CARBONISATION.
CARBONISATION".
meule, et dont l’angle va constamment en augmentanta mesure que la carbonisation avarice. Pour concevoirque l’oxygène de l’air se change seulement en acidecarbonique, il faut nécessairement admettre que Pairne traverse pas une épaisseur un peu considérable decharbon incandescent, et qu’ainsi sa combustion s’opèreconstamment à la surface de séparation entre le char-bon produit et le bois non carbonisé. Le refroidisse-ment dû à l’absorption de chaleur latente, produite parla distillation du bois, s'oppose à ce que l’acide carbo-nique, premier produit de la combustion, puisse se chan-ger en oxyde de carbone, car on sait que cette trans-formation a besoin, pour s’effectuer, d’une températureélevée. Les produits de la distillation du bois renfer-mant une proportion considérable de gaz peu ou pointcombustible, dont le calorique spécifique est trop fortpour qu’ils puissent facilement s’enflammer, on conçoitaisément que, dans la carbonisation en meules, l'oxy-gène de l’air se porte sur le charbon déjà formé plutôtque sur les produits de la distillation.
Il est facile du reste de concevoir comment l’air doitconstamment circuler entre- le charbon déjà formé et lebois non carbonisé. Cette surface de séparation corres-pond évidemment au maximum de vide qui existe dansla meule. Le tassement qui s’opère pendant la carboni-sation est dû à l'affaissement et à la rupture du charbonqui, une fois formé n’est plus assez résistant pour sup-porter le poids de la partie supérieure de la meule. D’unautre côté, le bois en se carbonisant éprouve une fortecontraetioji. On conçoit donc qu’il y ait une grande so-lution de conthtuité entre le charbon et le bois incom-plètement carbonisé, mais encore assez résistant pourne pas se briser, et que le tirage s’établisse le long decette séparation. Nous avons vu que les évents de déga-gement cessent de donner du gaz, quand la carbonisa-tion est achevée dans la partie de la meule qui leur cor-respond, sans que le charbonnier soit obligé de lesboucher, ce qui prouve bien que le charbon une foisformé et ayant pris son tassement n’est plus que trèsfaiblement perméable aux gaz.
Il est clair, d’après ce qui précède, que si dans la car-bonisation dubois, l’on parvenait à produire la chaleuret l’acide carbonique au moyen de combustibles ayantpeu de valeur, comme du menu bois ou du menu char-bon, on réaliserait ainsi une économie importante. Leprocédé de M. Marcus Bull qui consiste à remplir lesvides laissés dans le dressage des meules par du menucharbon ou du fraisil, est fondé sur le principe théoriqueque nous venons d’énoncer. Ce procédé du reste estemployé avec succès depuis 1827, à l’usine d’Elend,dans la fabrication courante du charbon de bois etdonne un rendement notablement plus considérable.
Tout ce que nous venons de dire de la méthode ordi-naire de carbonisation en meules circulaires, s’appliqueégalement aux autres méthodes de carbonisation en tasou l’on sacrifie une partie du combustible pour distillerl’autre. Il faut toujours que l’air destiné à la combus-tion entre constamment dans le tas, à la séparation entrele charbon formé et le bois carbonisé, pour éviter queson oxygène ne passe en partie à l’état d’oxyde de car-
bone, ce qui produirait une perte sur le charbon obtenu;il est donc nécessaire d’empêcher qu'il ne reste des vi-des au centre de la meule. On a évité cet inconvénientpar la méthode Brune, actuellement suivie, à peu de dif-férences près, à l’usine d’Audincourt . Ce procédé con-siste a supprimer le vide formé par la cheminée centrale,et a déterminer l’inflammation du cœur de la meule aumoyen d’une plaque de tôle chauffée par dessous. Onpratique au centre delà faulde un vide conique ou cliau-dière, qui a 1 ,u ,33 de diamètre à sa base supérieure,0“,o0 à sa partie inférieure et U m ,5ü de profondeur. Lesparois en sont formées par des briques. Trois conduitsen briques, de O 1 ", 12 de côté partent du fond de cettechaudière et viennent déboucher à l'air libre, en dehorsde l'espace réservé pour la meule. La chaudière est rem-plie de menu bois et de fumerons, puis recouverte d’uneplaque de tôle. On dresse la meule sur une base de9 m de diamètre, avec du bois scié en bouts de 0"‘,67 delargeur, et sur trois étages. Dans toute la partie quicorrespond à la pnÿcction de la chaudière, on met surle premier étage de bois une :ouehe épaisse de terre etde fraisil, puis on dispose la meule comme à l’ordinaireen ayant, soin que les vides laissés entre les bûches soientaussi petits que possible, et que chaque bûche se trouvetoujours dans un plan diamétral passant par l’axe de lameule. On met le feu au combustible contenu dans lachaudière. On découvre la partie supérieure de la meuleet on ouvre les trous du pied. Le fraisil placé sur lepremier étage sert à élargir l'espace dans lequel la com-bustion commence, pour se répandre ensuite dans toutela masse du bois. Quand la meule est bien eu feu, onferme les trois ouvreaux communiquant avec la chau-dière, on couvre la meule et on conduit l’opérationcomme à l’ordinaire, en perçant les évents à partir duhaut. L’opération dure quatre à cinq jours et s'exécutasur 28 à 35 stères de bois. On a reconnu qu’il y a avan-tage à opérer sur ce volume de bois, au lieu de 150 à180 stères qui composaient les anciennes meules d’Au-dincourt , et dont la carbonisation durait douze à quinzejours. Le bois était alors scié en bouts de 1™,33 de lon-gueur .
Voici, d’après M. Ébelmen , les résultats obtenus àAudincourt dans la carbonisation faite par les trois pro-cédés suivants, du l rr juillet au 20 octobre 1841. Lebois peut être considéré comme composé de 3/4 d’es-sences dures et de 1/4 d’essences tendres.
1° Ancienne méthode ; meules de 150 à 180 stères.Bois scié en bouts de I ‘",33 de longueur ;
2" Môme méthode; aire plane. Meules de 28 à35 stères. Bois scié en bouts de 4 “,67 de longueur ;
3° Emploi de la chaudière en briques. Meules de 28 à35 stères. Bois scié en bouts de 0 m ,67 de longueur.
Il y a, comme on le voit, un avantage considérable àemployer les modifications que nous venons d’indiquerdans le travail de la carbonisation; aussi depuis 1842,ne carbonise-t-on plus à Audincourt que par le procédédes places à chaudière , mais on a reconnu qu’on pouvaitsans inconvénient porter à 50 ou 60 stères le volume dubois h carboniser dans une opération.
L’avantage des petites meules sur les grandes consiste
INDICATION
NOMBRE
STÈRES
PRODUIT
STKKES DE BOIS
PRODUIT
des
de stères
Ü 2
de bois
en hectolitres.
consommés,
par 100 hcctol. de
en charbonet braise,
PUOCÉDÉS.
de chaque meule
consommé*.
Charbon.
Braise.
charbon et de braiseobtenus.
pour 100 debois.
i 1° Ancienne méthode.
150 il 180
39
6,686 3/4
23.856
570
27,38
36,52
2'* Places simples. . .
28 h 33
20
669
2,o55
90
25,29
39,55
i 3° Places à chaudière.
28 à 35
41
1,303
5,508
190
22,86
43,73