CARBONISATION’.
CARBONISATION.
exigent des constructions fixes et assez coûteuses, les •procédés de carbonisation surplace, sans constructionsspéciales, dans lesquels on perd tous les produits de ladistillation du bois, mais qui permettent de remplacerle transport «lu bois par celui du charbon qui en pro-vient, et qui n’en pèse que les 15 à 25 centièmes.
Avant d’entrer dans la description des méthodes decarbonisation en furets, nous croyons convenable dedird quelques mots sur l’achat des bois, leur abattage,et la préparation des places de carbonisation.
Les coupes de bois s’estiment sur pied, en prenantséparément et successivement chaque arbre, chaqueportion de taillis, et estimant à vue d’œil combien ilspeuvent produire de bois de charbonnette, de bois deconstruction, de fagots, etc., on se sert aussi à cet effetde tables indiquant les moyennes des résultats donnéspar les diverses essences de bois suivant leur circonfé-rence ou leur diamètre au pied. On doit aussi avoirégard aux ditlicultés de l’exploitation, aux débouchésréservés pour les charrois dans la coupe et hors de lacoupe, à la nature du sol de celle-ci, à celle des essencesde bois dominantes, à la quantité, d’arbres réservés parl’administration et aux soins à prendre pour les conser-ver, à la proportion dans laquelle se trouve le gros boispar rapport au taillis, etc. C’est d’après ces estimations,et la concurrence des adjudications, que se vend la coupede bois à l’iicetare et sur place. Le prix de la corde dobois (2 stères) est moyennement en France de G à 7 fr.;il est plus élevé en Champagne , où il y a beaucoupd’usines à fer qui se font une concurrence redoutable.
La coupe achetée, ou abat le bois à la hache, quel-quefois à la scie; on le débite à la scie en bûches oubilles depuis U' 1 ',GG de long, pour la carbonisation enmeules, jusqu’il 2"',50 pour la carbonisation en tasallongés, et ou l’empile par cordes de 2 stères. On payaaux coupeurs de 0‘,75 à 1 fr. par corde, et 0 f ,2ü à 0 f ,5()aux cmpileurs. Tantôt on carbonise immédiatement lebois vert, tantôt on le laisse sécher à l’air pendant uncertain temps, ce qui augmente l’intérêt du capiîa^,mais ce qui est préférable sous le rapport de la quantitéet de la qualité du produit obtenu
Le choix de la place de carbonisation est une opé-ration très délicate. On recherche autant que possibleun emplacement où le charroi des cordes soit facile, oùle chargement des charbons soit commode, où ou aitl’eau à proximité pour les différents besoins de la car-bonisation, qui enfui soit surtout à l’abri des courantsd’air, sans aucune humidité et dont le sol soit sec sansêtre ni trop compacte, ni trop léger. Il est assez rarede trouver toutes ces conditions réunies à la fois, etc’est à l’ouvrier habile à utiliser les ressources qui luisont données. Si le sol de la place que l’on a choisie estformé de terres légères, la combustion est souventimparfaite, parce que l’air péuètre par la base et vientgêner le charbonnier dans la conduite de son fourneau.Si, au contraire, le sol est argileux et trop serré, il estsusceptible de se durcir par la chaleur, et le goudronet les parties liquides dégagées par la distillation dubois, qui gagnent la partie inférieure «lu tas, y restentfaute d’issue pour s’échapper, éteignent le feu surtoutsi l’on carbonise des bois résineux, et dans tous les casproduisent une grande quantité de fumerons. Il est tou-jours possible de remédier à ces deux inconvénients, encomposant un sol artificiel convenable avec des bran-chages recouverts de plusieurs couches de terre grasseou de terre légère suivant les circonstances. La cou-che supérieure, qui forme la faulde ou Y aire de carboni-sation , se compose ordinairement d’un mélange deterre et de fraisil , poussier de charbon mélangé de terrescalcinées qui provient des débris du charbon résultantdu transport et de la mise en balle.
La méthode de carbonisation en tas rectangulaires,ou ancic’nie méthode des forêts , est surtout employée
pour les bois résineux et dans les pays de montagnes,où il est difficile de trouver des abris convenables. Klledonne ordinairement un peu moins de charbon que lacarbonisation en meules, mais l’opération est plus fa-cile à conduire, et il est plus aisé d’abriter les tas quin’ont d’évents que sur deux de leurs faces latérales,que les meules qui en ont sur tout leur pourtour.
Ces tas de forme rectangulaire, comme on le voit enplan fig. .377 et en coupe iig. 876, se placent ordinai-376.
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rement sur une aire légèrement inclinée ; leur largeur\ arîe entre 2 et 3 mètres, et leur longueur est au maxi-mum de 12 à 13 mètres. Des pieux sont enfoncés verti-calement en terre, tout à l’entour de l’aire, à 0 m ,50 en-viron de distance des brèches de bois. Des planchesadossées contre ces pieux servent à maintenir la cou-verte de fraisil qui enveloppe latéralement les facesverticales du tas. L’élévation de ce dernier va en crois-sant depuis la partie antérieure, où elle n’est que de0 m ,60, jusqu’il l’extrémité postérieure où elle est de5 mètres, quand le tas a sa longueur maximum de I 2si 13 mètres, de telle sorte que sa face supérieure soitun plan incliné à l'horizon de 15 à 20", qui est égale-ment recouvert de fraisil, ou bien de terre et de gazon ;on soutient le tas à sa partie postérieure, qu’on ap-pelle la tête, par des étançons en bois. Les bûches debois sont ordinairement placées transversalement à lalongueur du tas, les plus grosses à la partie inférieure;cependant on les dispose quelquefois dans le sens mêmede la longueur Le bois étant placé de manière à lais-ser le moins de vides possible, on applique la couchede fraisil humide qui, battu fortement, forme la cou-verture, et on la soutient sur les côtés par des plan-ches retenues par les deux rangées de pieux ; on lesarrose pendant l’opération pour les empêcher de s’en-flammer.
Le tas s'allume en plaçant des charbons enllummésavec un peu de petit bois à la partie antérieure, entre lesbûches de la rangée inférieure. Aussitôt qu’on voit sortirla fumée à travers la couverte, on ferme le trou qui avaitservi à allumer, et on perce dans la couverte, toujoursvers le commencement du tas, trois ou quatre trous de2 à 3 centimètres de diamètre qui servent à établir letirage. On les laisse ouverts jusqu’à ce que la fuméenoire et épaisse, qui se dégage d’abord, ait lait place aune fumée légère d’une teinte bleuâtre ; on bouche alorsces trous, puis on en ouvre d’autres un peu plus loin, tantsur les côtés du tas que sur le dessus, et on continueainsi jusqu’à ce qu'on ait atteint la tête du tas.
On commence à retirer des charbons lorsque la car-bonisation s’étend déjà à 2 ou 3 mètres de distance, eton a déjà défait la moitié du tas lorsque la tête setrouve en pleine carbonisation. On a soin d’arroser lacouverte, pendant l’opération, pour l’empêcher de trops’échauffer, et on refroidit les charbons retirés avec del’eau.