carbonisation.
CARBONISATION.
surtout, comme nous l’avons déjà fait remarquer, touteschoses égales d’ailleurs, dans la plus grande facilitéqu’a l’ouvrier de surveiller et de conduire son fourneau.L’emploi des places à chaudière au lieu des places sim-ples, permet d’éviter le remplissage qui doit avoir lieu àplusieurs reprises par la cheminée de la meule, pendantlu première partie de l’opération. Néanmoins, il est dou-teux que le procédé des places à chaudière puisse êtresuivi en forêt, où le lieu de la carbonisation se déplacecontinuellement, et où, par conséquent, l’établissementd’une chaudière en briques et des conduits souterrainsqui y aboutissent serait un embarras pour le charbon-nier. Il parait en outre que, dans les terres très humi-des, comme celles où l’argile prédomine, il est dilliciled’allumer convenablement la meule au moyen du feuqu'on lait dans la chaudière.
Du charbon roux ou bois torréfié. Depuis peu d’annéeson emploie avec assez de succès, sous le rapport de l’é-conomie, eu combustible et en argent, dans quelqueshauts-fourneaux du département des Ardennes , au lieudccharbondeboisdu boistorrélié. La torréfaction s’opé-rait d’abord dans des vases clos chauffés extérieure-ment par les llammes perdues du gueulard; tel était leprincipe du brevet de M. Houzeau-Muiron. expérimentéavec quelques succès au fourneau des Bièvres . Nousavons du reste constaté qu’en Bohème on desséchait etmême ou torréfiait légèrement le bois, dès 1813, dansîles vases clos chauffés à flamme perdue, avant de Rem-ployer dans les verreries du pays.
Kn raison de la manière dont la combustion s’opèredans l’intérieur des tas, on ne peut guère admettre,comme plusieurs personnes l'ont avancé, qu’on puissejamais arriver à fabriquer du bois torréfié ou charbonroux, par un procédé analogue à celui de la carbonisa-tion en meules.
Parmi tous les procédés inventés dans ces dernièresannées pour pratiquer dans les forets la torréfaction dubois, celui qui donne les meilleurs résultats est le pro-cédé de M. Echemcnt , décrit par M. Sauvage (Annalesdes Mines, 3“° série, tome xvm ), et qui consiste à pro-jeter au milieu de la masse du bois à torréfier les pro-duits de la combustion de menu bois et de branchages,opérée dans un foyer en dehors de la meule au moyeud’un courant d’air forcé. M. Sauvage a calculé que laquantité d’air projeté par le ventilateur employé étaitcinq fois plus considérable que celle nécessaire pour lacombustion du bois; les produits de cette combustion,renfermant un grand excès d’air, suivent un long canalsur lequel le bois est empilé en forme de voûte, et s’é-chappent ensuite de toute la surface de la meule, recou-verte comme à l’ordinaire par une couche de terre et defraisil. On cherche ici à éviter l’inflammation du boiscontenu dans la meule. Il faut pour cela que le cou-rant de gaz et d’air non brûlé qui la traverse, n’ait pasune température trop élevée. C’est le résultat auquel onarrive en augmentant beaucoup la masse d’air par rap-port aux produits de la combustion. Il est évident queplus leur température sera basse, plus leur masse seraconsidérable, et plus il y aura d’homogénéité dans lanature du combustible obtenu. Mais on conçoit qu’onne pourra pas atteindre ce résultat d’une manière abso-lue, et que le bois placé près du conduit sera toujoursà un état plus avancé d’altération que dans la partiesupérieure et surtout à la base de la meule.
IL — CAUBONISATION DK LA HOUILLE Çangl, COck-ing of pitceal, ail. verkokung der steinkohlcn). Lecoke étant beaucoup moins combustible que le charbonde bois, la carbonisation de la houille se fait beaucoupplus facilement et exige beaucoup moins de soins que lacarbonisation du bois. Les méthodes employées à ceteffet varient suivant que la bouille est grasse ou sèche,en gros morceaux ou menue, et s'exécutent soit en pleinair, soit dans des fours.
Les bouilles sèches en morceaux sont ordinairementcarbonisées en meules hémisphériques ou en tas prisma-tiques allongés. Ces deux procédés sont surtout suivisen Angleterre, et nous en emprunterons la descriptionsuivante à l’excellent ouvrage, de MM. Dufrenoy etKlie do Beaumont (Voyage métallurgique en Angle-terre'.
Méthode du Staffordslvre. Le procédé le plus générale-ment suivi dans le staffordshire consiste à élever, aumilieu d’une aire, une petite cheminée en briques, unpeu conique et ayant un grand nombre de jours. Lesbriques sont placées de champ ; les jours sont plusgrands au bas qu’à la partie supérieure. Cette cheminée(fig. 381) a environ T’\iÜ de hauteur, et est surmontéed’une petitecheminéeen tôle ou en fontede 0 m ,30 de hauteur,munie d’un registrequi sert à régler letirage. La bouille estdisposée en tas circu-laires, à peu près sem-blables à nos meulesde carbonisation pourle bois, mais moins élevés ; on place les plus gros mor-ceaux autour de la cheminée, pour former la base du tas;ensuite on ne fait pour ainsi dire que jeter le charbon,de manière à former une meule un peu plus haute que lacheminée de brique. Pour empêcher que la combustionne soit trop rapide, on recouvre le tout de menue houilleou de menu coke, à l’exception de la partie inférieure,sur une hauteur d’environ 0 : ",30. On met le feu parlacheminée. A une certaine période de l’opération, onachève de couvrir le tas avec de la bouille menue, et ony ménage des ouvertures, qu’on bouche et qu’on dé-bouche à volonté, de manière à ralentir ou à accélérerl’opération. Lorsque la carbonisation est achevée, onéteint le coke avec de l’eau, qu’on verse en assez grandeabondance par les trous pratiqués dans la partie supé-rieure des meules; cette addition d’eau désulfure enpartie le coke, dans lequel le soufre paraît être engrande partie à l’état de sulfure de calcium, qui se dé-compose par le contact de l’eau en donnant lieu à undégagement d’hydrogène sulfuré très sensible à l’odorat.Les dimensions des tas de carbonisation varient un peu,le plus souvent ils ont 4 à 3 mètres de diamètre, et con-tiennent à peu près 1 20* 1 .de houille. La carbonisation
proprement dite dure environ 3 jours et le refroidisse-ment 4 jours, en tout 7 jours. On obtient de 30 à GUp. 100 en poids de coke.
Méthode du sud du pays de Galles . Danslc sud du paysde Galles, on carbonise la houille en tas rectangulaires(fig. 382) de 0 1 ",73 à 1“’,00 de hauteur, de 1 "*,60 à 2 m.
382.
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de largeur, et d’une très grande longueur qui atteinlsouvent 40 et 30 mètres. Les gros morceaux de bouillesont placés au milieu du tas ; on recouvre avec de lahouille menue. Le feu est quelquefois allumé en diverspoints du tas ; le plus souvent on le met seulement àune extrémité. A mesure que les tas deviennent com-plètement en feu, on achève de les couvrir avec du pous-sier et des cendres provenant des opérations précédentes,afin que le coke ne continue pas à brûler, par le contactde l’air ; enfin on achève de l’éteindre avec de l'eaucomme dans le Staffordshire.