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CARTES A JOUER.

CARTES A JOUER.

feu, et on laisse reposer pendant quatre heures. La co-chenille épuisée se dépose au fond et on transvase; àl’aide d’unsyphon, la liqueur claire qui surnage, dansdes vases plats en porcelaine, où on la laisse déposerpendant trois semaines. Au bout de ce temps, il s’estformé à la surface une pellicule de moisissure, que l’onenlève avec une baleine à l’extrémité de laquelle on at-tache une petite éponge ; on fait ensuite éconler l’eaupar un petit syplion, qu'on peut faire plonger jusqu'à lasurface du carmin, parce que ce dernier forme un dépôtassez compacte. Ce carmin desséché à l’ombre est d’unebeauté remarquable, et son éclat est si vif qu’il fatiguela vue.

Carmin chinois. On fait bouillir un seau d’eau desource avec 025 grammes de cochenille pulvérisée et3 ou 4 grammes d'alun ; après sept minutes d’ébulli-tion on retire la chaudière du feu, on filtre, et on laissereposer pendant quelque temps. On prépare, d’un autrecôté, une eau régale avec 320 gr. de sel marin et 500 gr.d’eau-forte, dans laquelle on dissout par petites por-tions successives T20 gr. d’étain en larmes de Malaca ;puis on verse cette dissolution goutte à goutte dans ladécoction de cochenille, qu’on a réchauiFée jusqu’à l’é-bullition ; le carmin ne tarde pas à se précipiter. On ledécante et on le fait sécher à l’ombre, comme nous l’a-vons dit.

On peut améliorer le carmin ordinaire en le faisantdigérer à une douce température avec de i’ammoniaquucaustique, filtrant pour séparer la matière étrangère,puis précipitant le carmin, en ajoutant de l'alcool etsursaturant la liqueur par de l’acide acétique, lavant leprécipité de carmin avec de l’alcool étendu d'eau, et ledesséchant à l’ombre.

Le carmin est la plus belle des couleurs rouges; il esttrès employé, à cause de son éclat et de sa vivacité,dans la peinture en miniature, ainsi que dans la fabrica-tion des Heurs artificielles ; les confiseurs et les pharma-ciens s’en servent pour colorer diverses préparations.Tantôt on le mélange simplement avec les substances àcolorer, tantôt on l’emploie à l’état de teinture en ledissolvant dans l’ammoniaque caustique en excès ; onlaisse ensuite dissiper l’excès d’alcali, par l’évaporationspontanée, et la dissolution est propre à être employéelorsqu’elle est devenue inodore.

Pour ce qui regarde le principe colorant du carmin,Voyez COCIIEN1LLE.

CARRIÈRES. Voyez mines.

CARTES A JOUER (a ngl. playing cards, ail. spiel-karten). Le carton employé pour la fabrication des car-tes est formé de trois sortes de papiers superposés ; lepremier, dit papier cartier, recouvre le derrière de lacarte; il doit être d’une couleur bien uniforme danstoutes ses parties (il est ordinairement blanc), sa pâtedoit être bien égale, et ne présenter aucune tache ouautre signe qui puisse faire distinguer les cartes entreelles. Le papier intermédiaire, dit papier main-brune ,est un papier gris bien uni v et d’une teinte bien uniforme,que Ton met en double et qui sert tant à détruire latransparence du carton qu’à lui donner une certaineroideur, par suite de la propriété qu’il possède de pren-dre beaucoup de colle. Enfin le papier blanc, dit papierde face, destiné à recevoir les figures et enluminures, estun papier blanc à filigranes, que la régie fournit afind’avoir une garantie contre la fraude, attendu que lescartes payent des droits considérables. Ces trois sortesde papier sont livrées en feuilles ouvertes de 0“*,40o delong sur 0 n \3 l i de large, qui forment chacune la gran-deur de 24 cartes. L’impression du trait des figures sefait ordinairement avec des planches en bois ; chaquefabricant a les siennes déposées dans les bureaux de larégie, où il va tirer les épreuves avec de l’encre noire oubleue, eu présence d’un préposé, sur le papier qui luiest délivré par la régie

Vient ensuite le collage des feuilles qui doiwnt com-poser les cartes : l’ouvrier étend d'abord une feuille depapier blanc, sur une planche assez épaisse et biendressée, dite ais à coller. Il prend ensuite une feuille depapier de face, Retend sur la planche et la recouvre avecune grosse brosse, qui porte une poignée sur le dos, decolle très claire faite avec un mélange de farine, d’ami-don et d’eau ; il applique par dessus une feuille de pa-pier gris, Tcncollc, pose dessus une nouvelle feuille depapier gris, l’encolle encore, puis deux feuilles de papiercartier qu’il pose simplement dessus. Par ce moyen, lapremière de ces feuilles se colle entièrement, l'autre nese colle que par les bords, reste ainsi pendant tout lecours de la fabrication, et no se détache que lorsqu’onrogne les bords ; elle sert à garantir la feuille collée desmaculatures qui pourraient la salir soit sous la presse,soit pendant tout le cours de la fabrication. On continueainsi, et lorsqu’on a collé un nombre suffisant de car-tons, on les met en presse entre deux ais. On pressepeu à peu afin de donner à la colle le temps de biens’imbiber, et lorsque la pression est à sou plus hautdegré, on laisse un peu le carton se tasser ; on desserrela vis, et l’on enlève ou Ton torche avec un pinceaudoux trempé dans l’eau claire, la colle excédante que lapression a fait refluer sur les bords. On sépare ensuiteles cartons avec un couteau, on les livre aux éplucheu-ses qui enlèvent les ordures et les aspérités qu’on peut yrencontrer, puis on les porte au séchoir ordinairement àair libre. Quand les cartons sont secs ils sout prêts àêtre habillés , c’est-à-dire enluminés.

On emploie dans T enluminure cinq couleurs en dé-trempe, qui sont : le noir, noir de fumée délayé dans dela colle claire d’amidon ou de gélatine; le bleu, indigodélayé dans de la colle de gélatine; le gris, c'est lamême couleur que le bleu, mais très peu teintée etétendue d’eau gommée; le jaimg, décoction de grained’Avignon avec 1 /8 e d’alun, ou dégommé gutte; le rouge,mine orange (voyez plomb), ou vermillon très gommé.On applique successivement ces couleurs dans Tordresuivant, rouge, jaune, noir, bleu et gris, à l’aide dobrosses dures et de patrons taillés à jour; il faut unebrosse et un patron pour chaque couleur; ces patronssont taillés pour une feuille entière et découpés, à l’aided’un outil bien tranchant, dit pointe à patron, suivantles contours de la couleur qu’ils servent à appliquer,dans une feuille de papier recouverte snr chaque côtéde plusieurs couches de peinture à l’huile; les patronsdes points se font à Tomporte-piècc. Il faut avoir biensoin en posant les couleurs de ne pas les doubler, ainsi'que de ne pas laisser entre elles des espaces blancs oufenêtres; il faut mettre le noir peu épais car il est sujetà couler sous la lisse, meme lorsqu’il est sec.

On sèche ensuite les cartons habillés sur un poêle, onles frotte sur chaque face avec un morceau de feutreenduit de savon sec, et on les lisse au moyen d’un cail-lou arrondi, nommé lissoir. On remet les cartons souspresse pour les redresser; il ne reste plus ensuite qu’àles tailler exactement de la même grandeur.

On commence par rogner les bords des cartons, en-suite on les découpe en rubans, dits coupeaux, qui sontjuste de la largeur des cartes et en contiennent six dansleur longueur ; on découpe ensuite ces rubans en car-tes séparées. Le coupeur est guidé dans ces opérationsd’abord par des traits imprimés qui déterminent les li-mites de la séparation, puis par des guides parallèlesaux ciseaux qui en sont convenablement éloignés, etcontre lesquels il appuie la tranche des feuilles de carton à découper.

Nous terminerons en décrivant la machine à décou-per les cartes, de M. Dickinson, qui est représentéefig. 392, 393 et 394. Elle se compose d’une série decisailles circulaires montées sur les axes en fer a a, b b,sur lesquels elles sont assujetties au moyen de man-

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