CUI.OKE.
CHLOROMÉTRIE.
représenter par la formule : 12 Ci -(— 6 KO =: [(Ci 2 O 5+ KO) + b Cl* K)]; ce dernier plus soluble reste danslu liqueur, tandis que le chlorate de potasse cristalliseet se précipite au fur et à mesure au fond de la disso-lution ; comme il obstrue facilement le tube de dégage-ment par lequel arrive le chlore gazeux, il est néces-saire d’employer des tubes d’un grand diamètre, dans lapartie inférieure desquels on fait pénétrer un tube ferméet recourbé en crochet, qui passe à travers un bouchon,et qui sert à les dégager.
Lorsque la liqueur contient un léger excès de chlore,on arrête l’opération, on fait égoutter les cristaux, et onles purifie par une seconde cristallisation en les dissol-vant dans 2 1 /2 à 3 fois leur poids d’eau bouillante, fil-trant, puis laissant refroidir, afin d’enlever le chlorurede potassium entraîné en petite quantité dans les pre-miers cristaux, ainsi que la silice, dont toutes les po-tasses du commerce renferment toujours une quan-tité plus ou moins considérable à l’état de silicate, etqui est précipitée à l’état gélatineux par l’action duchlore.
Les eaux-mères évaporées donnent du chlorure depotassium.
La petite quantité do chlorate de potasse que l’onobtient par le procédé que nous venons de décrire, etqui ne s’élève guère qu’à '1/10 e de celle du carbonateemployé, a porté plusieurs chimistes à chercher à prépa-rer ce sel par l’oxydation du chlorure de potassium.Voici les résultats obtenus par Liebig :
On forme avec de l’eau et du chlorure de chaux unepâte que l’on évapore à siccité, ou bien on fait passer duchlore dans un lait de chaux maintenu presque bouil-lant; il se produit du chlorate de chaux et du chlorurede calcium ; on dissout à chaud dans l’eau, on ajoutedu chlorure de potassium et on laisse refroidir; il seprécipitebeaucoup de cristaux de chlorate de potassequel’on purifie par une seconde cristallisation. Si on se con-tentait de laisser refroidir la première liqueur, on n’ob-tiendrait pas tout le chlorate; il s’en dépose encore pen-dant 3 ou 4 jours. Avec 12 parties de chlorure de chauxde mauvaise qualité, qui laissait en se dissolvant dansl’eau 63 p. 100 de résidu, Liebig a obtenu 1 p. de chlo-rate de potasse cristallisé.
Le chlorate de potasse cristallisé est un sel anhydrequi renferme sur 100 parties :
4cûle clüorique. . 61,50 I Qp Q5 Ra
Potasse. 36,oO \ *
17 ) 0,00
CHLORE (arujl. chlorine, ail. chlor ). Le chlore estl’un des corps simples de la chimie ; c’est un gaz jaune-verdâtre dont la densité par rapporta celle de l’air est de2,47, et qui se liquéfie sous la pression de 4 atmosphè-res. Son odeur est très forte et caractéristique; il pro-voque la toux et peut même déterminer des accidentsgraves s’il est respiré en trop grande quantité : il agitalors comme corrosif très énergique. A la températureet sous la pression atmosphérique, l’eau dissout environle double de son volume de chlore gazeux : cette disso-lution présente la couleur et toutes les autres propriétésdu chlore. Lorsqu’on fait arriver un courant de chloredans de l’eau placée dans un bocal entouré de neige, il scforme un hydrate de chlore solide scus la forme de flo-cons jaune-serin, qui se composent pour 100 de :
Lorsqu’on chauffe cot hydrate, il commence à fondrea 10°, et se transforme rapidement en une solutionaqueuse de chlore et en chlore gazeux qui se dégageavec effervescence.
Le chlore a une grande affinité pour l’hydrogène, etlorsque cc-s deux corps sont mélangés à l’état gazeux,ils se combinent avec explosion par l’approche d’uncorps en ignition, l’étincelle électrique ou l’action di-recte des rayons solaires; il se forme alors de l’acidehydro-chloriquk. De même, si l’on expose une dis-solution de chlore à l’action de la lumière, l’eau se dé-compose peu à peu, et il se forme de l’acide hydroehlo'rique et de l’oxygène qui donne de l’eau oxygénée;aussi doit-on conserver les dissolutions de chlore àl’abri delà lumière dans des flacons recouverts de pa-pier noir.
Le chlore se combine directement avec un grandnombre de corps, plusieurs même, tels que le soufre, lephosphore, l’antimoine, etc., y brûlent avec flamme. Lescombinaisons binaires du chlore portent le nom de c/i fo-rum (voyez INTRODUCTION, CHIMIE), Ct jouent UUrôle très important dans les arts.
Le chlore se combine également, mais seulementd’une manière indirecte, avec l’oxygène, pour donnernaissance à quatre acides savoir : les acides hypo-chloreux, chloreux , chlorique et perchlorique. Parmi lessels formés par ces acides, nous citerons les hypo-chlo-rites ou CHLORURES DÉCOLORANTS et les CHLORATES .dont nous ferons l’objet d’articles séparés.
Le chlore gazeux détruit les matières colorantes, ens’emparant de l’hydrogène qu’elles renferment et pourlequel il a une grande affinité * les dissolutions aqueu-ses ont une énergie bien plus grande, ce qui tient à cequ’alors, comme nous l’avons dit, il se forme, par suitede la décomposition de l’eau, de l’acide hydrochloriqueet de l’eau oxygénée qui par son énergique action oxy-dante détruit très rapidement les matières colorantes.Le chlore agit d’une manière analogue sur la plupartdes autres substances organiques ; aussi est-il très em-ployé pour détruire les miasmes morbides qui se répan-dent dans les hôpitaux, les amphithéâtres de dissection,eto... Il décompose complètement l’hydrogène sulfuréavec précipitation de soufre, et est par suite souventemployé pour détruire l’hydrogène sulfuré ct l’hydro-sulfate d’ammoniaque, qui se développent particuliére-ment dans les fosses d’aisance.
On prépare le chlore, soit en attaquant le peroxyde domanganèse par l’acide hydrochlorique, soit, ce qui estpréférable, en chauffant modérément un mélange de 3parties de sel marin, 2 p. de peroxyde de manganèse,2 p. d’acide sulfurique et 2 p. d’eau; dans le premiercas il se forme du chlorure de manganèse, de l’eau et duchlore; dans le second, il se produit des sulfates demanganèse et de soude, de l’eau et du chlore, et onobtient pour la môme quantité de peroxyde de manga-nèse une quantité double de chlore, que par le premierprocédé.
CHLOROMETRIE (angl. ct ail. chlorometriè). Lachlorométrie a pour but l’essai des dissolutions dechlore, et surtout des chlorures décolorants. Leplus ancien procédé chlorométrique dû à M. Gay-Lussae, consiste à chercher la quantité d’une dissolu-tion titrée de sulfate d’indigo, que peut décolorer unequantité donnée de la dissolution de chlore ou du chlo-rure décolorant. Ou prend pour unité le pouvoir déco-lorant de 1 litre de chlore gazeux à 0°, et sous la pres-sion de 0"‘,76 de mercure ; ce volume absorbé dans sonvolume d’eau, sert à titrer la dissolution d’indigo dansl’acide sulfurique, que l’on étend d’eau jusqu’à ce que1U parties de cette dissolution soient exactement déco-lorées par 1 p. en volume de chlore gazeux. Mainte-nant, si on cherche le volume de cotte dissolution titréed’indigo, qui sera décoloré par 1 partie en volume de ladissolution de chlore à essayer, le nombye qui expri-mera ce volume, divisé par 10, indiquera le titre de ladissolution, et pour prendre un exemple, si la dissolu-tion de chlore décolore 15 parties de la solution titrée