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CARBONISATION.

CARBONISATION.

On obtient moyennement, par ce procédé, de I stèrede bois de sapin : 0'" %77S de gros charbons et0“ ,6 ,027 do petits charbons,

en tout 0® c ,795 de charbon pesant 8i k .

Dans le procédé de carbonisation en meules, quiconstitue la nouvelle méthode des forêfs } l’aire do carbo-nisation ou faulde étant choisie et préparée, commenous l’avons indiqué plus liant, les dresseurs y placentle bois, soit debout en superposant deux ou troiscouches ffig. 378 et 373), soit en dressant d'abord autour de l’axe central une petite meule en bois debout,autour de laquelle ils disposent les bûches par coucheshorizontales (fig. 380) en les plaçant suivant les rayons

380. 378.

dirigés vers le centre. Il est essentiel de serrer le boisautant que possible, et de remplir les vides restés entreles bûches avec du petit bois ; on a également soin deplacer les bois durs au centre du fourneau, et les boistendres en dehors, aussi bien qu’à la partie supérieurede la meule où la carbonisation ne dure que peu detemps et la chaleur est moins élevée. On recouvre en-suite la meule d’une couche de 0"’,08 à 0 1 ", 10 de ra-milles, feuillages, mousse ou autres menus végétauxdes forêts, par-dessus laquelle on place une couvertede O®,05 à 0'",06 formée de terre mélangéè de sable etd’argile, assez grasse pour adhérer à la première, maiscependant pas assez forte pour se crevasser par l’actionde la chaleur. On ménage dans le dressage de la meuleet sur toute sa hauteur une cheminée centrale de 0'",-5environ de diamètre qui sert à l’allumage, ainsi quesur tout son pourtour et à la base, des évents d’admis-sion espacés d’environ O®.60, qui restent ouverts pen-dant toute la durée de la carbonisation.

Le dressage terminé, on procède à la mise en feu enjetant dans la cheminée du charbon enflammé et dumenu bois. La cheminée reste ouverte pendant un cer-tain temps, afin que tout le centre du tas puisse entreron ignition. Cette combustion produit un vide que lecharbonnier doit avoir grand soin de combler en fai-sant tomber le charbon déjà formé, au moyen d’unelongue perche, et en remplissant constamment la che-minée avec du bois. Quand la combustion est suffisam-ment active à l’intérieur, on bouche la cheminée ; puis,après quelque temps, on commence à percer dans lacouverture, à partir du sommet, des évents qui don-nent issue aux produits de la carbonisation. La cou-leur et l’abondance de la fumée qui se dégagent per-mettent de juger de l’avancement de l’opération danscette partie de la meule. Quand cette fumée devientd’un bleu clair, presque transparente et fort peu abon-dante, l’ouvrier sait que la carbonisation est achevéedans cette zone, et il perce de nouveaux évents dansun plan horizontal à 0 m ,20 ou0'",30 au-dessous du ni-veau des précédents qui se ferment spontanément. Oncontinue ainsi jusqu’à ce que les évents de dégagementsoient arrivés près des évents d'admission de l'air per-cés à la base de la meule. On ferme alors tous les ori-fices, puis ou recouvre la meule d’une couche de terrehumide que l'on arrose au besoin, et on laisse refroidirpendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, onetiièvu la couverture et on retire les charbons que l’on

étend sur le sol en lits minces. L’habileté du charbon-nier consiste à régler les évents de manière à obtenirun affaissement bien régulier de la meule. 11 la garantitdes coups de vents ou de forts courants d’air au moyend’abris ou de paillassons convenablement disposés.

Le diamètre ordinaire des meules de carbonisationest à la base de 4 à 6 mètres; ces meules contiennentde 40 à 50 stères de bois. Cependant, dans certaines fo-rêts, on carbonise le bois par meules de 1 2 à 14 mètresde diamètre, renfermant de 100 à 130 stères. Théori-quement, il est certain que des meules de 100 à 150stères doivent donner un produit plus considérable encharbon que de petites meules de 40 à 50 stères ; ondoit éprouver aussi une diminution notable dans lesfrais de main d’œuvre; mais, d’un autrecoté, la conduite de l’opération présentebeaucoup plus de difficultés, et si le char-bonnier n’apporte pas tous ses soins etla plus active surveillance à la carboni-sation , ou s’il règne des vents violent»,on obtient souvent une qualité de char-bon inférieure, et même un rendementmoins considérable qu'avec de petite»meules.

La carbonisation d’une meule de loi)stères, y compris l’étoufFage, dure moyen-nement douze jours pour les bois verts et tendres, et vajusqu'à seize ou dix-huit jours pour les bois verts etdurs. La préparation de la faulde et le dressage desmeules se paye à raison de 0 f ,30 à 0;,35 par corde de2 stères de bois à carboniser. Le charbonnier est égale-ment payé à prix fait à tant par mètre cube de charbonobtenu.

Le charbon bien cuit se reconnaît à ce qu’il est dur,compacte, sonore, et à sa cassure brillante. Lorsqu’ilest trop cuit, il est tondre, friable, nullement sonore, etabsorbe facilement l'humidité. Enfin le charbon quin’est pas assez cuit, ou fumeron, a une couleur terne,casse difficilement et brûle avec une flaimnc blanche enrépandant de la fumée; il vaut mieux cependant l’ob-tenir ainsi que trop cuit.

Les belles recherches de M. Ebehnen, sur les phé-nomènes qui se passent dans les diverses méthodes decarbonisation par combustion incomplète, publiées dansles Annales de» Mines (1813), un îles beaux travauxde cet ingénieur distingué qui a si bien analysé lesphénomènes chimiques de la combustion, nous per-mettront de donner une théorie complète de cetteopération, et par suite d’apprécier la valeur des nom-breuses modifications proposées au procédé de la car-bonisation en meules, dans le but d’obtenir, soit unplus fort rendement en charbon, soit un combustiblemoins torréfié analogue au ' hurbon rau.r.

En comparant la composition des gaz qui se déga-gent des évents pratiqués à la surface vies meules decarbonisation, avec celle des gaz produit» dans la car-bonisation du bois en vase clos, M. Ebelmen a reconnuque :

T’ L’oxygène de l’air, qui pénètre dans la meule parles évents d’admission , se change complètement enacide carbonique sans mélange d’oxyde de carbone.

2 U L’oxygène de l’air sc porte en entier sur le char-bon déjà formé, et son action est nulle sur les produitsde la distillation du bois, en sorte que celle-ci s’opèrede la même manière qu’en vase clos.

Nous avons vu qu’on allumait la meule par le centreet que Ton conduisait l’opération du sommet à la basedu cûne. La carbonisation s’opère de haut en bas etdu centre à la circonférence. L’expérience faite en dé-molissant une meule eu partie carbonisée a montréque la surface de séparation entre le charbon forme etle bois non carbonisé est celle d’un tronc de cône ren-versé, avant le même axe et la même hauteur que la

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