CHLORURES.
CHLORURES.
tions cet acculent sc reproduit de temps en temps ; lors-qu'on s’en aperçoit, il faut sc hâter d’enlever le vaseavec des pinces, ulin de ne pas perdre entièrement le selammoniac qu'il renferme.
Dès que la sublimation est arrivée à son ternie, ceque l’on reconnaît à l’épaisseur du pain de sel ammo-niac, ou cesse le feu, on enlève les cendres qui recou-vrent les vases ; puis après quelques heures de repos, onenlève les bouteilles elles-mêmes de- dessus le fourneau ;le refroidissement s’opère alors rapidement et déterminede nombreuses fractures; on achève de casser les vases,afin d’enlever le pain qui est attaché à leur partie supé-rieure ; on en détache avec une hachette les fragmentsde grès adhérents, et le pain est définitivement livrableail commerce.
Les pains de sel ammoniac ont environ 0 m ,33 de dia-mètre, et à peu près 9 à 10 centimètres d’épaisseur aucentre ; ils pèsent de 9 à 11 kilogrammes.
Le résidu qui est resté au fond des bouteilles pèse de2 à 3 kilogr., on le pulvérise et ouïe fait passer dansune opération suivante; il contient toujours une certaineproportion de sulfate de soude.
Les frais de sublimation du sel ammoniac sont consi-dérables, puisqu’ils en doublent le prix; il convientdonc dans la plupart des circonstances d’employer di-rectement l’hydroehlorate d’ammoniaque simplementcristallisé; on en fait aujourd’hui d’une grande puretéen traitant, comme nous l’avons dit, le produit de la dis-tillation des urines ou des eaux de condensation du gazpar l’acide hydrochlorique, puis en faisant cristalliserla dissolution par évaporation ; ce procédé si simple estmême le seul qui puisse être appliqué à ces deux matiè-res premières, car elles contiennent, outre le carbonate,une grande proportion d’hydrosulfate d’ammoniaquequi n’est pas décomposé parle sulfate de chaux et quise perd en grande partie pendant la filtration.
Les deux procédés que nous venons d'indiquer nesont pas les seuls qui aient été mis en usage, on s’estencore servi, pour saturer leliquide ammoniacal obtenu,des matières animales calcinées en vases clos, des eaux-mères qui proviennent du traitement des os par l’acidehydrochlorique (voyez colle forte). Ce traitementdonne lieu à un abondant précipité de carbonate et dephosphate de chaux, et d’ailleurs la présence de la gé-latine dissoute dans l’acide rend les eaux-mères difficilesà cristalliser. Ce procédé, qui paraît économiser au pre-mier abord l’acide hydrochlorique, ne présente en défini-tive des avantages sur les précédents que dans quel-ques circonstances particulières. A Bouxvillers, parexemple, oii l’on obtient en même temps les eaux am-moniacales, de la distillation des matières animales, etle résidu du traitement des os par l’acide hydrochlori-que, et où d’ailleurs cet acide revient à un prix assezélevé ; ce procédé parait donner des résultats écono-miques.
Enfin il nous reste à parler d’un procédé beaucoupplus économique que les précédents, et qui, certaine-ment, est appelé à fournir avant peu tout le sel ammo-niac que la consommation exige. Ce procédé, dû àM. Mallet, est lié intimement à Pépuration du gaz d’é-ciairage, et il est déjà appliqué dans plusieurs usines dunord de la France ; voici en quoi il consiste :
Le gaz d’éclairage, tel qu’il sort des usines à gaz n’estjamais pur; entre autres produits il renferme toujoursdu carbonate et de l’hydrosulfate d’ammoniaque ; M. .Mal-let a eu l’idée de le débarrasser de ces gaz à odeur in-fecte en le faisant barbotter dans du chlorure de manga-nèse neutre; nous n’insisterons pas ici sur cette épura-tion qui trouvera sa place à l’article éclairage au gaz.Constatons seulement que le gaz d’éclairage est complè-tement dépouillé des sels ammoniacaux qu’il renfermaitet qui, en présence du chlorure de manganèse, se trans-forment en hydrochlorate d'ammoniaque, en donnant
lieu à un précipité de carbonate et de sulfure do manganèse; lorsque la liqueur est complètement saturée,c’est-à-dire quand tout le chlorure de manganèse est décomposé, on vide les vases d’épuration, on laisse dépo-ser la liqueur; on la soutire à clair et l’on obtient, deprime abord, une dissolution de sel ammoniac presqueentièrement privée d’oxydes métalliques par l'acide hy-drosulfurique contenu dans le gaz, et qui marque 7 àS" à l'aréomètrcdc Baume. Toute la fabrication se réduitdonc à évaporer cette dissolution, puis à la faire cristal-liser. On obtient ainsi un sel de bonne qualité qui estexcellent pour la sublimation, et qui revient à un prixbien inférieur à celui qui résulte des autres procédés defabrication. En effet, le chlorure de manganèse est unrésidu sans emploi et extrêmement abondant, de la fa-brication du chlore et de celles des chlorures décolo-rants ; l’acide hydrochlorique qu'il contient a donc unefaible valeur. L’ammoniaqucnecoûte rien, puisque c’estle gaz qui l’a fourni ; enfin tous les frais de fabricationsont nuis, puisqu’ils ont pour résultat très important l’é-puration du gaz ; il ne reste donc plus que les frais d’é-puration qui sont proportionnellement très peu considé-rables.
Ce procédé réussit très bien dans les trois pu quatreusines à gaz oii il a été adopté; il est probable qu’il lesera bientôt à Paris , et dans ce cas, cette méthode n’au-rait plus de concurrence, non seulement pour la fabrica-tion de rhydrochlorate, mais aussi pour celle de sulfateque l’on préparerait d’une, manière analogue au moyendu sulfate de. manganèse.
Le sel ammoniac est indispensable dans l’étamage dufer, du cuivre, du laiton, et surtout des ustensiles deménage ; on l’emploie encore pour précipiter le platinede scs dissolutions.
Il y a quelques autres applications peu importantes.
chlorure d’antimoine ou beurre d’antimoine(voyez antimoine); est employé dans les arts pourbronzer le fer et l’acier.
chlorure d'étain. 11 y on a deux : le protochloruresouvent appedé sel d'étain, et le perchlorure ou liqueurfumante de Libavius ( voyez Étain ) ; le sel d’étain est unmordant très employé en peinture, surtout pour fixerla couleur rouge de la cochenille ; il sert également àpréparer le pourpre de Cassius pour le peintre sur por-celaine ( voyez poteries).
chlorures de mercure. Il y a deux chlorures demercure : le protochlorure, aussi nommé calomel oumercure doua;, et le bi-chlorure ou sublimé corrosif ; cesdoux sels sont d’un usage très fréquent en médecine.
Le protochlorure de mercure est blanc, insoluble etpar suite peu vénéneux, mais il s’altère peu à peu par lecontact de l’air en se changeant en un mélange de mercure métallique et de deutoehlorure. On le prépare soitpar voie de double décomposition, en précipitant duprotonitratc de mercure par du sel marin, ou en chauf-fant un mélange de protosulfatc de mercure et de selmarin pour volatiliser le protochlorure produit, soit eutriturant i parties de deutoehlorure avec 3 parties demercure métallique, puis chauffant le mélange jusqu’àsublimation. Il est indispensable de laver à l’eau avecsoin le produit obtenu, pour en séparer la petite quantitéde sublimé corrosif qu’il renferme presque toujours,lorsqu’il a été préparé par l’un des deux derniers pro-cédés que nous venons d’indiquer.
Le deutoehlorure ou sublimé corrosif est très insolubledans l’eau, et cristallise en aiguilles d’un blanc nacré;sa saveur est styptique et métallique, très forte et dés-agréable ; c'est un poison des plus violents ; son antidoteest l’albumine ou blanc d’œuf, délayé dans de l’eau. Ilest employé dans les laboratoires, comme chlorumnténergique, et dans la teinture. On le prépare soit direc-tement en dissolvant du mercure dans de l’eau régale etfaisant cristalliser, soit par voie de double décornposi-