CAOUTCHOUC.
CAOUTCHOUC.
parties d’csscnco de térébenthine rectifiée (suivant htconsistance de la bouillie que Ton veut obtenir), ouferme hermétiquement le vase et on laisse reposer pen-dant plusieurs jours jusqu’à ce qtie le caoutchouc se soitentièrement transformé en une sorte de niasse visqueuse,que l’on broie d’abord dans un mortier ou de toute autremanière, puis que Tou passe au travers d’un crible mé-tallique très fin, afin d’obtenir une bouillie homogène.
Le défaut de tous les enduits ainsi obtenus est de resterpendant très longtemps poisseux à la surface. iknzinern découvert un procédé très efficace pour remédier à cedéfaut, et qui consiste à préparer comme ci-dessusune bouillie claire avec une partie de caoutchouc etonze parties d'essence de térébenthine, puis à y ajouterenviron une demi-partie d’une dissolution concentréede sulfure de potassium dans de l’eau chaude, et à mé-langer bien exactement le tout ensemble. On obtientainsi une émulsion jaunâtre qui en se desséchant laisseun enduit de caoutchouc parfaitement élastique et nulle-ment poisseux, à la surface duquel se sépare le sulfurealcalin que Ton peut enlever par le lavage. Ce procédén’est pas encore connu, et nous ne sachons pas qu’ilsoit employé ou seulement décrit nulle part ; nous nousestimerions heureux de l'avoir fait connaître, si celapouvait engager quelques-uns de nos fabricants à enfaire l'essai, et à profiter les premiers d’une découvertequi paraît avoir beaucoup d’avenir.
Lutin Barnard, de Greenwich , en cherchant à impré-gner de caoutchouc des câbles et des cordages , décou-vrit que l’un des meilleurs dissolvants de ce corps estrimile volatile rectifiée, qu’il donne à la distillation sè-che. Il prit à ce sujet \ en 1833, un brevet en Angleterre.I/appareil dont il se servait est représenté fig. 357; Hse compose d’une cucurbitea fond très plat en fer A, quel’on peut fermer hermétique-ment avec un couvercle B,’qui se manœuvre à l’aided’une chaîne II passant surla poulie de renvoi G; lacucurbite est munie d’untuyau de dégagement latéralqui s’assembleavccleserpen-tin en cuivre-L ; elle est encas-trée dans la maçonnerie d'un
fourneauFF, dont la grille est en IL On charge le caout-chouc coupé en fragments, puis on élève peu à peu latempérature jusqu’à 315° centigrades ; on observe celle-ci à l’aide d’un thermomètre qui traverse le couvercle B;lorsque l’on a atteint cette température, l’opération estterminée et il ne reste plus dans la cucurbite qu’un ré-sidu charbonneux tout à fait insignifiant. On rectifieensuite l’huile brune obtenue en la distillant avec del’eau. L’huile ainsi purifiée dissout bien le caoutchouc,ainsi que presque toutes les résines et meme le copal, cequi permettrait de l’employer avec avantage dans lapréparation do nombre de vernis, si son prix élevé nevenait y mettre, industriellement parlant, un obstaclejusqu’ici insurmontable.
Tissus -imperméables. Ces tissus sont simples ou dou-bles. Les tissus simples imperméables se préparent en
enduisant l’étoffe d’une couche de caoutchouc liquide,ou dissous par l’un des procédés que nous avons indi-qm s, et laissant sécher. Les tissus doubles séparés parune couche imperméable de caoutchouc sont plus diffi-ciles à préparer. Il paraît que M. Besson fabriquait cessortes de tissus dès 1793; M. Champion s’en occupaégalement en 1811 ; ces premiers essais furent peu con-sidérables. MM.Rattîer et Guibal en important cette in-dustrie d’Angleterre, où ils avaient acquis leurs procé-dés de fabrication de M. Makintosh, de Glascow, lui ontfait faire de grands progrès. Us emploient l’enduit decaoutchouc à l’état de consistance pâteuse, afin qu’il nepuisse pas traverser les étoffes et en salir l’intérieur. Uncylindre règle l’épaisseur de la couche, et aussitôt quecelle-ci a été appliquée, la seconde étoffe est passée des-sus, et un second cylindre comprimeur la fait adhérertout en égalisant encore l’enduit dont l’excès déborde dechaque côté des tissus. Une dessiccation lente et un ap-prêt convenable terminent la préparation des étoffesdoubles imperméables qui servent à faire des paletots,des manteaux, etc., des matelas, et des coussins quel’on gonfle en y insufflant de l’air.
L’inconvénient le plus grave que présentent les vête-ments rendus imperméables par un enduit de caout-chouc, est d’empêcher la transpiration de s’échapper audehors ; pour peu que celle-ci soit un peu forte, tous leshabits de dessous seront trempés de sueur. C’est là undéfaut très grave, qui nuira certainement à rem-ploi de ces tissus et finira par leur faire préférer toutenduit iîydkofuge qui n’aura pas le même inconvé-nient.
Tissus élastiques en caoutchour. C’est à Vienne qu T onn, dit-on, fabriqué pour la première fois des tissus encaoutchouc, mais cette fabrication était d’une impor-, tance presque nulle, et ce n’est qu’après que MM. Kat-! tier et Guibal l’eurent importée en France et amenée au: point de perfection où elle est aujourd’hui, qu’elle a prisj surtout dans ces dernières années un développement; considérable.
Dans l’origine, on se procurait le fil de caoutchoucen découpant les poires à la main avec des ciseaux ; unseul homme pouvait produire par jour, ainsi, de 90 à, 100 mètres de fil. On coupait d’abord la poire en spi-; raie, puis on divisait chaque bande obtenue en deux ou■ plusieurs fils plus fins. Four obtenir ces derniers,MM. Rattier et Guibal imaginèrent de détacher les dif-férentes couches qui forment les poires, et de les décou-per après, comme nous l’avons dit plus liant. On par-. vint ensuite à obtenir les fils les plus fins, en ramol-lissant les poires dans l’eau bouillante, les gonflant aI l’aide d’une pompe de compression, puis les laissant| reposer en cet état pendant plusieurs jours dans un lieuaussi froid que possible ; le caoutchouc ne revient plusalors sur lui-même et se laisse découper aisément en filstrès minces. Plus tard on remplaça le procédé coûteuxdu découpage à la main, par l’action de machines à di-viser, aussi simples qu’ingénieuses. Mais on fait alorssubir aux poires de caoutchouc un traitement préalable,qui consiste à les transformer en disques d’une épaisseurparfaitement régulière. A cet effet, on enlève le goulot,qui est peu propre à cette fabrication, et on coupe lapoire en deux parties égales, que l’on soumet à l'actionénergique des plateaux d’une presse, après avoir eu soinde in ramollir préalablement dans l’eau bouillante. *
Deux machines différentes sont ensuite employéespeur transformer le disque de caoutchouc en fils fins.L’une le découpe en un ruban très mince, d’une largeurégale à l’épaisseur du disque; l'autre divise ce rubauen plusieurs bandes parallèles.
La première de ces machines est représentée en plan,vue en dessous (fig. 358), et vue en dessus (fig. 359).La partie principale de cette machine est le couteau oucisaille circulaire C, montée sur l’axe A A, qui reçoit un