CANAL.
('ANAL.
sur quatre arcs, est composée do plaques de fer fondu deU n, ,(>2 d’épaisseur, dont les bords sont retournés d’é-querre et assemblés avec des boulons à écrous très rap-prochés. Pour rendre les joints étanches, on y a in-terposé du cuir graissé. La banquette de lialage estintérieure à la ciuette et repose sur son fond aumoyen de poteaux espacés. Il résulte de cette dernièredisposition un jeu libre des eaux, en dehors de la voiedes bateaux, qui doit faciliter beaucoup la marche deceux-ci.
On en a exécuté un en France , d’après les memesdispositions, sur la haute Seine, en aval de Troyes .
D’après des expériences récentes faites en Angleterresur une grande échelle, il est très probable qu’à l’ave-nir les ponts-canaux pourront être exécutés en tôleavec une grande économie. Un tube formé de lames detôle assemblées à rivets, comme dans les chaudières àvapeur, supporte sur une grande portée de très fortescharges sans lléehir et se déformer. Deifx tubes paral-lèles de cette espèce, formant en même temps banquettede halage, pourraient supporter une cuvette en tôlecomprise entre eux et dans laquelle passeraient leseaux de navigation. Nous n’insisterons pas sur cettedisposition, qui n’a pas encore été exécutée; nous fe-rons seulement observer, qu’en supprimant les voûtes,elle permettrait de descendre plus bas le plafond de lacuvette, de diminuer la hauteur des piles et culées, desupprimer au moins une écluse à la sortie du pont-canal, et enfin d'offrir aux eaux que l’on traverse undébouché plus considérable lors des crues. Il y auraitdonc clans les dépenses accessoires de fortes économies,qui compenseraient bien le haut prix de la tôle, et onobtiendrait une cuvette bien étanche qui n’exigeraitpresque aucuns frais d’entretien.
Aux points où la cuvette d’un pont-canal vient re-joindre les remblais de grande hauteur, qui font d’ordi-naire suite à cet ouvrage, les terres, quelque bien da-mées qu elles soient, n'adhèrent pas à la maçonnerie,et, par suite du tassement, il se forme entre elles et lesremblais un passage pour l’eau ; aussi plusieurs ponts-aqueducs ont montré d'abondantes tiltrations aux cu-lées, lors de la première mise en eau du canal, et chezplusieurs ellesont persisté, malgré l'emploi de nombreuxprocédés d’étancheincnt. Pour prévenir ce défaut, il estd’usage de former le remblai contre la culée, sur O m ,üÜà 0 m ,60 d'épaisseur, d’un mortier maigre (1 chaux,7 sable) bien battu contre les maçonneries. Il adhère àla culée et se lie aussi aux corrois de glaise, qu'onajoute pour assurer l'imperméabilité.
Traversée dans le lit des rivières. Quelquefois, pouréviter les dépenses de construction d’un pont-aqueduc,et lorsque l'alimentation de chacune des branches ducanal, situées sur les deux versants de la vallée, estassurée par des ressources qui lui sont propres, on sedécide à effectuer la traversée en lit de rivière. Nousdonnerons, comme exemple, la traversée de la Loire parle canal latéral, et celle de la rivière d’Orb par le canaldu Midi. On fait descendre chaque branche du canaljusqu’au niveau du cours d’eau au moyen d’une séried’écluses, par lesquelles un bateau descendant d’uncôté, après avoir traversé la rivière, remonte dansl’autre branche.
Les seules difficultés qu’on ait à vaincre sont cellesqui dépendent du régime même de la rivière, dans lelit de laquelle on est presque toujours obligé de fairedes ouvrages dispendieux, tels qu’épis, estacades, bar-rages, digues submersibles, pour amortir le courant,maintenir une profondeur d’eau minimum dans la ligueque suivent les bateaux et diriger la marche de ceux-ci, afin qu’ils puissent venir saru> danger embccqueterles écluses d’entrée et de sortie.
Quand la rivière a un courant assez fort pour queles bateaux, qui ne sont pas constants pour une navi-
gation fluviale, éprouvent une grande difficulté à leremonter ou à le traverser directement, on peut bifur-quer le dernier
I bief d’une desbranches (fig. 7),celui de la rivedroite par exem-ple, de manière à— - fournir deux en-trées en rivière»situées l’une Aen amont, l’au-tre B en aval del’écluse C de sor-tie de la branchede la rive gau-che. Un bateau, pour passer de gauche à droite, entrepar l’écluse A dans le courant qui le conduit à l’écluse C,et pour passer de droite à gauche, il entre en rivièrepar l'écluse C et descend à l’écluse B.
Un passage en rivière, outre qu’il est toujours diffi-cultueux comme manœuvre et dangereux pour la sû-reté des bateaux, a de plus le notable inconvénient dosuspendre la navigation lors des crues, qui ne permet-tent pas aux embarcations de s’engager dans le cou-rant, et noient les écluses d’entrée et de sortie.
Passage des torrents dans le canal. Il est arrivé qu’uncanal a rencontré à niveau le lit d’un torrent, qui resteà sec pendant la plus grande partie de l’année, et nefournit des eaux abondantes que pendant quelquesheures, aux périodes des orages et des fontes de neige..On s’est décidé à faire passer ce courant accidentel atravers les berges et le lit du canal, en suspendant lanavigation dans la durée de son passage; mais, pouréviter l’inondation du bief et les dépôts des matièrescharriées, il était nécessaire de fermer au torrent l’ac-cès de la cuvette. Voici lo procédé ingénieux qu’on aappliqué au canal du Midi pour le passage du torrentdu Libron : on emploie une espèce de barque rectangu-laire, que, pendantles crues du Libron, l’on écliouc surle canal dans la direction du torrent. Les parois decette barque, transversales à l’axe du torrent, sont àcharnières et se rabattent dans le plan de son lit, tan-dis que les parois longitudinales restent debout et bar-rent le canal. Dans cette situation, le bateau forme uneespèce de cuvette, dans laquelle le Libron s’écoule, sanscommunication aucune avec le bief. Après la cruepassée, on relève les parois rabattues, on remet labarque à flot et on la remise dans une gare latérale.
Digues des réservoirs. Les digues peuvent être: éta-blies suivant trois systèmes :
1° Remblais seuls ; '‘2? murs et remblais ; 3° mur seul.Digues en (erre. On donne aux digues en terre aumoins 6 mètres d'épaisseur au sommet ; la crête de ceremblai doit être tenue à une hauteur minimum de1 m ,o0 au-dessus du niveau que l’eau doit atteindre dansle réservoir; il faut de plus couronner cette crête d’unpavé fait avec soiu et la garnir d’un parapet. Souventmême on sera obligé d'augmenter ce* dimensions peurempêcher les vagues de franchir la digue; car l’inten-sité de celles-ci sous l’action des vents violeuts dépendde l’orientation du vallon, de l’étendue de la surface del’étang et de sa profondeur; on a observé au réservoirde Chazilly, qui a loUO mètres de longueur et 20 mètresde profondeur d’eau, des vagues de 3 mètres de hau-teur; on en a reconnu de 2 mètres au réservoir de Cer-cey, qui a une forme circulaire de 000 mètres de dia-mètre et une profondeur de 10 mètres. On comprendaisément l'importance qu’il y' a à ne pas laisser franchirle couronnement par les vagues; celles-ci en effetauraient promptement ra\iné les talus extérieurs duremblai et créé des brèches, qui pourraient entraîner laruine de l’ouvrage tout entier.