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CHLORURES.

CHLORURES.

L’acide nitrique concentré et bouillant décompose éga-lemcnt les chlorures en donnant lieu à un dégagementde chlore, niais son action est très faible sur les chlo-rures insolubles ou même peu solubles- Les acides fixes,tels que l’acide silicique, décomposent au rouge tousles chlorures, en présence de la vapeur d’eau, cettepropriété permettrait d’obtenir très aisément Vacideïiydiio-Ciilokjque à un prix assez bas, si les fabri-ques de soude artificielle n’en fournissaient pas unequantité plus que suflisanto aux besoins du commerce.

Plusieurs chlorures (le protoehlorure de cuivre et ladeutochlorurc d’or par exemple) peuvent se combiner enproportions définies, avec l'acide hydrochlorique pourformer des hydrochlorates de chlorures , avec les oxydescorrespondants pour former des oxy-chlorures, avecl’ammoniaque pour former des ammonio-chlorurcs, etenfin entre eux pour former des chlorures doubles. Leschlorures se combinent aussi, comme nous l’avons déjàfait remarquer, avec les sulfures, pour douner des sulfo-chlorures.

Les chlorures neutres sont formés de 2 at. de chloreet de 1 at. de métal.

O 11 peut considérer les chlorures, quand ils sont dis-sous, soit comme des chlorures métalliques hydratés,soit comme des hydro-chlorates d’oxydes dans lesquelsl'oxygène de la base est à l’hydrogène de l’acide dans lememe rapport que dans l’eau. Comme la plupart desdissolutions reproduisent des chlorures purs par l’éva-poration à sec, il est plus simple d’admettre qu'ellesrenferment les chlorures tous formés, plutôt que desupposer qu’elles contiennent des hydro-chlorates quichangent de nature par la dessiccation. Cependant il estcertain que l'acide hydrochlorique forme des sels, puis-qu’il se combine avec l’ammoniaque et avec les basesorganiques.

Dans l’ancienne hypothèse, qui faisait du chlore uncorps oxygéné, Vacide muriatique oxygéné, l’acide hydro-chlorique portait le nom d'acule muriatique, et les chlo-rures étaient regardés comme des sels ordinaires oumuriates , nom sous lequel ou les désigne encore quel-quefois.

On obtient les chlorures par l'un des procédés sui-vants :

4° Par l’action du chlore gazeux sur les métaux ousur leurs oxydes , purs ou mélangés de charbon, ou surleurs sulfures;

2° Par l’action de l’acide hydro-chlorique sur les mé-taux ou sur leurs oxydes ;

3° Par l’action de l’eau légale, contenant un excèsd’acide muriatique, sur les métaux;

4° En chauffant un métal avec du perchlorure demercure ;

5° Par double décomposition ;

(5° En chauffant un chlorure hydraté ou un hydro-chlorate avec du sel ammoniac.

Voici les principaux chlorures, nous traiterons desautres à l’article de chaque métal :

HYDItOCIILORATE D’AMMONIAQUE , SEL AMMONIAC{eingl. sal ammoniac, ail. salmiak).

L’hydrochlorate d’ammoniaque est composé d’acidehydrochlorique et d’ammoniaque dans les proportionssuivantes :

Acide hydrochlorique. . . 68,39 \ jj 0

Ammoniaque. 31,61/

Pour.~H)0,UO parties de sel

supposé parfaitement pur; dans le commerce, on trouvele sel blanc sublimé qui, par sa pureté, se rapprocheextrêmement de cette composition.

La forme primitive du sel ammoniac est l’octaèdre,dans quelques circonstances cependant on l’obtientcristallisé en gros cubes ; ordinairement on le retire desa dissolution concentrée, sous la forme d’aggloméra-

tions qui présentent l’aspect de feuilles de fougères. —Le sel ammoniac est volatil à une température infé-rieure au rouge-brun, il s’exhale en vapeurs blanche»épaisses et très abondantes, faciles à condenser à unetempérature meme assez élevée; dans la fabrication,nous verrons qu’on a tiré parti de cette propriété pourépurer le sel et lui donner une forme commerciale quifacilite son transport.

L’hydroclilorate- d’ammoniaque est très soluble dansl'eau; sa dissolution concentrée marque 25’ à l'aréo-mètre de Baume; il a une saveur analogue, mais pluspiquante que celle du sel marin, et d’ailleurs, on le re-connaît facilement par le dégagement d’ammoniaqueque l’on obtient lorsqu’on le traite par de la chaux hu-mectée.

Le sel ammoniac est originaire de l’Egypte , qui avaitjadis le privilège exclusif de le fournir à toute l'Europe ;son nom dérive évidemment de celui du temple de Ju-piter Ammon.

Dans ce pays le sel ammoniac se rencontre tout forméet en assez grande abondance, dans l’urine et dans lafiente des chameaux ; ces matières premières étaientautrefois les seules employées pour le produire. Rienn’est plus simple que cette fabrication primitive; laRente desséchée au soleil tient lieu de combustible trèsrare en Egypte , et donne par sa combustion des vapeursépaisses qui entraînent le sel ammoniac sublimé ; celuici sc dépose mélangé avec la suie sur les parois des che-minées; cette suie recueillie est livrée aux fabricantsqui la subliment dans des ballons en verre enduits deterre limoneuse desséchée ; le reste de l’opération estidentique à ce qui çst pratiqué en Europe , et que nousdécrirons plus loin ; ajoutons seulement, pour donnerde suite une idée des perfectionnements introduits danscette industrie, que le sel ammoniac d’Egypte se ven-dait autrefois en Europe 6 et 7 francs le kilogr., tandisque les fabriques françaises le livrent aujourd’hui a2 francs le kilogr. sublimé, et à moins de I franc seu-lement cristallisé, mais très pur.

Aujourd’hui, les sels ammoniacaux se préparent enEurope , sans exception, avec des produits provenantde trois sources distinctes; mais qui ont toutes pourpoint de départ la décomposition des matières animalesou azotées. Ces trois matières premières sont : 1° lesproduits volatils condensés que développent les diversdébris d’animaux, soit pendant leur fermentation spon-tanée, soit durant leur décomposition à une haute tem-pérature. — Tout le monde sait que, dans ces circon-stances, il se dégage, entre autres produits volatils, unegrande quantité de carbonate, d’hydrosulfate et d’acé-tate d’ammoniaque, et même de l’ammoniaque libre ;2 U rurinc putréfiée, provenant des vidanges des villes;à Paris , par exemple, cette matière première est d’unetrès grande importance, puisqu'elle donne lieu à uneproduction annuelle de 8 à 900,000 kilogr. de selsammoniacaux ; 3° les eaux de condensation des usinesà gaz, connues sous le nom d’eaux ammoniacales; déjànous avons vu, dans l’article ammoniaque, que ceseaux pouvaient donner directement de l’alcali volatild’une grande pureté.

Les deux dernières matières premières, c’est-à-direl’urine putréfiée et les eaux condensées, se rencontrenttoutes prêtes à servir à la fabrication du sel ammoniac;il n’en est pas ainsi de celles de la première section,dont la préparation exige une opération préalable quenous devons décrire avant d’aller plus loin : cette opé-ration consiste à distiller à une haute température desmatières animales d’un prix peu élevé, telles que la chairde cheval desséchée, le sang, les cornes, les chiffons delaine, de soie ou de crin, etc., et dans ce cas, on ob-tient pour résidu un charbon propre à la préparation duprussiate de potasse (voyez bleu de bhusse), ou biendes os d'animaux, et on obtient alors du Nom anj31al