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CARBONISATION.

CARBONISATION.

prudemment sans précaution ; nous citerons, commeexemple, les mines de plomb argentifère do Pont-Gi-baud (Puy-de-Dôme ), où il se dégage des quantités con-sidérables de ce gaz.

L’air atmosphérique renferme environ 1/Io00 e deson volume d’acide carbonique, qui, dilué à ce point,n’a aucune influence nuisible sur la respiration deshommes et des animaux, et semble meme nécessaire àla végétation. Mais lorsque la proportion de ce gaz con-tenue dans l’air s’élève au-dessus de 15 p. 100, ce der-nier devient incapable d’entretenir la respiration et lacombustion.

L’acide carbonique est composé de :

Carbone. . . . 27,17. ... I at. I

Oxygène. . . . 72,83. ... 2 at. |

100,00"

31 renferme un volume d’oxygène égal au sien. Lors-qu’on le fait passer sur un excès de charbon porté aurouge, il double le volume en se transformant en oxydede carbone.

CARBONISATION (angl. charring, ail . vcrkoli-lung). Les substances qui en industrie portent le nomde combustibles sont de deux sortes : les combustiblesvégétaux, rois, et les combustibles minéraux, an-thracite, HOUILLE. LIGNITE et TOURNE. On lesemploie selon leur nature et selon l’effet que l’on sopropose d’obtenir, soit à l’état cru, soit plus ou moinscarbonisés. La carbonisation consiste à soumettre lescombustibles à une distillation sèche, qui leur fait per-dre une portion plus ou moins grande des matièresvolatiles qu’ils renferment. Pour que l’on puisse car-boniser un combustible, il faut qu’il renferme unequantité suffisante de matières volatiles à expulser, pourqu’il puisse acquérir des propriétés nouvelles qui in-demnisent des frais de cette opération; il faut aussi quele résidu de 3a carbonisation présente une certaine co-hérence qui permette de l’employer. Ces deux condi-tions ne se rencontrent que dans les bois, les houilleset les fourbes , qui sont les seuls combustibles que l’on•emploie carbonisés ; les produits de leur carbonisationportent le nom de charbon de bois , de cofre et de charbonil: fourbe, et leur préparation fera le sujet d’autant deparagraphes séparés.

I. — carhonisation du rois (angl. charring ofwood, ail. kohlcnbrennen, kœhlerei). Toutes les mé-thodes au moyen desquelles on opère la transformationdu bois en charbon peuvent se diviser en trois classes :dans la carbonisation en vases clos, le bois à carbo-niser est placé dans une enveloppe ordinairement mé-tallique et chauffée extérieurement ; dans la secondeclasse, la chaleur nécessaire à la carbonisation est éga-lement produite à l'extérieur par un ou plusieurs foyersparticuliers, mais ensuite les produits gazeux qui s’é-chappent de ees foyers sont introduits dans la massedu combustible à carboniser et opèrent sa distillation ;enfin, dans la dernière classe, viennent se ranger tousles procédés dans lesquels on laisse arriver, au milieude la masse du bois à carboniser, une quantité d’airlimitée, de manière à brûler une partie du combustiblepour distiller l'autre; ces derniers procédés se subdi-visent eux-mêmes en deux catégories, suivant que l’onse propose ou non de recueillir les parties volatiles dela distillation.

Le procédé de carbonisation en vase clos a déjà étédécrit à l’article acide acétique. Il permet de re-cueillir ou d’utiliser tous les produits de la distillation,puisque l’on condense ceux-ci et qu’on en retire dugoudron, des huiles empyreumatiques, de l’acide acé-tique, de l’esprit de bois, et que l’on se sert des gaznon condensés pour produire dans le foyer une grandepartie de la chaleur consommée dans la carbonisa-tion. Mais dans la plupart des cas, la complication

des appareils, qui vend leur établissement assez coû-teux et leur déplacement impossible, le peu de débouchéou do valeur des produits obtenus,'et par-dessus toutla moindre densité du charbon produit, ont empêchéce procédé de prendre beaucoup d’extension. Le rende-ment en charbon est ordinairement plus fort que partout autre procédé lorsque l’opération n’est pas con-duite trop rapidement, mais il est moins dense et beau-coup plus inflammable que celui obtenu autrement,et possède aussi un moindre pouvoir calorifique. Soninflammabilité le fait rechercher pour lu fabrication dola poudre.

Avant de juger ce procédé et ceux que nous décri-rons ci-après, il convient d’examiner les phénomènesqui se passent dans l’acte de la carbonisation du bois.

Chacun des principes organiques immédiats qui en-trent dans la composition dubois, éprouve, à un certaindegré de température, une altération qui donne nais-sance à un produit pyrogéné fixe, à un produit pyro-géné volatil, et à un dégagement de gaz provenant dela combustion d’une partie du carbone et de l’hydro-gène par l’oxygène contenu dans le bois. Pour chaquetempérature, il s’établit un certain équilibre; à unetempérature plus élevée, l’équilibre est détruit de nou-veau, et il se forme de nouveaux produits pyrogénés, lesuns fixes, les autres volatils, jusqu’à ce qu’enfin il noreste plus quo du charbon pur. Si on opère à une tem-pérature bien graduée et maintenue constante pendantun temps suffisant, chacune de ces modifications dansl’état des composés.organiques pourra avoir lieu jus-qu’au centre du morceau de bois, de façon à produireun nouveau composé homogène, sans qu’il y ait réac-tion entre les produits de la distillation qui viennentdu centre du morceau sur les produits fixes qui sutrouvent à la surface.

La carbonisation en vases clos, au contraire, commeelle a lieu actuellement, est conduite beaucoup troprapidement sous le rapport du rendement en charbon.Le combustible étant placé dans un milieu entretenuà une température très élevée, il arrivera que les cou-ches extérieures du bois atteindront un état d’altérationtrès avancé lorsque le centre sera encore à l’état na-turel, de sorte que les produits de la distillation venantdu centre du bois pourront réagir sur le charbon déjàformé à lu surface, lequel se trouve maintenu par lerayonnement des parois de l’enveloppe à une tempéra-ture élevée, et en dissoudre une partie en donnant lieuàdesgaz hydrogène, acide carbonique et oxyde de car-bone. Du reste, le peu de conductibilité pour la cha-leur du bois et du charbon qui n’a pas été soumis à unetrès forte calcination, ainsi que la nature même del’appareil employé dans lequel la chaleur est appliquée*extérieurement, ne permettent pas d'arriver à graduerla distillation dans toutes les parties du combustible,de manière à éviter toute dissolution du charbon forméà la surface par les produits de la distillation inté-rieure. Sous ce rapport, le procédé de M. 'Schtcarlz, es-'sayé en Suède , et qui rentre dans la seconde classe quenous avons établie, est de beaucoup préférable.

Le fourneau de M. Schicartz, construit à Jhefvcn( Suède ), consiste en un berceau gothique fermé à sesdeux extrémités par des murs verticaux, perpendieu*laircsà son axe. Le sol intérieur est incliné vers le cintre,et présente en son milieu des rigoles qui servent à faci-liter l’écoulement du goudron dans des tuyaux en fontedo fer. A chaque extrémité du fourneau il y a deuxfoyers sur lesquels passe l'air athmosphérique avantd’entrer dans l’appareil ; la voûte de ces foyers est dis-posée de manière à rabattre la flamme, de telle sorteque l’air se dépouille complètement de son oxygène dans,son passage à travers les foyers. L’une des extrémitésprésente deux ouvertures en son milieu placées Tuneau-dessus de l’autre, et deux autres pratiquées dans les