré-venir cet effet on a employé divers moyens : on a re-vêtu les talus de perrés, de clayonnages, de bordagesretenus par des piquets; mais ces procédés sont dis-pendieux d’établissement et d’entretien. Ailleurs on aétabli, un peu au-dessous du niveau de l’eau, de pe-tites banquettes qu'on a plantées d'iris, de glaïeuls,de roseaux, destinés à rompre l'action de l’eau et àretenir les terres; mais ce moyen est insuffisant.

Sur les points où l’établissement d’un canal offre degrandes difficultés, comme dans les tranchées pro-fondes, sur les remblais élevés, dans la traversée desvillages, il peut y avoir économie à réduire la largeurdu canal à celle nécessaire pour un bateau ; mais dansce cas il faut ménager, soit aux extrémités de la partierétrécie, soit dans cet intervalle même, des gares oùles bateaux puissent se croiser.

Dans la traversée des villes, aux ports d’embarque-mentetde décharge, il est presque toujours indispen-sable de supprimer les talus et de soutenir les bergespar des maçonneries, soit en pierres sèches, soit avecmortier.

Les bateaux peuvent accoster ces quais, et les ma-nœuvres de charge et de décharge sont rendues bienplus faciles.

La profondeur qu’on donne à un canal doit être tellequ’elle laisse une lame d’eau d’environ 0"',i0 d’épais-seur sous les bateaux à charge complète; cette limiten’a pas été atteinte dans tous les canaux, mais elle aun double avantage : elle rend les curages moins fré-quents, et le premier dépôt vaseux, qui remplit l’excèsde profondeur, peut être conservé comme un bon corroicontre les filtrations du fond.

Le chemin de halage doit être placé le plus prèspossible du canal, pour que le tirage se fasse à peuprès horizontalement dans le sens de la marche du ba-teau, et assez élevé au-dessus du plan d’eau pour queles petites vagues ne viennent pas le surmonter. Cettehauteur varie ordinairement de 0'",i0 à 0"',80, et dé-pend de l’exposition aux vents régnants, de la profon-deur et de la largeur du canal.

La largeur de la banquette dépend du mode de ha-lage employé. Pour des hommes, 1 m ,50 à 2- mètres

suffisent ; mais pour des chevaux, il est nécessaire de luidonner au moins 3 mètres; on a été jusqu’à 0 mètresquand le terrain n’était pas cher.

Plusieurs canaux en France ont un chemin de ha-lage de chaque côté. Quelque coûteuse que soit cettedisposition, elle est quelquefois indispensable. Dans lesgrands vents, qui poussent le bateau contre la rived’où on le tire, le halage deviendrait impossible, si onne pouvait faire passer les chevaux d’une rive surl'autre.

Là où il u’y a qu’un seul chemin de halage, on éta-blit de l’autre côté une petite banquette de I mètre àappelée marchc-pied.

Au delà du chemin de halage et à la limite despropriétés riveraines, on établit des contre fossés des-tinés à recevoir, soit les eaux folles provenant des ter-rains voisins, soit les eaux d'infiltration du canal lui-même ; les pentes de ces contre-fossés permettent d’éva-cuer ces eaux dans les ruisseaux voisins, ou même de lesamener dans le bief inférieur, après qu’elles se sontpurifiées des sables et des terres qu’elles charrient.

Enfin, quand un canal longe un cours d’eau, il esttoujours indispensable de le mettre à l’abri des crues aumoyen d'une contre-digue dont les talus, du côté dela rivière, sont préservés des érosions, des chocs deglace et de corps flottants, par des revêtissages so-lides.

Traversée des affluents. Un canal étant toujours placésur le flanc d’un coteau, coupe tous les affluents ducours d’eau qui occupe le fond de la vallée. Il fautalors se décider à recevoir ces affluents dans le canal,ou leur donner un libre cours sous la cuvette. Dans lescanaux le plus anciennement construits, on a adopté lepremier parti, dans le but, soit d’augmenter les moyensd’alimentation, soit d’éviter la dépense de nombreuxouvrages d’art; mais on a toujours eu lieu de s’en re-pentir. En effet, ces affluents sont presque constam-ment chargés de troubles, qui se déposent dans le lit ducanal et l'envasent; de plus, ils sont toujours sujets àdes crues subites qui peuvent en fort peu de tempshausser le niveau du bief, jusqu’à le faire déborder etrompre les digues.

Il vaut donc mieux, toutes les fois que cela est pos-sible, et sans craindre la dépense, adopter le dernierparti.

Si le ruisseau est très faible, on le dérive dans lecontre-fossé; si celui-ci n’a pas d'écoulement, on donnepassage aux eaux au moyen d’une simple buse en bois,ou, ce qui vaut mieux, d’un tuyau en fonte. Le dessusde celui-ci peut nrraser le fond de la cuvette, de sortequ’on peut l’établir partout où le canal est élevé à unefaible hauteur au-dessus du terrain naturel.

Aqueducs. Si le ruisseau a plus d’importance, il fautétablir un aqueduc spécial sous les berges et la cuvette.Le débouché doit être calculé, non pas sur l'étatmoyen des eaux, mais sûr le débit des crues de l’af-fluent. En tout cas, comme il est important de péné-trer sous la voûte pour la visiter et la réparer, on nedoit guère lui donner moins de 0“\G0 de largeur sur1 m ,4Û de hauteur.

Quand l’aqueduc est des plus faibles dimensions, ontermine les têtes par des rampants qui affleurent le ta-lus extérieur des digues; s’il est plus considérable, ontermine la voûte à l'aplomb de l’arête extérieure duchemin de halage et on soutient les terres par deuxmurs en ailes. Parfois, pour économiser la dépense, onrétrécit la voie d’eau à la largeur d’un bateau.

Ce procédé n’est évidemment applicable que dans lecas où le fond du lit du ruisseau est placé à une pro-fondeur assez considérable au-dessous de la cuvette;mais lorsque le niveau du ruisseau est très rapprochédu niveau du canal, et qu’il est impossible de le dériver,pour aller chercher un point de passage plus propice.