CAOUTCHOUC.
CAOUTCHOUC.
dissout complètement dans l'éther pur, en formant unedissolution incolore. Quand ou opère sur le caoutchoucnoir et impur «lu commerce, l'éther laisse un résidu desuie et de matières albumineuses et minérales. La dis-solution éthérée de caoutchouc est précipitée par l’al-cool, ce cpii donne le meilleur procédé connu pourobtenir du caoutchouc sous lu forme d’émulsion lai-teuse. Kn évaporant cette dissolution éthérée, on ob-tient pour résidu le caoutchouc avec ses propriétésprimitives. Le caoutchouc se gonfle jusqu’à occupertrente fois son volume primitif dans l'huile de pétrolereetiliée; il s’y dissout en partie à l’aide de l'ébulli-tion; il se dissout aussi assez facilement, à l’aide de lachaleur, dans les huiles empyreumatiques rectifiées,qu’on obtient par la distillation du charbon de terre oupar celle du goudron de bois ; après l'évaporation deces dissolutions, le caoutchouc conserve longtemps lapropriété adhésive et abandonne difficilement les der-nières portions de pétrole ou d’huile empyreumatique,ce qui le rend poisseux et lui communique une odeurdésagréable; on peut le dessécher promptement enl’exposant dans un courant de vapeur d’eau. Le caout-chouc se dissout dans les huiles grasses et volatiles;il y perd son élasticité qu’il ne recouvre pas par ladessiccation; cette propriété a servi de base à la prépa-ration des tissus rendus imperméables par le caoutchouc,comme nous le verrons plus loin.
Soumis à l’action de la chaleur, le caoutchouc fondun peu au-dessus de 120", en répandant une odeurforte et particulière, et sc convertit en une massegluante et visqueuse, d'un brun foncé, qui se maintientdans cet état, après le refroidissement, pendant desannées entières ; mais lorsqu’on l'expose à l’air sousforme de pellicules minces, il finit par se dessécher, cequi if a lieu toutefois qu’après un temps très long ; aussile caoutchouc fondu peut-il remplacer avec succès lescorps gras employé» pour graisser les robinets. Chaufféà une température •suffisamment éievéc, au contact dol’air, le caoutchouc répand une fumée piquante, puiss’enflamme et brûle avec une lhunmc claire et fuligi-neuse.
Le caoutchouc n’est pas attaqué par le chlore, l’acidesulfureux, l'acide hydruchlorique, l'ammoniaque, l’a-cide fluosiliciquc, et les dissolutions alcalines causti-ques et concentrées ; l’acide nitrique fumant et l’acidesulfurique n’ont également sur lui aucune action à froid,mais ils le décomposent lentement à l’aide de la chaleur.
Le caoutchouc importé pour la première fois d’Amé-rique , au commencement du dix-huitième siècle, eutlongtemps un emploi très borné; peu à peu ses applica-tions se sont étendues et développées, et maintenant ilforme l’objet d’un commerce assez considérable.
Le caoutchouc sert à effacer les traces de crayon età adoucir le papier; il entre dans la composition dequelques vernis, de celles, de mastics, après avoir étéfondu et uni soit à la chaux , soit à la chaux etau minium. Son inaltérabilité en présence des réactifschimiques l’ont rendu précieux et mémo indispensabledans les laboratoires ; ou en fait des tubes flexibles im-perméables aux gaz et qui servent surtout à relier lestubes en verre dans les analyses. Ces tubes se font endécoupant une bande de caoutchouc, l’amollissant dansl’eau chaude, et soudant ensuite pm* pression les deuxbords après les avoir rafraîchis avec uu instrument bientranchant. En chirurgie, le caoutchouc sert à préparerquelques instruments qui exigent de la souplesse et dela flexibilité. Enfin, l’application la plus nouvelle et laplus importante du caoutchouc, sur laquelle nous don-nerons à la fin de cet article des détails aussi completsque les dimensions de notre ouvrage nous le permettent,est celle qui consiste à rendre les vêtements imper-méables, et à confectionner une foule d’objets de toilettequi demandent une certaine élasticité.
Comme dans la plupart des applications du caout-chouc, il est très commode de l'obtenir en feuilles, etque d’un autre côté il faut chercher à tirer le parti leplus avantageux possible du caoutchouc défectueux quiforme la plus grande partie de celui que nous recevons-aujourd'hui, on le traite par le procédé suivant inventeen I 837, par ^’ickel :
Quand les poires sont très dures, on les ramollit àl’eau bouillante, dans une chaudière chauffée à la va-peur ; ces poires ramollies ainsi que celles qui sont na-turellement assez molles, sont ensuite laminées entredeux cylindres en fonte. On a soin do faire continuelle-ment couler sur les deux cylindres un filet d’eau chaudequi ramollit le caoutchouc, et qui rend le laminage plusfacile ; après trois à quatre passages successifs, le caout-chouc a pris la forme de longues plaques feutrées quel’on fait dessécher à une douce température. On traitede même tous les déchets delà fabrication précédente.Lorsque les lames sont bien desséchées, on en introduità peu près 2b k dans une espèce de pétrin de très petitedimension, entièrement établi en fer et en fonte avecune grande solidité, et clans lequel on fait continuelle-ment arriver un courant d’eau chaude. Ce pétrin est cy-lindrique, et muni d’un arbre en fer armé de bras égale-ment eu fer, qui broient et pétrissent le caoutchouc.On se fera une idée de l’énergique broyage que ce der-nier subit, lorsqu’on sauva qu'il ne faut pas moins dedeux à trois chevaux de force pour traiter la faiblequantité de 2o k que l’on charge à la fois dans le pétrin,et que cette opération dure trois heures entières. Ausortir du pétrin, le caoutchouc, qui s’est converti en unemasse molle et homogène, est immédiatement placédans un moule en fonte à parois très épaisses, que l’onplace ainsi chargé sur le plateau d'une presse hydrau-lique. Au furet à mesure que ce plateau monte, un cy-lindre plein, en fonte, fixé à l'entablement de la presse,pénétre dans le moule qu’il remplit presque exactementet comprime le caoutchouc avec une force énorme ; le»moules ont au plus Ü' u ,‘20 de diamètre, et l'on emploiedes presses extrêmement puissantes. Lorsque le caout-chouc est suffisamment comprimé on fait redescendre leplateau de la presse, on enlève le moule, et l’on main-tient le caoutchouc à l’épaisseur réduite, en le compri-mant au moyen d’une vis en bois, jusqu’au moment oiil’on veut le découper. Lorsqu’on veut obtenir des feuillesde caoutchouc, le moule que l’on emploie est carré, et lesdimensions sont déterminées par celles des plaques quel’on veut avoir ; le découpage des pains ainsi obtenus sefait au moyen d’un couteau placé horizontalement quiest constamment humecté par un filet d’eau, et qui estanimé d’un mouvement de va-et-vient extrêmement ra-pide; le pain de caoutchouc s’avance au fur et à mesureque le couteau pénètrent à chaque fois qu’une feuilleest séparée; il va reprendre sa place primitive en remon-tant d’une hauteur égale à l’épaisseur de la feuille.
La question la plus importante de l’application ducaoutchouc, qui consiste à en préparer des dissolutionsqui sèchent vite, et qui laissent alors ce corps dans souétat primitif, est encore loin d’être résolue économique-ment d’une manière complète. Le meilleur dissolvantdu caoutchouc serait sans contredit l’éther sulfurique,si son prix élevé n’empêchait de l’employer en grand.L’huile essentielle obtenue par lu distillation du gou-dron de houille, ne peut être employée à la dissolutiondu caoutchouc, qu’après avoir été rectifiée à plusieursreprises; comme la partie la plus volatile est seule em-ployée, et qu’on n’en obtient qu’une proportion assezfaible, cette huile revient, en définitive, à un prix fortélevé. Aujourd’hui c’est l’huile essentielle de térében-thine bien rectifiée qui obtient la préférence. Pour prépa-rer le caoutchouc, on le coupe en petits fragments quel’on ramollit dans de l’eau bouillante, on les met ensuitedigérer dans une terrine en terre cuite a\ec trois à dix