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CHAPEAUX.

CHAPEAUX.

pur cette carcasse, et en roulant et mouillant la couverteou force le castor à prendre pied dans la carcasse.Quand l’ouvrier voit que le castor est pris suffisam-ment il met quatre ou six de ees carcasses /qu’on ap-pelle en chapellerie des fonds) dans une grande cou-verture en laine, et pendant quatre ou six heures ilroule ces carcasses ou fonds dans cette couverte entrempant dans Veau bouillante acidulée. Lorsque l’ou-vrier juge que le travail est suffisant, c’est-à-dire quele poil de castor est adhérent au fond, il dresse cechapeau-castor sur un cône afin qu’il ne plisse pas.On fait sécher, et ensuite avec un peigne ou démê-loir, on peigne le poil, on le fait lever, et on le tondà la longueur que l’on désire. Ensuite le fouleur re-prend ces chapeaux, et d’une forme conique qu’ilsavaient il leur donne celle qu’on leur destine, c’est-à-direcylindrique et terminée par un fond plat. Il faut doncqu'il élargisse le sommet du cdne de manière à l’amenerà la largeur du volume de la forme à l’aide de partiescylindriques et de coins en bois, et ce qui déborde dela forme il le retrousse et en fait le bord.

Le genre le plus cher après le castor gris est le cas-tor brossé ou flamand. On prend pour ce genre dechapeau un mélange qui varie suivant l’idée du fabri-cant, et qui consiste en poil de lièvre de Saxe, delièvre de Russie et de liè\re de France . Le poil delièvre de Saxe est moins long que criai de Russie , ilforme donc la partie velue; le russe, qui est plus long,forme chaîne en même temps qu’il fournit son-poil,et le lièvre de France , qui est plus court, fait serrerle tissu. On bat bien ces trois sortes de poils, on lespartage en trois parts comme pour la fabrication dufond, on en fait un bastissnge et ensuite on le foule.La différence est pour ce genre de fabrication, qti’aprèsavoir donné une certaine force au feutre en le foulantlongtemps, on le brosse en tous sens. Cette brosseamène le poil qui doit faire le velu du chapeau, enmême temps quelle serre la chaîne. Après un travailqui dure de trois à quatre heures à la foule, l’ouvrierlaisse le castor brossé dans sa forme conique, le faitsécher, et ensuite tire au carrelet le poil qui est eattépar l’eau. Comme il y a une quantité de jarre ou poilgrossier, mêlé à celui qui sort du castor, qui ne prendpas la teinture, on le fait arracher par une ouvrièreéjarreuse. Lorsque l’éjarrage est fait, on refoule unpeu le chapeau, on lave bien le poil, on le brosse et onle dresse. Lorsque le chapeau est dressé on le fait sé-cher, on dégage de nouveau le poil avec un carrelet etensuite on l’apprête. Lorsque l’apprêt est sec on met lechapeau en teinture.

L’apprêt dans lequel la gomme laque entre pourune forte part est imperméable, s’amollit à l’eauchaude et redevient ferme en séchant.

Les autres genres de feutres sont les gris unis et lescasimirs ou chapeaux noirs imitant le drap. Leur com-position varie suivant la nuance qu’on veut obtenirpour les gris : ainsi le poil de lapin s’emploie pour legris; celui de lièvre, plus clair, s’emploie pour lesqualités fines et de nuances tendres ; celui de lapinblanc pour les chapeaux blancs.

Le mérite de l’ouvrier chapelier consiste donc dansla manière habile dont il forme les pièces qui compo-sent le chapeau et les dimensions du bastissage, quivarient suivant le genre de matières qu’il a à travailler,et le genre de forme auquel on destine le chapeauqu’il fait. Le mérite du fabricant consiste dans le mé-lange des matière-. Il doit avoir soin de ne mettre en-semble que des matières qui soutiennent le mêmetravail.

On a importé depuis quelque temps à Paris une ma-chine très remarquable inventée en Amérique , quiforme le bastissage d’une seule pièce. Par le moyend’uu couvant d’air, le poil se trouve, chassé sur un

cylindre creux sous lequel l’air aspiré; le poîl seprécipite donc sur ce cylindre qui tourne lui-même etse revêt dans toutes scs parties du poil qui doit for-mer le chapeau. Cette machine réduit la main-d’œuvrede moitié ou d’un tiers selon le genre de chapeau, etfera un jour une révolution complète dans la chapel-lerie.

chapeaux de soie. Nous avons encore à mention-ner la fabrication du chapeau de soie, qui donne lieu àune production deux fois plus importante que celledu feutre.

Les chapeaux de soie sont formés de carcasses ougalettes trempées dans l’apprêt imperméable, faîtes enpoil de lapin et une petite quantité de coton. On lesarçonne, les bastit et les foule d’après les memes prin-cip s que les autres chapeaux. Lorsque la carcasse estfaite on la trempe dans l’apprêt imperméable, onlui donne la forme que doit avoir le chapeau de soie,et ensuite on fait sécher cette galette sur forme. Onla lisse avec un fer presque rouge, afin de griller lespoils qui se lèvent, et afin d’en faire une surface unie.Quand la galette est lissée, on y met une touche decolle de peau qu’on fait sécher ; par-dessus on remetune couche de vernis qu’on fait sécher également.On prend alors une coiffe de peluche qui est cousuosuivantune ligne oblique, on colle cette peluche, on lapasse au fer, on la mouille, on la repasse plusieursfois, et lorsque le chapeau a le brillant suffisant on lemet en tournure et on le garnit. Les fabricants font cetravail eux-mêmes pour l’exportation. Les chapeliers deprovince et de Paris les prennent sans garnitures etleur donnent la forme qui convient à lii i% sionomiede l’acheteur.

Parlons encore d’une industrie qui n’est pas sansimportance à Paris ; nous voulons parler de celle deschapeaux refaits. Ce sont les vieux chapeaux que lesmarchands d’habits ramassent et revendent à des fa-bricants spéciaux qui enlèvent la peluche de la car-casse, la dégraissent, mettent la carcasse sur des formesde mode, remettent des peluches neuves, et livrent aucommerce des chapeaux qui ont belle apparence, maisqui au bout do peu de temps rougissent. Malgré cetinconvénient, il s’en fait une quantité assez considé-rable pour occuper près de la moitié des ouvriers cha-peliers.

Nous donnerons en terminant la machine qui sert àlisser les chapeaux. Bien que la machine générale-ment employée dans les ateliers parisiens se borne leplus souvent à la disposition de la partie gauche de lafig. 411, au mouvement d’un axe horizontal sur le-quel s’adapte lé chapeau, il n’est pas sans intérêt dovoir la figure de cette machine comprenant les dispo-sitions additionnelles à l’aide desquelles on a essayé dela compléter.

La fig. 411 est une élévation de cette machine. Troissystèmes A, B, C, mus par l’arbre a a servent à re-passer les diverses parties du chapeau. A et B quiservent pour le fond et la partie cylindrique font vingtrévolutions par minute, C employé pour les bords n’eufait que dix. Les formes se composent de plusieurspièces rondes extérieurement, et réunies par une clef(fig. 412). Les fig. 413 et 414 montrent les formesque l’on monte en B pour repasser les bords.

chapeaux MECANIQUES. Depuis quelques annéesune fabrication nouvelle est venue prendre place dansla chapellerie parisienne , et a pris un moment des: développements de quelque importance; nous voulonsparler des chapeaux mécaniques ou chapeaux pliants,qui offrent l’avantage de ne tenir que fort peu deplace lorsqu’ils sont fermés, lorsque le fond vient s’ap-pliquer sur les bords. Cet avantage a fait rechercherces chapeaux pour les voyages et pour les réunionsnombreuses, et si l’aspect peu agréable de ces chapeaux