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CHAUDIERE A VAl’EUU.

CHAUDIERE A VAPEUR.

elle n’est plus que les 0,30 de la ténacité à zéro. Il yaura donc danger d’explosion toutes les fois qu’une par-tie des parois d’une chaudière pourra être portée aurouge, ce qui arrivera toutes les fois que l’extérieur étanten contact avec la flamme, l’iutérieur le sera avec de lavapeur seulement, par suite d’une alimentation d’eauinsuffisante ou d’une mauvaise forme de chaudière. Sialors, par suite de la tension qu’acquiert la vapeur, unesoupape vient à s’ouvrir, l’eau de la chaudière éprouvevin bouillonnement et est projetée sur les parois rou-gies, ce qui peut donner lieu à un dégagement subit ettrop considérable de vapeur, qui ne pouvant sortir im-médiatement par les soupapes de sûreté, quelles quesoient leurs dimensions, détermine un excès de pres-sion qui fait rompre la chaudière dans les points portésau rouge où la ténacité est considérablement diminuée.D’ailleurs il est à remarquer qu’il ne sort pas seulementde la vapeur par la soupape, il y a en meme temps unetrès grande proportion d’eau, entraînée à l’état vésicu-laire, qui emporte beaucoup moins de chaleur que lavapeur. L’expérience montre que le manomètre montelorsque l’on ouvre la soupape, et même il y a d’autantplus de chances d’explosion, dans le cas précité, que lessoupapes sont plus grandes. Ces phénomènes sont fa-ciles à expliquer : la température intérieure étant supé-rieure à 1 0U U et la pression de plusieurs atmosphères,lorsqu’une soupape vient à s’ouvrir, la pression diminued’abord subitement, et une grande partie de l’eau seréduit par suite instantanément en vapeur, tandis quela force vive qu’ucquiert par cela même l’eau qui nes’est pas vaporisée peut être suffisante pour rompre lachaudière, si l’espace intérieur est assez considérable.Si par suite de l’emploi d’eaux corrosives, ou toute autrecause, la ténacité des parois n’offre plus en certainspoints une résistance convenable, et qu’il se forme unefente ou issue à la vapeur, dans une chaudière à hautepression, il s’ensuivra une explosion par suite de la-quelle les parties de la chaudière pourront être projetéesà des distances considérables, comme cela est arrivé àAvrillé, près d’Angers , le 27 avril 1839.

La formation de dépôts terreux adhérents aux chau-dières est aussi une cause d’explosion ; on conçoit eneffet que lorsque ces dépôts ont acquis une certaineépaisseur, la tôle qu’ils recouvrent peut rougir, et parsuite faire fendiller ces dépôts et mettre en contact avecl’eau, des parois métalliques portées au rouge.

Enfin, on conçoit qu’une surcharge des soupapes desûreté, ou une mauvaise construction des chaudièrespuisse donner également lieu à des explosions. Il estrare cependant, dans ce dernier cas, que l’épreuve à lapompe de pression exigée par les règlements ne fassepas découvrir les vices de construction.

Nous terminerons enfin cet article par quelques règlesgénérâtes que l'on doit suivre dans l'installation des chau-dières à tapeur et la conduite du feu.

On doit toujours disposer les chaudières eu égard aulocal dont on dispose, de manière à ce qu’elles offrentle moins d’inconvénients possible pour le voisinage.Comme en cas d’explosion, c’est ordinairement dans ladirection de l’axe de la chaudière que les fragments sontlancés avec le plus de violence par l’action de la vapeur,on doit, autant que faire se peut, disposer cet axe pa-rallèlement aux murs des habitations ou à la voie pu-blique.

La hauteur minimum des cheminées de chaudières àvapeur est déterminée dans les villes, d’après les loca-lités, de manière à atténuer autant que possible les in-convénients de la fumée pour le voisinage. Touteschoses égales d’ailleurs, il vaut mieux augmenter lasection des cheminées que leur hauteur, tant sous lerapport économique que sous celui du tirage. Les che-minées en tôle, quoique beaucoup moins coûteuses àétablir que celles en briques, s’usent très rapidement et

sont quelquefois emportées par les coups de vent ? endéfinitive, leur emploi n’est pas à recommander.

On donne ordinairement aux cheminées une sectionégale à la somme des vides qui existent entre les bar-reaux de la grille, et qui forment environ le tiers de lasurface totale de celle-ci. La section totale de la chemi-née est ordinairement 1/25 à 1/30 et la surface totalede la grille 1/8 à I /10 de la surface de chauffe de lachaudière.

Lorsqu’au lieu de houille grasse pour alimenter lefeu, on emploie des houilles sèches, de l’anthracite, delàtourbe ou du bois, on augmente l'épaisseur de la couchede combustible chargé sur la grille, et on place celle-cià une plus grande distance, en contre-bas de la chau-dière ; on diminue en même temps de I /3 l’espacementdes barreaux.

Lors de la mise en feu, le chauffeur commencerapar ouvrir le registre de la cheminée ; il ouvrira ensuiteles portes du foyer, tisera, découvrira le feu, et chargeradu combustible frais sur la grille. Le feu doit être con-duit d’une manière égale, afin d’éviter une augmenta-tion de chaleur trop brusque, ou un refroidissementtrop rapide. Dans l’un et l’autre cas, les parties de lachaudière exposées à l’action du feu éprouveraient desdilatations inégales, qui pourraient occasionner des dé-chirures ou des fuites d’eau entre les feuilles de tôle as-semblées par des rivets. La mise en feu ne doit donc pasêtre poussée avec trop de rapidité, surtout quand lefoyer a été tout à fait refroidi. Quand le feu est ar-rivé au degré d’activité convenable, on doit charger lecombustible sur la grille à des intervalles réguliers etpar quantités à peu près égales.

Si la chaudière, par suite d’une interruption momen-tanée du travail ou de toute autre cause, doit cesser defournir de la vapeur, le chauffeur fermera d’abord leregistre de la cheminée, et ouvrira immédiatementaprès les portes du foyer. Si l’interruption se prolonge,il devra, en outre, retirer le combustible de dessous lagrille. Si, malgré ces précautions, la tension de la va-peur augmente au point de faire lever les soupapes desûreté, il soulèvera un peu l’une d’elles, et la maintien-dra dans cette position pour donner à la vapeur mielibre issue, jusqu’à ce que le mercure soit descendudans le manomètre, au-dessous du niveau où il se tienthabituellement. Un chauffeur qui, dans ces circonstan-ces, calerait ou surchargerait les soupapes pour les em-pêcher de s’ouvrir, exposerait la chaudière à une explo-sion, dont il en serait la première victime, comme on ena eu plusieurs exemples.

Lorsque l’heure approche où le jeu de la machinedoit être définitivement suspendu, le chauffeur dimi-nuera d’avance les charges de combustible, de façon àmaintenir seulement la vapeur au degré de tensionstrictement nécessaire, et à atteindre la fin de la jour-née avec une petite quantité de combustible sur lagrille. Au moment de la suspension du travail, il cou-vrira les derniers restes du combustible avec des cen-dres, fermera ensuite le registre de la cheminée et lesportes du foyer, et ne quittera la chaudière qu’aprèss’être assuré que la pression de la vapeur amenée par lemanomètre continue a diminuer.

Comme il est de la plus haute importance que le ni-veau de l’eau soit maintenu, dans la chaudière à unehauteur à peu près constante, et toujours supérieure auxconduits ou carneaux de la flamme et de la fumée, lechauffeur devra examiner très fréquemment les indica-teurs du niveau de l’eau, s’assurer de leur bon état,et régler, d’après leurs indications, le jeu de l’appareilalimentaire. Un dérangement qui serait survenu danscet appareil se manifestera aux yeux d’un chauffeur at-tentif, bien avant qu’il ait pu donner lieu à un accident.Ce dérangement reconnu, le chauffeur doit remetnel’appareil en ordre, en arrêtant, au besoin, le jeu de la