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CERUSE .

CÉRUSE.

vendue en cet état aux fabricants de papiers peints.

On fabrique en tout trois qualités de cendres bleuesen pâte ; la première qualité ou bleu superfin so préparecomme nous venons de le dire ; pour obtenir la secondequalité ou bleu fin , on emploie 1 k 1/2 de bouillie dechaux au lieu de 1 k ; enfin, pour préparer la troisièmequalité ou bleu n° 1, on prend 2 k de bouillie de chauxnu lieu de l k et S00 grammes de sel ammoniac au lieudo 2uÜ grammes.

Pour obtenir les cendres bleues en pierre de qualitéscorrespondantes, il suffit de faire sécher les pâtes ci-dessus à l’ombre et à une douce chaleur. On préparerarement des cendres bleues en pierre de troisièmequalité.

CENDRES GRAVELÉES (voyez potasse).

CERUSE. BLANC DE PLOMB , BLANC D’aHGEXT,BLANC DE CLICllY, CAIiBONATK DE PLOMB (angl.white lead, ail. bleiweiss ). Ce sel est, sans contredit,la couleur la plus en usage dans la peinture; elle semede facilement à l’huile, la rend siccative, s’étendtrès bien sous le pinceau, et recouvre parfaitement lessurfaces qu’on veut enduire : on l'emploie soit seulecomme matière coloraute blanche, soit avec d’autres cou-leurs pour leur servir d’excipient ou leur donner ducorps.

Le carbonate de plomb est pulvérulent, blanc, inso-luble dans l’eau, un peu soluble dans l’acide carbo-nique.

Le carbonate neutre de plornb est formé de l’équi-valent de protoxyde de plomb P b O pesant 112, plus unéquivalent d’acide carbonique C0 2 =22. Ce carbonatepèse donc 134; il est souvent medé, dans la céruse ducommerce, de traces de sulfure do plomb, d’acétate tri-busique, et d’hydrate de protoxyde de plomb, dans desproportions variables, formant quelquefois 12 à 18 cen •tierces du poids total. La chaleur le décompose en acidecarbonique et en protoxyde de plomb ; chauffé long-temps, au contact de l’air, à la température de 120 à130° degrés centigr., il se convertit en minium trèsbeau; cette variété de minium est connue, dans lecommerce, sous le nom de mine-orange.

La Hollande a été longtemps en possession de four-nir exclusivement ce produit du commerce ; mais depuis\ ingt à vingt-cinq ans un grand nombre de fabriquesde céruse se sont successivement élevées en Angleterre,eu Allemagne, eu Belgique et en France .

Il existe divers procédés pour la fabrication de lacéruse ; néanmoins il n’y en a guère qu’un seul quisoit généralement mis en pratique; c’est le procédéhollandais.

On avait fortement préconisé un autre mode de fa-brication qui paraissait devoir offrir de grands avan-tages, c’est le procédé par précipitation ou de Clirhy ;mais malheureusement les produits qu’on obtenaitainsi ne réunissaient pas toutes les qualités qu’on exigedans une céruse de bonne qualité ; aussi a-t-il été pres-que partout abandonné.

En traitant de la fabrication de la céruse, nous nepouvons en disjoindre la question de salubrité, qui asi justement ému l’opinion publique. On sait en effetque les ouvriers qui fabriquent la céruse, et les pein-tres qui remploient, sont sujets à dés coliques satur-nines extrêmement graves, dont les effets se prolon-gent et sont parfois mortels. A ces points de vue,eomme à celui de la description des procédés employés,nous ne saurions mieux faire que de suivre le rapportfait à l’Iustitut par M. Combes.

Le procédé hollandais (nous dirons quelques motsen terminant du procédé de Clichy , sans importanceaujourd’hui) consiste à exposer des lames de plombaux réactions de l’air, de l’acide acétique, de la vapeurd’eau et de l’acide carbonique, qui, aidés par une tem-pérature de 30 à GO”, oxydent le métal et forment de

l’acétate neutre que les progrès de l’oxydation rendenttribasique. Celui-ci est alors décomposé par l’acidecarbonique, forme du carbonate de plomb, et est ra*mené à l’état d’acétate de plomb neutre, qui de nou-veau devient tribasique à mesure que le plomb s’oxyde.Les memes réactions, répétées un grand nombre dofois, produisent des quantités de céruse variables sui-vant les circonstances. Cette fabrication comprend lesopérations suivantes :

1° Fusion et coulage du plomb en lames plus oumoins épaisses, ou en grilles de forme rectangulaireallongée ;

2° Mise du plomb moulé en couches alternativesavec du fumier ou de la tannée. Le plomb est placé surdes pots, contenant de l’acide acétique faible. Il restedans les loges ainsi remplies pendant trente-cinq ouquarante jours quand on emploie du fumier, qui élèvela température et fournit de l’acide carbonique, etpendant soixante-dix à quatre-vingt-dix jours lorsqu’onfait usage de la tannée, qui ne fournit pas comme lofumier du gaz hydro-sulfurique;

3° On découvre successivement les lits de plomb, quiest passé en partie à l’état de carbonate, séparationde la céruse de plomb non attaquée qu’elle recouvre ;première pulvérisation et criblage de la céruse pour laséparer des lamelles de plomb :

4° Broyage à l’eau de la céruse sous des meules;

5° Moulagçetdessiccationde la céruse broyée à l’eau ;

6 Ü Pulvérisation et broyage ù sec des pains de cé-ruse; blutage, mise en barils de la céruse destinée àêtre vendue en poudre ;

7° Pour la céruse qui est vendue en pâte avec dol’huile, la poudre obtenue du broyage des pains estmêlée, sans tamisage préalable, avec 7 à 10 p. 100 deson poids d’huile. Le mélange est opéré en vases clospar un agitateur ; il est ensuite passé entre plusieurssystèmes de cylindres horizontaux en fonte. La pâte,devenue fine et homogène, est reçue dans une cuvecontenant de l’eau, d’où elle est retirée et mise en ba-rils pour la vente.

I. La fusion du plomb, même des résidus qui ontéchappé à l’action de l’acide carbonique, n’offre pasde danger sérieux, pourvu que la chaudière soit sur-montée d’une hotte communiquant à une cheminée quidétermine un appel convenable.

Le plomb est fondu en lames de 1 kil. environ ; ceslames ont 00 centimètres de longueur, 10 de largeur,et quelques millimètres d’épaisseur.

Dans une seule fabrique, celle de M. Besançon deParis , on fond le plomb en grilles, en le versant dansdes lingotières creusées de sillons qui se croisent àangle droit. On trouve ainsi l’avantage d’augmenterbeaucoup les surfaces exposées à l’action de l’acide.

II. Les couches ou fosses à fumier doivent être con-struites en maçonnerie, à 1 mètre en contre-bas dusol. Elles ont en général 4 mètres de long, 4 de largeet 6 de haut, c’est-à-dire une capacité de 90 mètrescubes. On met les uns sur les autres sept ou huitlits ainsi formés : sur un lit de 40 centimètres de fumieron place des pots nu nombre de 1,200; on verse danschaque pot un demi-litre de vinaigre (sauf 7 ou 8pots, 1 ou 2 au milieu, 4 ou 6 aux quatre coins, quisont remplis aux trois quarts de leur capacité). Onplace dans le pot une lame de plomb roulée sur elle-même; cette lame est supportée par deux mentonnetsménagés à l’intérieur du pot, ce qui l’empêche dotremper dans l’acide.

Les pots placés sont recouverts de plaques de plomb;au-dessus on place des latteaux en bois de 10 à 12 cen-timètres d’équarrissage, afin de maintenir un courantd’air, et on recouvre le tout par des planches sur les-quelles on construit une couche semblable à la pre-mière.