CHAUFFAGE.
CHAUFFAGE.
dans les planchers et dans les murs, ce qui n'est sou-* eut praticable qu’au moment de lu construction des bâ-timents.
De nombreuses difficultés de distribution rendent,avec l*air chaud, presque impossible aussi, un bon, égalet simultané chauffage de plusieurs étages, et encoreplus, de plusieurs corps de bâtiments.
Ce procédé fournit surtout ui: air souvent altéré parson passage sur la fonte chauffée au rouge, ou au moinsdoué par son élévation de température d’une telle puis-sance d’absorption pour l’eau, si on n’a pas pris la pré-caution de lui en donner artificiellement, qu’il affectepéniblement les organes.
Le chauffage à la vapeur, rapide dans son action, régléà volonté par le jeu d’un robinet, puissant, commemoyen de distribution sur tous les points les plus éloi-gnés d’un cercle de 6 à 800 mètres, et ralenti ou activépartout suivant les besoins, loge ses petits tuyaux dansles plus petits passages, et transmet en un temps donné,par sa vitesse immense, des quantités de chaleur plusgrandes que tout autre procédé. Mais il a le défaut dene pouvoir pas se modérer comme le chauffage à circu-lation, en raison de faibles besoins extérieurs, d’exigertoujours un chauffage maximum, et de se refroidir aussiinstantanément que la vapeur se condense.
Le chauffage à circulation, doué au plus haut degrédes qualités de modération et de lent refroidissement,qui manquent au chauffage à vapeur, simple d’installa-tion et de conduite, et distribuant sur 100 ou 150 mètresde longueur la chaleur qu’on lui confie, en quantitésparfaitement égales, a le défaut grave «le lier entre euxune partie des appareils installés, sans en permettre lefonctionnement isolé, d’exiger ainsi une multiplicationfâcheuse de foyers pour échauffer des grands établisse-ments à plusieurs ailes et à plusieurs étages, et de de-mander de gros tuyaux qui passentdifficilement dans lesmurs, menaçant en même temps l’établissement d’inon-dations subites, comme cela est arrivé au marché de Co-vent-Garden, à Londres , ou bien si l’on veut éviter cesgros tuyaux, il réclame forcément l’emploi des hautespressions, qui ajoutées à la réunion des appareils super-posés, et à la grande hauteur de charge qui pèse sur legénérateur, laissent toujours peser sur lui une craintefondée de rupture, d’explosion ou d’inondation.
Enfin la circulation de l’eau chauffée par la vapeurréunit, comme nous l’avons dit, presque tous les avan-tages des antres systèmes, sans en avoir les inconvé-nients, et se prête à des distributions d’appareils qu’aucunautre procédé ne peut donner: puissance de distributioncentrale, isolement des appareils, comme la vapeur, tra-vail gradué à volonté, et refroidissement lent et suc-cessif comme la circulation d’eau, sans exiger de plusgrandes dépenses d’installation.
Ces éléments donnés, et lorsqu’une question impor-tante so présente, l’ingénieur doit, avant tout choix deprocédé, se rendre un compte bien net des bases duproblème, des conditions imposées, soit par la naturede l’établissement, soit par les nécessités du service, soitpar les intentions de l’administration, ou même par lesdispositions locales, si elles sont arrêtées quelquefois,même exécutées d’avance, enfin du but à atteindre, caril faut que ce chauffage se plie aux besoins du service,et non pas le service aux besoins du chauffage.
De ce travail préliminaire, s’il est bien fait, découlenaturellement le choix du procédé, car il y en a toujoursun qui répond mieux que tous les autres à ces besoins.
Les conditions à remplir pour une prison ne sont pasévidemment les mêmes que pour une église, une biblio-thèque, un collège ou un hôpital ; c’est de ces bases quedoit sortir d’un seul jet l’ensemble du système de chauf-fage dans la tête de l’ingénieur, et nous ne saurionstrop insister sur la nécessité de concevoir dans son en-semble ce système, en laissant seulement les détails à
l’étude lente et laborieuse du cabinet. En effet, le sys-tème simple et complet qui sortira seul de la position duproblème, se prêtera toujours sans peine aux bonnes dis-positions, et satisfera à toutes les exigences.
Le plan général arrêté, vient l’étude des détails avecles lois mathématiques du calcul pour point de départinvariable, en les contrôlant et les continuant par lesrésultats de l'expérience, et c’est ici, dans la fixation dosdispositions d’exécution si variées, dans la manière deployer les appareils aux localités sans nuire à leur bontravail, dans la combinaison si difficile des formes etdu fond, c’est ici que toute la science, toute la puissanced’intelligence et d’imagination et la hardiesse pré-voyante de l’ingénieur trouvent un large développementet les plus belles applications.
Puis enfin, quand il arrive à l’exécution , toutes lesressources de la pratique des ateliers doivent lui servirde guide constant, car rien ne serait fait si un grandappareil, en même temps qu’il est simple et large dansla conception du système, profondément étudié dans sesdétails, n’était pas parfait dans son exécution. Un bonappareil de chauffage ne peut sortir que des meilleursateliers.
Nous n’avons pas à tracer ici les règles particulièresde chauffage pour chaque genre d’édifice, nous ne pou-vons que poser des conseils généraux , sans aborder ladescription de l’édifice entier chauffé et ventilé, commenous pourrons le faire à l’article ventilation desédifices publics, car le chauffage ne se peut jamaisséparer de la ventilation, et il n’y a pas de bons appa-reils de chauffage s’ils ne satisfont pas à cette doublecondition.
Outre les conditions générales de placer les appareilsproducteurs de chaleur sur des points à proximité, eten même temps isolés des salles à chauffer, pour que leservice du combustible et des ouvriers soit hors de laportée de ces salles, de les installer, par exemple, dansles caves avec des entrées indépendantes ;
Outre les mesures de sûreté à prendre, soit pour seconformer aux ordonnances ministérielles, soit pourdonner pleine sécurité à toutes les craintes;
Outre les précautions de doublement de chaudièreset de pièces de rechange, ordinairement prises contretout accident:
Outre le soin de disposer les appareils, de manière àpouvoir être tous visités et démontés au besoin sans dé-molition ni difficultés ;
Outre les précautions à prendre contre les pertes inu-tiles de chaleur, les fuites, etc.;
Outre les diverses mesures à adopter dans tous lesappareils, il y en a de particulières à chaque localité«à chauffer, et que l’expérience ou l'intelligence etl’étude des bons modèles apprendront bien vite.
Ainsi, dans un hôpital, il faut porter la chaleur dansles salles mêmes occupées par les malades, et y installerdes poêles assez multipliés, et distribués dans toute lalongueur et au centre de la salle et des lits, afin queles convalescents ou les malades, qui se trouvent de-bout , puissent s’asseoir à l’entour, et se chauffer lespieds; il faut que ces poêles soient disposés à leurpartie supérieure pour tenir chauds les tisanes et lesmets, et donner au besoin l’eau chaude nécessaire auservice.
Il faut surtout que ces appareils versent en mêmetemps, dans la salle chauffée à un degré modéré, toutl’air nécessaire à sa ventilation, à raison de 6à8 mètrescubes par heure et par lit ; un puissant appel sera établipour les lieux d’aisances placés ordinairement près dessalles.
On peut donner avec avantage à une partie des appa-reils, surtout dans les salles de femmes, la forme dechaufferettes,
Si l’on organise un promenoir, on aura soin de pla-