CHAUFFAGE.
CHAUFFAGE.
ccr dans le sol une série de plaques de fonte chauffées,soit à l’eau chaude, soit par la fumée des appareils me-mes ou d’un four à coke. Tous les corridors et escaliersseront chauffés de meme, et une partie du service de lacuisine, des bains et de la buanderie pourra peut-être secombiner avec l’appareil do chauffage.
Dans une bibliothèque publique la chaleur pourra en-core être portée directement, soit dans les salles de lec-ture, sous forme de tuyaux de fonte logés dans leschaufferettes sous les tables pour recevoir les pieds deslecteurs et des bibliothécaires, comme nous l’avons faità la Bibliothèque de l'Institut, voir lig. 477, soit sousforme de poêles qui serviront de décorations et suppor-teront des statues ou des objets d’art. Une ventilationtrès modérée, et destinée seulement à enlever toute hu-midité de la salle sera nécessaire.
Dans une prison cellulaire, comme on les construitaujourd’hui, les.appareils doivent, au contraire, être pla-cés hors de la portée des détenus, auxquels ils serviraientà l’instant de moyen de communication. Amener les ap-pareils le plus près des cellules sans les y faire pénétrer,les fractionner par étage et par cellule, de manière ânepas être forcé de chauffer un aile entière pour un petitnombre de cellules occupées ; répartir la chaleur avecune parfaite égalité entre toutes les cellules; joindre àFaction de ces appareils une puissante ventilation, seulegarantie donnée h la salubrité des cellules ; tel est le butque nous avons cherché à atteindre dans les dispositionsadoptées pour la nouvelle Force, et que nous avons déjàbrièvement décrites.
Dans un hôtel particulier la pensée de la décorationdoit présider à tout le système. Il faut là cacher dansles murs ou sous les planchers les appareils qui sont ra-rement beaux à voir; s’en servir pour verser dans lessalons et chambres, l’air chaud nécessaire pour leurfournir toute la chaleur dont elles ont besoin, et poursatisfaire au tirage des cheminées ouvertes ; enfin nemontrer les appareils que dans les vestibules, escaliers,corridors et salles à manger, où ils se placent très bien.
Telles sont les idées principales qui s’appliquent àtous les édifices publics dont nous avons parlé. Il leurfaut la circulation d’eau simple, s’ils 11 e sont pas consi-dérables et que l’on puisse leur donner sans inconvénientune seule série d’appareils, et la circulation par la va-peur, dans tous les autres cas.
On applique le chauffage par calorifère aux maisonsd’habitation, où on ne voudrait pas dépenser ce qui se-rait nécessaire pour établir des circulations d’eau, carcelle-ci, comme perfection de distribution, est bien su-périeure.
On sait en effet les difficultés infinies que l’on rencon-tre pour chauffer, par un calorifère, une maison entière,comme celles de Paris , par exemple, à cinq ou six étageset à plusieurs ailes, de manière à obtenir le chauffageen commun, que beaucoup de propriétaires veulent au-jourd’hui fournir à leurs locataires. Eli bien, avec lacirculation par la vapeur, on aurait, il est vrai, plus dedépenses d’établissement ; mais aussi quelle perfectionde service et de régularité, au moyen de poêles d’eauisolés, munis de serpentins chauffeurs, où même avec lacirculation à haute pression de Perkins
Quant aux ateliers et bureaux des usines, ils se chauf-fent presque toujours par des tuyaux dans lesquels onenvoie de la vapeur, et le plus souvent la vapeur perduedes machines à vapeur employées dans l’établissement.La première condition d’une bonne distribution de va-peur partant d’une machine entre diverses séries detuyaux de chauffage, c’est un grand récipient en tôlebien solide pour résister aux impulsions données par ledégagement de la vapeur, à chaque coup de piston; ré-cipient nécessaire pour égaliser le passage dans tous lestuyaux à la fois. De ce récipient partent tous les tuyauxde chauffage, réglés entre eux ou interceptés par de
grandes valves avec des boîtes à étoupes. U 11 tuyau serta conduire au dehors la vapeur, quand on ne veut paschauffer les appareils. A lu suite d’un récipient sembla-ble, on peut, sans difficulté, placer '150 mètres detuyaux de chauffage continus, pourvu qu ! ils aient ungrand diamètre de 0,13 à 0,15, où à 0,20 environ; onpeut les intercepter par des poêles à vapeur, et enfinverser l’excédant de vapeur au dehors. L’on donne,bien entendu, des pentes pour écouler les eaux dans lesens du mouvement de la vapeur.
Nous avons monté un appareil de ce genre dans labelle fabrique de caoutchouc de MM. Rattier et Guihalaux Thcrnes, où la vapeur d’une machine de 25 che-vaux est complètement utilisée, au chauffage d'immen-ses ateliers et d’une étuve.
Chauffage des serres. Il serait facile de donner ainsiles dispositions générales de chaque grand système d’éta-blissement; nous en laissons le soin aux traités spéciaux;mais un article comme celui-ci ne serait pas completsi nous ne parlions pas du chauffage des serres. Cesappareils tout particuliers sont d’une application de tousles jours, et ne se déduisent pas directement des règlesposées plus haut.
Il faut au chauffage d’une serre les conditions sui-vantes :
Une parfaite égalité de température sur toute sa lon-gueur, un chauffage doux ou puissant à volonté, poursuffire à tous les degrés de froid de l’hiver.
U 11 procédé avec lequel l’air de la serre ne soit jamaisassez, chauffé pour absorber avidement l'humidité desplantes, ce qui a lieu souvent avec un calorifère, oii l'airà injecter dans les serres peut être élevé à 50 ou GU"etdevcnir ainsi mortel aux plantes. Il faut une puissanced’appareils assez, grande pour compenser pendant lesplus grands froids le refroidissement d’une énorme sur-face de vitrage. Enfin un chauffage rapide pour faireface à des nécessités imprévues, et ensuite un refroidis-sement lent et régulier.
Il faut le dire, un seul procédé de chauffage répondà tous ces besoins, c’est la circulation d'eau. En effet,on a essayé au Jardin des Plantes d’Orléans de chnuffer les serres par un calorifère qui y verse de l’air préa-lablement chauffé sur des pièces de fonte, élevées à latempérature rouge, et où des précautions sont prisespour saturer cet air d'humidité, en y injectant de la va-peur d’eau, mais il est arrivé là, comme il était déjàarrivé dans de grandes serres chauffées à Paris par lemême moyen, que la négligence d’un jardinier, qui a\ aitlaissé l’appareil sans eau, a amené de désastreusespertes de plantes desséchées et asphyxiées par l’airchaud.
Avec la circulation d’eau, les tuyaux chauffés mêmeà 80", mais placés au milieu de la serre, ne peuvent pasélever l’air au-dessus de 15 ou 20", et le bassin toujoursplacé dans la serre, et même de l’eau mise en vapeur surles appareils de circulation, donnent à cet air le degréd’humidité que réclament beaucoup de plantes.
La presque totalité de la surface extérieure d’uneserre est en vitrage, les pertes de chaleur par les murssont relativement peu importantes ; elles doivent entrercependant dans le calcul rigoureux d’un appareil deserre, mais avec les méthodes pratiques que nous don-nons ici, on se contentera sous notre climat, pour pro-portionner les appareils d’une serre à ses besoins, docompter un mètre carré de surface de tuyaux de circulation pour cinq mètres carrés de vitrage, recouvert dupaillassons pendant les plus grands froids, et une chau-dière de 1 /G environ de la capacité totale des tuyaux.Avec ces proportions d’appareils, on peut maintenir uneserre à 30 ou 32" au-dessus de la température extérieuredans les plus grands froids.
Les tuyaux sont en fonte ou en cuivre ; ceux decuivre se font avec un grand succès brasés sur la Ion -