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CHARRUE.

CHARRUE.

Les charrues à avant-train prennent plus d’cntrure àmesure qu’on abaisse l’age sur la sellette. Les arairespiquent d’autant moins qu’on abaisse le point de tirage.Elles ouvrent une raie plus large lorsqu’on porte cepoint vers la droite, moins large lorsqu’on le dirige versla gauche.

Le manche. — Un seul manche peut suflire pour laconduite d’une charrue, et dans beaucoup d’araires onse borne à un manche. Cependant on ne peut discon-venir que dans un grand nombre de cas, et notammentpour faciliter la direction de l'instrument, l’additiond’un second manche est d’un grand secours. Il se fixegénéralement à l’extrémité postérieure de la charrue.

Avant de décrire les deux charrues qui nous semblentrésumer tous les perfectionnements apportés, depuislongues années, dans la construction des charrues, sa-voir : l’araire de M. de Dombasle et la charrue Grange,disons quelques mots des résistances qu’oppose la terreà l’action de l’instrument et de la force de traction.

M. Mathieu de Dombasle compare l’action du soc dela charrue à celle de deux coins agissant, l’un commecoin antérieur horizontalement, l’autre comme coin pos-térieur et verticalement. Le premier est représenté parla partie tranchante du soc qui agît obliquement, aulieu d’être placé perpendiculairement à la ligne de di-rection de la charrue. Cette obliquité a pour but de luifaire vaincre plus facilement les obstacles qu’il ren-contre. Le second, formé par la face gauche du corpsde la charrue, a son tranchant placé dans un plan ver-tical à la gorge de la charrue. Dans les charrues les plusparfaites, on a remplacé par une surface courbe la facesupérieure du coin antérieur et la face droite du coinpostérieur, afin d'amener avec le moins de résistancepossible la bande de terre do l’extrémité antérieure dei’uu à l’extrémité postérieure de l’autre.

La puissance motrice, pour produire le plus grandeffet possible, doit être appliquée dans la direction de laligne de résistance; or, dans le coin que nous avonssupposé, la ligne do résistance est, dans le plan de laface du coin, parallèle à la ligne de mouvement et pas-sant par son tranchant ; par conséquent la ligne de ré-sistance, ou coin antérieur, est une ligne droite placéeau fond du sillon, dans le milieu de sa largeur, et pa-rallèle à sa direction; celle du coin postérieur est aus»iune ligne droite placée sur la surface gauche du corpsde la charrue, à moitié de la profondeur du sillon, etparallèle à sa direction. Le plan qui passe par ces deuxlignes contient leur résultante , située à égale distancede chacune d’elles, et le point oii cette résultante ren-contre la surface du soc ou du versoir est le point oùest accumulée la résistance ou le centre de résistance.C’est donc en ce point que devrait être fixée la puissancemotrice qui, de plus, pour produire le plus grand effetpossible, devrait agir dans le prolongement de la lignede résistance, et parallèlement à la surface du sol. Il nepeut malheureusement pas, en pratique, eu être ainsi.Le tirage a toujours lieu dans une direction oblique parrapport à la ligne de résistance, et tous les efforts desconstructeurs de charrue doivent tendre à rendre l’angleque fait la ligne de traction avec la ligne de résistancele plus aigu possible. On va comprendre que dans lesaraires on atteint facilement ce but, tandis qu’il n’euest pas de même dans les charrues à avant-train, dontle plus haut degré de perfection est de se rapprocher desaraires, quant à la puissance de traction.

Lorsque le mouvement se transmet de la puissance àla résistance, au moyen d’un corps inflexible, cette trans-mission se fait toujours suivant une ligne droite tiréed’un point à l’autre, quelque soit d’ailleurs la forme ducorps intermédiaire. Si, à ce corps inflexible, on ajouteun corps flexible, tel qu’une corde, une chaîne, les troispoints de résistance, d’attache et de puissance tendenttou jours à se placer en ligue droite, et quand cet effort

sera obtenu, la traction aura encore lieu comme si lapuissance agissait directement au point de résistance.Remarquons que, dans les deux cas précédents, il y aune décomposition de force, et que, comme nous le di-sions plus haut, l’effet utile sera d’autant plus grandque la ligne de traction se rapprochera plus de l’hori-zontale, ou mieux de la surface du sol, autrement ditque l’angle de cette ligne avec la ligne de résistancesera plus aigu. Mais si la puissance, en formant avecla surface du sol un angle aigu, en forme un autre nupoint d’attache avec le corps inflexible, il s’opère en cepoint une nouvelle décomposition de force, puisque cestrois points, puissance, attache et résistance, tendent toujours à se mettre en ligne droite; la perte de force serad’autant plus grande que ce second angle sera plus aigu ;elle atteindra son minimum pour un angle très obtus,et deviendra nulle si les trois points se remettent enligne droite.

M. de Dombasle a déduit de ces théorèmes les pro-positions suivantes : Dans les araires, si aucune puis-sance n’agit sur le manche, les trois points sont toujoursen ligne droite, et la perte de force sera mesurée parl’angle aigu formé par les deux lignes de puissance etde résistance. La même chose arrive, dans la charrue àavant-train, si les trois points sont en ligne droite, c’est-à-dire, si le point d’attaclie se trouve précisément dansla ligne tirée de l’épaule des chevaux au point de résistance. Mais si le point d’attache est placé au-dessus decette ligne, il s’opérera une nouvelle décomposition deforce en ce point, et une partie de la force du tiragesera employée à exercer, sur l’avant-train, une pressionverticale. Si le point d’attache était au-dessous de cetteligne, la décomposition aurait lieu en sens inverse, etl’avant-train serait soulevé.

Des araires. —I/arairc, ou charrue simple, exigedans la construction la plus grande régularité, puisque,lorsqu’elle opère dans un sillon, l’action du laboureurdoit se réduire à bien établir sa direction, vu que,n’ayant aucun point d’appui à la partie antérieure del’age, le plus léger changement dans le placement ducoutrc, ou dans l’attache des traits, rend sa marcheirrégulière et quelquefois impossible. « Toutefois, ditM. Molard, une bonne araire entre les mains d’un la-boureur intelligent et habitué à la diriger, est préférableà la plupart des charrues à avant-train. A l’aide d’uneforce moindre, elle accomplit autant de travail; elle la-boure aussi bien et elle occasionne moins de fatigue àl’homme chargé de régler sa marche et aux animauxdestinés à la mouvoir. » Cependant, sur beaucoup depoints du territoire, on répudie encore l’araire, parceque, nous le croyons du moins, sa conduite exige à lafois plus de soin, d’attention et d’intelligence de la partdu laboureur que la charrue à avant-train. D’ailleurs,pour certains travaux, il est très difficile de se passerde l’avant-train, et les partisans impartiaux de l’arairereconnaissent que, pour les labours peu profonds de dé-chaumage, ou pour les terrains tenaces et humides, l’avant-train donne à la charrue une stabilité et une régularité qu’elle n’aurait pas sans cela.

L’araire la plus perfectionnée et la plus répandue enFrance est, sans contredit, l’araire de M. de Dombasle(fig. 416 . A, soc de forme triangulaire qui peut prendrede "24 à 27 centimètres de largeur de raie, et environ30 centimètres d’entrure dans les charrues de moyennegrandeur. Il est fixé au versoir par un lien de fer solideet à la semelle par un boulon. Il peut être construit enfonte, en fer forgé ou en acier; B, coutre presque ver-tical, placé en arrière de la pointe du soc, à une certainedistance de la gorge de la charrue, et fixé par une visde pression sur le coté gauche de l’age, dans une coute-lière où il peut se mouvoir: C, sep en fonte avec sontalon C’. D, versoir en fonte coulée et dans quelquescas particuliers en bois, court et très contourné. E. L.