CARTIIAME.
CARTIIAME.
chons en boi*. Ces cisailles sont mues par l'intermé-diaire d'une courroie sans lin c d, qui passe sur la gorged’une poulie fixée à l’une dos extrémités de l'arbre
393. g,
coudé e y dont le mouvement est régularisé par un vo-lant f. Afin d’obtenir un découpage bien net, les disquestranchants, montés sur l’axe inférieur bb, sont disposésdeux par deux, comme on le voit, fîg. 393, de telle sortequ'il y ait entre les deux disques d’un même couple unfort ressort spiral en acier, qui les presse continuelle-ment contre les disques correspondants montés sur l’axe«a. Les rondelles et les taillants, outre l’ouverture cen-trale, sont percés, comme on le voit, lig. 394, de sixtrous équidistants que traversent de longs boulons des-tinés à les recevoir. Enfin, après le découpage des car-tes, il ne reste plus qu’à les trier, les assortir, éliminercelles qui sont défectueuses, et les mettre en paquets de52 qartes pour le jeu entier, de 42 cartes pour le jeud’ijombre, et de 32! cartes pour le jeu de piquet.
CARTIIAME (angl. carthamus, safflower, ail. saf-flor). Nom donné aux fleurs du carthamus thv'torius deLinnée, qui croît dans le midi de la France, la Hongrie ,l’Espagne, l’Egypte, l’Amérique du Sud et les Indes .Il en existo deux variétés, l’une à grandes, l’autre àpetites Heurs; la première est principalement cultivéeen Egypte et y forme un objet d’exportation d’une va-leur considérable. Aussitôt après la floraison, on enlèveles fleurs et on les fait sécher à l’ombre soit immédiate-ment, soit après les avoir pétries dans de l’eau, afind’enlever la plus grande partie de la matière colorantejaune soluble qu’elles contiennent.
I.e carthame renferme deux matières colorantes, l’unejaune, l’autre rouge, qui est seule employée dans lateinture. On enlève la matière colorante jaune qui estsolable dans l’eau, en introduisant le carthame dans unsac en toile que l’on malaxe sous l’eau, jusqu’à ce qu’ilne sc dissolve plus rien. Le carthame de jaune rougeâ-tre qu’il était auparavant devient d’un rouge clair, etperd dans cette opération presque la moitié de sonpoids. On peut alors en extraire la matière coloranterouge qu’il renferme, et qui a reçu le nom de cartha-mine , en le traitant par une dissolution étendue de car-bonate de soude, puis précipitant la liqueur alcaline parun acide. Le carthame ne contient que 1/2 p. 100 decarthamine.
La carthamine est une couleur d’une beauté remar-quable, malheureusement elle est si altérable qu’on nepeut l’employer dans la teinture des tissus de laine etde coton ; mais pour les étoffes de soie, oii l’on regardeplus à la vivacité des couleurs qu’à leur inaltérabilité,
on sc sert beaucoup du cartliame pour produire diffé-rentes nuances rouges très belles, telles que le roso, iateinte de chair, etc.
On prépare pour la teinture le bain do car-thame, ainsi qu’il suit : on saupoudre 20 par-ties en poids de carthame bien lavé, commenous l'avons dit ci-dessus, avec 1 p. de car-bonate de soude pulvérisé et on mélange bienle tout ensemble. On place ensuite le mélangesur un tamis en toile très serrée et on le laveavec de l’eau froide, jusqu'à ce que celle-cipasse incolore. On achève d’épuiser le résiduen le retraitant de la meme manière avec unefaible proportion de carbonate de soude ; lecarthame complètement épuisé qui reste surle tamis est coloré en jaune.
On se sert, pour décomposer la dissolutionalcaline ainsi préparée et précipiter la couleursur la soie, d’acide citrique que l’on ajouteeu quantité suffisante pour faire virer le bainau rouge cerise. Nous renvoyons pour lesprécautions à prendre dans cette opération,et la manière d’obtenir les différentes nuan-ces que cette couleur sert à préparer, à l’ar-ticle teinture. Nous rappellerons seulementque : les acides étendus ravivent la couleurdu carthame sans la dissoudre ; les carbona-tes alcalins la dissolvent en la jaunissant, mais l’onpeut la rétablir par l’addition d’un acide ; et les alcaliscaustiques la détruisent.
Le prix élevé du carthame fait qu’on y ajoute sou-vent de I’orsej lle, qui devient par l’action des acidesd’un ronge assez vif.
La grande sensibilité du rouge de carthame obliged’opérer la teinture à froid et de sécher l’étoife de soie àl’ombre.
On emploie aussi le carthame pour préparer ainsiqu’il suit une couleur extrêmement belle (rouge d’as-siette), employée principalement dans la peinture desfleurs artificielles : on lave d’abord le carthame avec del’eau froide pure ou mieux étendue de vinaigre, pourenlever entièrement la matière colorante jaune soluble.On malaxe ensuite à froid le résidu dans un poids decarbonate de soude égal au sien et 1 5 fois son poidsd’eau de pluie. On l’exprime et on achève do le laveravec une petite quantité d’eau ; la matière rouge se dis-sout; on passe à travers une toile serrée ; on place dansla liqueur des écheveaux de coton, puis on la sature pardo l’acide citrique; la matière colorante rouge se préci-pite à l’état d’une grande pureté sur le coton ; on le sè-che, on le lave, puis on le traite de nouveau par unedissolution de carbonate de soude, renfermant 5 partiesd’eau en poids pour une partie de carbonate de soudecristallisé, qui redissout la matière colorante, que l’onprécipite alors par une dissolution d’acide citrique : ledépôt se fait lentement ; on le lave bien à l’eau froide,et on le dessèche ensuite sur des assiettes dont on l’en-lève par écailles au moyen d’une pointe de couteau.Ces écailles présentent un bel éclat métallique rougecuivré, qui les fait aisément distinguer des autres cou-leur? rouges.
Enfin le carthame sert à la préparation du rouge vé-gétal employé pour la toilette. A cet effet on pulvérisefinement du talc très blanc, que l’on mélange dans unmortier avec du rouge d’assiette non gommé, préparécomme il vient d’être dit. On broie ensuite le mélangeavec une petite quantité de blanc do baleine, on l’hu-mectc avec un peu d’éther sulfurique et on le met enpots. On prépare un rouge végétal de qualité inférieureen remplaçant la carthamine par du carmin.
Le carmin sc distingue à ce qu’il sc dissout dansl’ammoniaque eu la colorant en rouge- foncé, tandisque la carthamine donne une dissolution brun-jaunâtre.