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CARMIN.

CARMIN.

une pince, qui reçoit un mouvement de va-et vient con-tinuel par le moyen d’un levier et d’un excentrique,s’avance pour saisir ce fil, et lorsqu’elle s’est reculéed’une longueur égale au développement d’une dentdouble, une cisaille le coupe, et un premier mécanismele courbe à angle droit à la base sur un mandrin d’ricierrectangulaire; un second mécanisme le saisit, et lepasse par derrière dans les trous déjà pratiqués dans lecuir; un troisième mécanisme saisit l’extrémité anté-rieure des dents et leur donne la courbure convenable ;enfin un dernier mécanisme achève de bouter les dentscontre le cuir, en venant les pousser par derrière.Toutes ces opérations se répètent pour chaque doubledent, et se succèdent avec une telle rapidité, que lamachine confectionne et boute 160 doubles dents parminute. 11 y a dans la fabrique de M. Dyer, à Man-chester, 60 machines pareilles mues par une seule ma-chine à vapeur, surveillées par quelques jeunes filles,et qui emploient journellement de 80 à 100,000 mètresde iil de fer.

CARMIN («agh carminé, ail. karmin). D’aprèsMM. Pelletier et Cavcntou, le carmin est un composé dela matière colorante de la cochenille, d’une matièreanimale qui y est également renfermée, et des élémentsdu sel qu’on y ajoute pour en déterminer la précipita-tion. Les principes sur lesquels repose la préparation ducarmin sont aussi peu connus que sa composition, tantparce que Remploi de cette couleur très chère e*t assezrestreint et que sa fabrication est restée entre les mainsd’un petit nombre de personnes, que parce que le prixélevé de la matière première a empêché la plupart deschimistes d’entreprendre une étude complète à cet égard.On connaît plusieurs recettes pour préparer le carmin,mais aucune d’elles ne suffit pour rendre certaine laréussite de ce travail délicat. Dans la préparation ducarmin, comme du reste dans celle de presque toutesles couleurs, le succès dépend beaucoup de certains dé-tails qu’on ne peut acquérir que par une longue expé-rience,comme par exemple de l’appréciation du momentexact où il faut arrêter l’ébullition de la décoction decochenille, et pour lesquelles on ne peut donner aucunerègle.

On trouve chez les marchands de couleurs trois sortesde carmin qui ont une valeur très différente. Les qua-lités inférieures sont souvent falsifiées par du vermillon(mercure sulfuré), ou de la laque carminée, combinai-son de la matière colorante avec de l’alumine que l’onajoute dans la précipitation ; dans le premier cas lanuance n’a pas le même éclat ; dans le second, elle estplus pale ; ces falsifications sout d’ailleurs faciles à re-connaître, en faisant digérer la matière à essayer a\ecde l’ammoniaque caustique; le carmin se dissout com-plètement, et l'on peut déterminer la proportion de ver-millon ou de laque carminée en desséchant et pesant lerésidu.

Carmin ordinaire. Ou prend :

Cochenille en poudre.

. 4000 grammes

Carbonate de potasse.

. 30 —

Alun pulvérisé.

. 60 —

Colle de poisson. .

• 30 —

On fait bouillir la cochenille avec le carbonate de po-tasse dans une chaudière en cuivre contenant 20 litresd’eau, et au cas que l’ébullition soit trop vive, on latempère en ajoutant un peu d’eau froide. Après quel-ques minutes de l’ébullition on enlève la chaudière eton la place sur une table, en l’inclinant de manière àpouvoir transvaser commodément la liqueur.

On y jette l’alun pulvérisé, et on remue le tout avecprécaution; la liqueur, auparavant d’un rouge cerisefoncé, change aussitôt de couleur et devient d’un rougevif de carmin. Au bout d’un quart d’heure, la cochenilles’est complètement déposée au fond, et la liqueur est

tout aussi claire que si elle avait été filtrée; où la dé-cante alors dans une autre chaudière de même capacité,que l’on met ensuite sur le feu après y avoir ajouté dela colle de poisson préalablement dissoute dans beau-coup d’eau et passée au tamis de cria. Au moment del’ébullition, le carmin monte à la surface sous la forme»d’un coagulum, tout à fait comme dans les clarificationsdes liquides par le blanc d’œuf. On retire aussitôt lachaudière, on en agite le contenu avec une spatule, puison l’abandonne h lui-même; au bout de quinze à vingtminutes le carmin s’est déposé, on décante, on fait égout-ter le carmin sur un filtre en toile line et Serrée, on lelave à l’eau et on le dessèche. Si l’opération a été bienconduite, le carmin sec obtenu s’écrase facilement sousles doigts. La liqueur dont le carmin s’est précipité, estencore très fortement colorée en rouge, et peutêtveavan-tageusement employée à la préparation des laques car-minées (voyez laques).

D’après une ancienne recette, on prépare le carminau moyen de l’alun seul. On fait bouillir de l’eau, on ymêle, pendant qu’elle bout la cochenille pulvérisée, onagite le tout ensemble, et on laisse bouillir pendant sixminutes; on ajoute alors de l’alun concassé, on laissebouillir encore pendant trois minutes ; on retire la chau-dière du feu, on filtre la décoction, et on la laisse repo-ser pendant trefis jours dans un vase plat de porcelaineou de faïence ; le carmin se dépose sous la forme d’unsédiment rouge, on décante, on lave le sédiment et onle fait sécher à l’ombre. La liqueur décantée est encorefortement colorée en rouge, et donne par un repos sub-séquent une nouvelle quantité de carmin d’une qualitéinférieure qu’il cst préférable de précipiter par l’additiond’un peu de perchlorure d’étain. On emploie par ce pro-cédé 580 parties d’eau de source, '16 p. de cochenilleet 1 p. d’alun; on obtient \ 1/2 à 2p. de cann n.

Carmin obtenu par le tartre. On fait bouillir 51 2 par-ties d’eau, on y ajoute 32 p. de cochenille pulvérisée,et après une courte ébullition 2 p. de crème de tartre;huit minutes après on ajoute encore 3 p. d’alun pulvé-risé, on laisse bouillir quelques minutes, on retire dufeu, on filtre, et on laisse comme ci-dessus déposer lecarmin dans des vases plats en porcelaine ou en verre.

Carmin de MM. Ahjon et Langlois. On fait bouillir4 à o litres d’eau de source, on y ajoute 6i grammes decochenille pulvérisée, puis une dissolution de 3 grammesde carbonate de soude dans 32 grammes d’eau, on con-tinue l’ébullition pendant une demi-heure, on retire lachaudière du feu et on la laisse refroidir en la plaçantdans une position inclinée. On ajoute alors 3 grammesd’aluft pulvérisé, et on agite vivement pendant vingtminutes environ pour en déterminer la dissolution ; puison transvase avec précaution la liqueur, qui doit pos-séder une belle couleur rouge écarlate, on y ajoute lamoitié d’un blanc d’œuf délayé dans 32 grammes d’eau,et on bat le tout ensemble. On remet alors la liqueursur le feu et on la chauffe jusqu'à ce que le carmin secoagule avec le blanc d’œuf; on la retire ensuite, et onlaisse déposer le carmin pendant vingt à trente minutes.On décante la liqueur surnageante, on fait égoutter lecarmin sur un filtre en toile jusqu’à ce qu’il ait atteintInconsistance d’un fromage à la crème mou, on l’en-lève alors avec une spatule en argent ou en ivoire, onl’étend sur une planche en bois bien unie et bien pro-pre, on le recouvre d’une feuille de papier, et on le faitsécher à l’air libre ou dans une étuve. On retire,par ceprocédé,de 32 parties de cochenille,3 parties de carmin.

Carmin superfin de madame Cencltc à A ntsterdam. Onfait bouillir six seaux d’eau de source, on y ajoute1 kil. de cochenille de première qualité, pulvérisée ;après deux heures d’ébullition, on y met 0 k ,09o de nitre raffiné, et quelques minutes apres 0 k ,125 de sel d’o-seille (bi-oxalate de potasse). On laisse encore bouillirpendant dix minutes, puis on retire la chaudière du