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CANAL.

CANAL.

on esl réduit a îc faire passer sous le canal par unaqueduc en syphon.

Sj /plions. Ce genre d'ouvrage présente de grands in-convénients, et ne peut d’ailleurs s’appliquer qu'a desaffluents de peu d’importance. On ne peut le visiter, lecurer et le réparer, qu’en détournant ou retenant mo-mentanément le ruisseau et en épuisant l'eau qui restedans la partie coudée. Quand le cours d'eau charrie dessables ou des graviers, ils engorgent souvent la branchehorizontale, parce qu’ils ne peuvent pas être entraînés,par la force ascensionnelle de l’eau, vers la bouche d’a-val ; enfin s’il survient un orage pendant que le biefest à sec, la voûte, privée de sa surcharge, soumise àune sous-pression considérable, qui s’exerce en sensinverse de son mode de résistance normale, est sou-levée et l'ouvrage est à refaire. Pour prévenir ce der-nier inconvénient, on peut remplacer la voûte en ma-çonnerie par un demi-cylindre en fonte boulonné dansles piédroits, au moyen de longs tirants en fer péné-trant jusqu'aux fondations, et retenus ainsi en placepar ,le poids total des maçonneries. Ce procédé a étéappliqué au passage du Grand-Morin, sous le canal deMeaux à Chalifert. Les têtes étant noyées aux époquesdes inondations, l’aqueduc fonctionne alors par sy-phonnement ; les deini-cylindrcs ont '2'", 50 do dia-mètre.

Si un affluent a des crues abondantes, un aqueducà syphon, suffisant pour les débiter, serait le plus sou-vent un ouvrage si considérable et si chanceux, qu’ilvaut mieux modifier le projet du tracé du bief et ledéplacer, pour trouver le moyen de faire un aqueducordinaire ou un pont-canal.

Ponts-canaux. Ces ouvrages s'exécutent pour la tra-versée des cours d’eau importants, et même des ri-vières qui occupent le fond de la vallée, lorsqu’il s’agitde faire passer le canal d’un versant sur le versantopposé. Ils se composent d'un pont ordinaire, sur le-quel on établit une cuvette propre à contenir les eaux.

Les plus grands ponts-canaux que nous ayons ac-tuellement en France sont établis sur l’Ailier, auGuétin, et sur la Loire, à Digoin .

Le pont sur l’Ailier (fig. 4 et 5) a une longueur to-

(Élévation.) 4.

talc do 405 mètres sur unelargeur de 9 m ,50 : il secompose de dix-huit ar-ches de 16 mètres d’ouver-ture et 7 mètres de flèche;il est terminé par troisécluses à sas accolées sursa culée gauche. Il a coûté3 millions.

Le pont-canal de Digoinprésente onze arches demême dimension. Il a aussila même largeur, et sa lon-gueur est de 247 mètres. Une seule écluse est accoléeà sa culée. Il n’a coûté que 1,200,000 fr.

Les voûtes, les piles et culées d’un pont-canal* sontétablies sur le même principe que celles des ponts or-dinaires, en tenant seulement compte d’une charge

(Coupe en travers.) o.

bien supérieure à celle que supportent ces derniers ou-vrages.

On réduit naturellement la section de la cuvette àcelle qui est nécessaire pour le passage d’un seul ba- *teau; cependant on doit lui donner une largeur unpeu plus grande qu'aux écluses, afin de laisser plus depassage pour l’eau qui doit se déplacer le long dubateau pour aller de l'avant à l’arrière, et dont la ré-sistance ralentirait considérablement le mouvement.Ainsi, à Digoin , pour des écluses de 5"‘,20, on a donnéà la cuvette 6 mètres de largeur en gueule et 5'",60. au fond, et on regrette de n'avoir pas accru ces di-• mensions II est nécessaire, en effet, sur un canal trèsfréquenté que les bateaux puissent franchir rapidementun pont, parce qu’il y a toujours uné ou plusieursi écluses à l’aval, et qu’un bateau descendant, qui doit; remplacer dans le sas le bateau montant, est forcé1 d'attendre, pour s’engager, que ce dernier ait franchiles écluses et lè pont.

| La largeur entre les têtes doit comprendre, outre lelit du canal, l’épaisseur des parapets ou garde-corpset les banquettes du halage. La largeur de celles-ci va-rie de 1 m ,30 à 1 "',90.

Une des qualités les plus importantes et les plus dif-ficiles à réaliser pour une cuvette, c’est l’imperméabi-lité. Les filtrations, en effet, outre les pertes d’eauqu’elles produisent, dégradent les maçonneries et exi-gent de fréquentes réparations. Les dilatations et lescontractions résultant des variations de température,et auxquelles les mortiers et les pierres elles mêmessont sujets, ne permettent pas d’obtenir des résultatssatisfaisants des maçonneries et des bétons, quelquebien exécutés qu’ils soient. Il faut recourir à une sub-stance douée d’une certaine élasticité, comme le bi-tume. L’essai fait de cet emploi, au Guetin, a bieni réussi.

i On a revêtu le fond et les bords de la cuvette avec: des dalles de lave de Volvic , et par-dessus on a appli-qué deux couches d’enduit en bitume, donnant en-semble 0 m ,01 d’épaisseur, et dont la supérieure étaitplacée à joints croisés sur la première. Les parois sontd’ailleurs soigneusement garanties du frottement et duchoc des bateaux par une lisse en charpente.

On peut ainsi employer, pourfairela cuvette, d’autresmatériaux que la maçonnerie; on en a exécuté en bois,en fonte et en tôle.

Les cuvettes en bois durent peu et sont d’un entre-tien coûteux ; aussi a-t-on complètement renoncé àleur usage. Celles en tôle et en fonte, au contraire,n’exigent pas d'entretien, restent bien étanches, etn’ont d’autre inconvénient que le haut prix de leurétablissement.

En Angleterre, où le fer et la fonte sont à meilleurmarché qu’en France , on a fait des ponts-aqueducsavec voûte en pierre et cuvette en fonte, d’autre» avecdes arcs et une cuvette en fonte.

La cuvette du pont-canal de C'isilty (fig. 6)', soutenue