CHÈVIîK.
CHLORATES.
]i est aussi une disposition que nous avons vu appli-quer avec avantage dans l’artillerie, et qui est due à uncapitaine d’ouvriers d'artillerie nommé M. Laurent,et qui a été imitée par plusieurs entrepreneurs de la ca-pitale. Elle consiste à munir l’extrémité du treuil d’uneespèce de roue brochet (fig. 2), et a monter sur l’axe unlevier tournant librement sur lui, à l’extrémité duquelest articulée une es-pèce de dent terminéepar un long le\ier enfer, ou par une boîtedans laquelle s’engagel’extrémité d’un levieren bois. En soulevantl’extrémité de ce le-vier le rochet avancede deux ou trois dents ;en l’abattant il faittourner le treuil de l’arccorrespondant à ces deux ou trois dents. On peutrendre ces mouvements alternatifs très rapides quandle poids du fardeau n’est pas trop considérable*,et gagner ainsi beaucoup de temps sur la manœu-vre ordinaire de la chèvre. 11 va sans dire qu’un en-cliquetage empêche tout mouvement de recul dutreuil.
Depuis quelques années on emploie beaucoup à Pa-ris , surtout pour les constructions importantes, unappareil dit sapine (fig. 3), dans lequel les ressources
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qu’offre la mécanique sont bien mieux utilisées quedans la chèvre ordinaire.
Il se compose d’un treuil à engrenages et d’un matvertical formé d’un sapin tout entier, terminé en croixà sa partie supérieure. Ce mât s’appuie par un pivotfm fer dans une crapaudinc adaptée au châssis en char-pente auquel le treuil est fixé; il est maintenu ver-ticalement par quatre haubans, qu’on attache à despoints fixes situés dans le voisinage. Une corde
s’attache à l’un des bras de la croix, descend pou?passer dans la gorge d’une poulie mobile, à la cliappode laquelle est suspendue le corps que l’on veut éiever,remonte ensuite pour passer dans trois poulies fixes,et descend enfin pour s’enrouler sur le treuil. Deuxmanivelles placées aux deux extrémités d’un axe ho-rizontal servent à faire tourner un pignon monté surect axe. Le pignon communique son mouvement à uneroue dentée qui est fixée au treuil, la corde s’en-roule et fait ainsi monter le fardeau. Un encli-quetage est adapté à l’axe des manivelles, pour em-pêcher que le corps ne redescende lorsqu’on l’aban-donne. On voit aisément que, d’après la dispositionde cette machine, les tensions des haubans qui main-tiennent l’extrémité supérieure du mât ne sont jamaistrès grandes.
Il est facile de donner aux roues dentées du treuil àengrenages des dimensions telles que pour le fardeauhabituellement en usage, le travail des ouvriers soitdans des conditions de maximum d’effet utile. On voitaussi toute l’économie que l’on trouve, pour des cons-tructions importantes, dans l’emploi d’un appareil quisert sans être démonté pour la construction complètede l’édifice.
CHLORATES. Les chlorates sont des sels formés parl’acide diloriquc; le seul d’entre eux employé dans lesarts est le sui\ ant :
chlorate de potasse (ang/. chlorate of potash, ail.chlorsaurcs kali). C’est un sel blanc, cristallisé en la-mes hexagonales ou rhomboïdales, qui se dissout dans16 p. d’eau froide et 2 1/2 p. d’eau bouillante; ces dis-solutions ne sont pas précipitées par le nitrate d’argent.Soumis à l’action de la chaleur, le chlorate de potasseI fond, bouillonne, produit un dégagement d’oxygène, etlaisse un résidu formé d’un mélange de chlorure de po-tassium et d’hyper-chlorate de potasse. En chauffantplus fortement, il se dégage une nouvelle quantitéd’oxygène, et il ne reste plus à la fin. dans la cornue oùse fait l’opération, que du chlorure de potassium pur.
Le chlorate de potasse est assez fréquemment em-ployé dans les laboratoires pour produire de l’oxygèneet comme réactif oxydant ; mêlé avec quelques matièrescombustibles telles que le soufre, le charbon, etc., ce seldétonne violemment par le choc ; plusieurs de ces mé-langes s’enflamment par le contact de l’acide sulfurique.On s’en sert pour la préparation des allumettes ditesoxygénées, ainsi que pour celle des capsules fulminan-tes ; dans ce dernier cas, on prépare la poudre fulmi-nante ainsi qu’il suit: on lave à l’eau 10 parties depoudre, on mélange le résidu encore humide qui secompose de charbon et de soufre avec 5 p. 1/i de chlo-rate de potasse très finement pulvérisé, et on broie letout avec une quantité d’eau suffisante pour en formerune bouillie assez liquide et bien homogène ; on en in-troduit alors une goutte dans l'intérieur de chaque cap-sule et on l’y laisse sécher. Comme par la détonationde cette poudre il se dégage du chlore qui attaque forte-ment les pièces en fer qui composent la batterie, et qued’un autre côté il reste un résidu assez considérable dechlorure et de sulfure de potassium qui encrassent trèsrapidement les cheminées, on en a presque entièrementabandonné l’emploi et on l’a remplacé par la poudre ful-minante de Iloward (voyez fulminate de mercure),qui est à présent généralement adoptée pour amorcer lescapsules.
Le chlorate de potasse se prépare en saturant dechlore une dissolution de potasse ou de carbonate do po-tasse, aussi exempte que possible de sulfate. Si la dis-solution de potasse était très étendue, on n'obtiendraitque peu de chlorure de potasse, tandis que quand elleest concentrée, il se produit au contraire une grandeproportion de chlorate de potasse, et une quantité équivalente de chlorure de potassium (réaction que l’on peut