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CHAPEAUX.

CHAPEAUX.

jusqu'au tour, et expose la partie imprégnée iVapprêtà l’action de la vapeur d’eau développée au moyen d’as-persions sur un bassin de fer poli, recouvert d'unetoile et placé sur un fourneau. La vapeur fait pénétrerl’apprêt dans l’intérieur. On fait ensuite sécher à l’airlibre, elle travail est terminé.

Revenons avec quelques détails sur les opérationsde la chapellerie, en nous servant des renseignementsspéciaux que nous devons à l'obligeance d’un des fa-bricants les plus habiles de Paris .

Les poils employés le plus généralement en chapel-lerie sont le cn-tor, le rat musqué, le rat gondin, lelièvre, le lapin, le chameau, le cachemire, le poil deveau.

Le castor est lo poil le plus fin employé en chapelle-rie, il est aussi le plus cher; sa valeur est de 80 à•ISO fr. la livre anglaise qui équivaut à 14 onces ou434 gram. (il nous vient de Londres , qui le reçoit duCanada ). Les poils les plus estimés en castor sont ceuxdont le pied est argenté ou rosé très clair; la pointeest généralement foncée, mais au tondage elle tombeet laisse voir la nuance du pied. Quant à la prépara-tion que l’on fait subir au poil de castor, afin de pou-voir l’employer, elle consiste à le dégraisser complète-ment et h le soufHcr, c'est-à-dire qu’au moyen d’unventilateur on débarrasse le poil de tout le gros poildur ou jarre qui s’y trouve mêlé.

Le rat musqué est moins estimé et n’est pas si cherque le castor; son usage eu chapellerie est plus oumoins restreint selon que la mode en exige l'emploi ;H donne une teinte d’un bleu argenté. Le pied du poilest presque blanc et même tout à fait blanc dans lesqualités supérieures et la pointe bleutée. On coupe cettepointe lorsqu'on désire une nuance claire ; on la laisse,au contraire, lorsqu’on veut une nuance bleutée.

Le rat gondin est d’un usage encore moins répanduen chapellerie. Sa nuance est brune ; on n’en met guèreque dans les chapeaux raz de poil, afin de donner ouune nuance brune ou de la douceur au chapeau.

Nous n’avons pas parlé de la loutro ainsi que de quel-ques autres espèces de fourrures que la mode n’a pasfait encore employer en chapellerie, niaisqui pourraientl’être si elles étaient préparées pour cela. Au reste, tousles poils dont nous venons de donner le détail neconstituent pas le corps du chapeau, ils ne serventqu’en dorure , à former l’extérieur.

Le poil de lièvre nous vient de Saxo et de Russie ,en paquets pesant chacun 4 kilogramme. Ces paquetscontiennent une certaine quantité de peaux ou petitspaquets de poil, dans la position qu’ils avaient lors-qu’ils tenaient à la peau de l’animah Ces poils sontcoupés «à la main, par un ouvrier, lo plus près pos-sible du pied.

Avant de couper le poil, de le séparer de la peau del’animal, on le dégage de toute la poussière, qu’il peutcontenir, au moyen d’un carrelet, et en le baguettant;ensuite on coupe le jarre (poil raide et dur qui nepeut sc travailler) à la hauteur du poil; lorsque lespeaux sont ébarbées on les secrète par le moyen sui-vant :

Pour 7 parties de mercure on prend 25 partiesd’acide sulfurique ; on fait dissoudre à une chaleur con-venable, dans une cornue en verre, sur un feu ardent.Lorsque la fusion est opérée on ajoute une plus oumoins grande quantité d’eau, et avec une brosse onimbibe le poil à la moitié de sa longueur. On fait en-suite sécher les peaux dans une étuve, et lorsque lepoil est sec, on le coupe comme nous l’avons indiqué.

Le secrétage a pour but de provoquer dans un poilune torsion, une crispation qui le rend plus facile àfeutrer, et à faire qu’un entrelacement soit produit parle foulage. Sans cette opération il ne pourrait subir letravail de la chapellerie.

Ou range le poil par qualités, car tout cc qui faitpartie du dos de l’animal est plus fin, et tout cc quis’approche du ventre est plus commun.

Le prix d’un kilogramme de poil de lièvre varie de35 à 20 fr. selon les qualités. Le poil de lièvre de France est aussi employé en chapellerie, mais il est plus courtet est d’uu moins grand usage pour le chapeau ditflamand que pour les chapeaux gris raz d’été, ou ceuxqu’on teint en noir et qui imitent le drap.

. Le poil de lapin est aussi d’un très grand usage enchapellerie ; il se prépare de la même manière que lepoil de lièvre, et on est aussi obligé de le secréter pourreudre son travail facile.

Il y a plusieurs qualités de poil do lapin, selon lanuance du poil de l’animal.; les plus recherchéssont ceux de lapin blanc et j,aune; avec cos deuxnuances on fait divers chapeaux de fantaisie, blancset nankins. Il y a également une préférence accordéeau lapin de garenne, en ce que-le poil est plus fourniet foutre plus aisément; aussi en met-on toujours unecertaine quantité avec le lapin domestique afin d’aiderau travail de ce dernier.

Quant au poil de chameau, son usage est à peu prèsnul dans les villes qui fabriquent la chapellerie fine ;il n’y a que les petites localités qui font les chapeauxpour la campagne qui evnploycnt ce genre de poil ; ilen est de même des poils de veau.

Fabrication. Pour donner un aperçu de la manièrede fabriquer un chapeau, ainsi que des différentesmatières qui la composent, nous commençons, par logenre lo plus fin, les castors gris fabriqués avec despoils de castor appliqués sur une carcasse composéeavec des poils de lièvre et de lapin.

On fait avec un long archet appelé arçon le mé-lange des différents genres de poils qui composentla carcasse du castor. On bat le poil en faisantvibrer la corde de cct archet, le poil vole et se mêle.Lorsqu’on voit qu’il est assez battu, on partage entrois parties ce tas de poil; on fait voler le tiers dupoil de manière à former une figure conique appeléeen chapellerie une pièce, qui ressemble à la fig. 100;on prend ensuite le second tiers du poil ; on fait une

400. 401.

figure absolument semblable ; ensuite avec le der-nier tas de poil on forme une bande de cette forme(fig. 401) qui doit avoir un peu plus de la largeur dubas du cône. Elle sert à mettre en bas de ce cône, quidoit devenir le bord du chapeau et qui par conséquentdoit être beaucoup plus fort que le reste. Les piècesassemblées par l’ouvrier forment ce qu’on appelle lebastissage. Cebastissage doit être naturellement deux,trois et quatre fois plus grand que le chapeau, et c’cstlorsque îo bastissage est fini qu’on le foule, et qu’àforce de le rouler dans tous les sens en trempant dansl’eau bouillante étendue d’acide sulfurique, le feutragele réduit à la grandeur voulue. Quand la carcasse a lataille convenable, on lui applique un apprêt imper-méable et on la laisse sécher, puis on pose le castordessus ; ce castor a été au préalable arçonué et disposéen.feuilles, ayant aussi la forme conique do la carcasse;on les applique l’un sur l'autre parle moyen suivant:

On a un fourneau sur lequel est uno plaque enfonte; quelques fabricants employent une plaque encuivre chauffée par la vapeur. Sur cette plaque oninet une couverte qu’on imbibe d’eau acidulée; on posecette carcasse sur la couverte; on applique le castor