CIMENT.
CIMENT.
sur Tort longtemps en vidange sur lu lie fait subir àcette boisson diverses transformations nuisibles à leurqualité. D'abord elles lui font perdre peu à peu sesqualités sapides, et alors le cidre dans cet état d’altéra-tion se lue, c’est-à-dire noircit; maladie incurable à la-quelle sont particulièrement exposés les cidres des paysfroids et humides, maladie cependant que l’on corrigesensiblement par une addition de cassonnade et degomme. Bientôt la fermentation alcoolique, continuelle-ment tourmentée par l'influence de l’air atmosphérique,fait place à la fermentation acéteuse, qui donne à cetteboisson une saveur légèrement acide que l’on ne peutcorriger, mais qui cependant ne la rend point imbuva-ble pour les personnes qui y sont habituées. Peu à peula môme cause, surtout quand il y a beaucoup de liedans le tonneau, fait succéder la fermentation putride àcette acidité, d’où il résulte alors que le cidre n’est pluspropre qu'à être brûlé, c’est-à-dire réduit en une eau-de-vic à laquelle un mauvais travail laisse un goûtTcmpyrcuvne désagréable, qui la fait cependant recher-cher dans la basse Normandie , goût du reste qu'unerectification soignée des petites eaux sur du chlorure decalcium, ou dans des appareils distillatoi res particuliers,pourrait facilement faire disparaître. Enfin, une desmaladies les plus communes, et qui passe souvent en-core à la fermentation putride, est le graissage, quisemble avoir la plus grande analogie avec la maladiedes vins portant le môme nom. On peut, pour les deuxliquides, employer des moyens de guérison semblables.Ainsi, une addition de 3 litres d'alcool, ou de 7 oncesde cachou ou de sucre, ou de 14 à 21 litres de poiresconcassées par pièce de 7 à 800 litres, rétablissentquelquefois le cidre qui tourne au gras.
Les tourteaux qui résultent du pressurage des marcs«le pommes sont conservés dans des fosses d’où on lesextrait à mesure du besoin pour la nourriture des porespendant l’hiver: ceux de poires et de cormes sont cou-pés en briques, séchés à l’air et employés comme com-bustible.
CIMENT, lut, mastic {angl. cernent, lute, ail.kitt). On peut diviser les ciments en deux sortes : ceuxqui sont préalablement dissous ou réduits à l’état pâ-teux par l’addition d’eau, d’alcool ou d’une huile, etceux qui s’appliquent fondus par l’action de la chaleur.
I.e ciment diamant qui sert à recoller la porcelaine,les verres, etc., et qui se vend encore à un prix exorbi-tant, sc prépare, en faisant ramollir de la colle de pois-son dans de l’eau, puis la dissolvant dans de l'esprit devin et la mêlant avec un peu de gomme-résine ammo-niaque ou de galbanum et de résine mastic, dissouspréalablement dans la moindre quantité possible d’es-prit de vin ; on obtient ainsi une masse pâteuse que l’onchauffe légèrement, afin de la liquéfier, avant de L’ap-pliquer, et que l’on conserve dans une bouteille bienbouchée avec un bouchon de liège et non avec un bou-chon à l’émeri qu’on ne pourrait peut-être plus enlever.Les joailliers arméniens emploient ce ciment, en Tur-quie , pour fixer des pierres gemmes sur les coupes etautres vases de même nature.
La gomme laque dissoute dans l’alcool ou dans unesolution de borax forme un ciment très bon. Le blancd’œuf seul ou mieux mélangé avec de la chaux vivefinement pulvérisée, forme un ciment qui se solidifietrès vite, mais qui résiste mal à l’action de l’humidité;le dernier est très rési-tant et est surtout employé pourrecoller le marbre, l’albâtre, etc.; les chaudronniers encuivre se servent du même ciment pour mastiquer lesjointures de leurs appareils, seulement au lieu de blancd’œuf ils emploient le sang de bœuf qui agit de lamême manière par l’albumine qu’il renferme. Un cimentanalogue est celui que l’on obtient en écrasant du fro-mage fait avec du lait écrémé, le faisant bouillir avecde l’eau jusqu'à ce qu’il ait acquis la consistance d’une
bouillie, puis l’incorporant sur une table en marbre, àl’aide d'une molette, avec de la clmux vive finementpulvérisée; il sert au raccommodage de la fuvence cas-sée, et doit être appliqué à chaud.
Pour recoller les objets en grès, on sc sert du cimentsuivant qui résiste parfaitement à l’action des agentsatmosphériques ; on mêle 20 parties de sable de rivièrebien blanc et sec, 2 p. de litharge finement pulvériséeet 1 j). de chaux vive en pondre, avec assez d’huile delin ordinaire ou mieux d’huile de lin siccative, pour queJe tout ne soit qu’humecté sans former une masse pâ-teuse ; on enduit d’abord les parties à recoller «l’huile delin au moyen d’un pinceau; ce ciment finit au bout de quel-ques semaines par acquérir une dureté et une adhérencesupérieures à celles du grès; il en vient même au pointde donner des étincelles sous le briquet. Lorsqu’on rem-place la chaux vive par 10 p. de calcaire en poudre, onobtient le ciment-mastic qui remplace actuellement dansbeaucoup d’endroits le ciment romain pour couvrir lesterrasses, etc., et que l’on emploie aussi fréquemmentpour mouler des statues qui présentent sur celles enplâtre le grand avantage de ne pas s’altérer à l’air librepar l’action des agents atmosphériques.
Le mastic de fer , employé pour relier entre elles despièces en fer ou en fonte et dont nous avons déjà parléà l’article ciiauihekk, sc forme en mélangeant ensem-ble de 50 à 100 p. de limaille de fer avec I p. de selammoniac en poudre. Tour s’en servir on humecte lemélange et on s’en sert pour calfeutrer les joints en l’ychassant avec un ciseau émoussé sur la tête duquel onfrappe à coups de marteau. On y .ajoutait autrefois unpeu «le fleur «le soufre, mais on y a presque partout re-noncé, depuis que l’on a reconnu que cette additioncorrodait fortement le fer.
Parmi les ciments qui s’appliquent par fusion ncliaiulnous citerons les suivants :
16 p. de craie calcinée et tamisée, triturée avec unmélange fondu de 16 p. de brai sec et de I p. de cire. jaune.
5 p. de colophane, 1 p. de cire jaune, 1 p. de colcotlmret un peu de plâtre en poudre, fondus ensemble, donnentun ciment employé pour monter les appareils électri-1 ques.
Pour fixer des pièces métalliques sur le verre, commecela a souvent lieu dans les appareils de physique, onse sert habituellement de cire à cacheter de bonne qua-lité. que l’on fond quelquefois préalablement, pour larendre moins cassante, avec un peu de térébenthine deVenise .
On fixe les verres d’optique à polir ou à tailler avecde la poix ordinaire.
La résine-mastic est souvent employée par les joail-liers pour coller des morceaux d’émail blanc ou colorésur un fond noir, afin d’obtenir une imitation de l’agateonyx.
Pour cacheter les bouteilles on sc sert d'un mélangefondu de poix noire, de brai sec et de brique pilée, oude résine ordinaire colorée par un peu Je litharge rougeou de cinabre.
L’asphalte, dont nous avons parlé à i’article bitume,sert au pavage, à recouvrir les terrasses, etc.
Les principaux ciments ou luts, employés pour luterles appareils de chimie, sont les suivants :
1° La farine de graines de lin malaxée avec de lacolle de pâte et quelquefois un peu de suif.
2° De la limaille de fer et de l’argile, triturés avecune dissolution épaisse de gomme arabique.
3° Du papier sans colle trempé dans l’eau, puis broyéavec de la farine de blé et un peu d’argile.
4° De l'argile grasse mélangée avec de la chaux fraî-chement éteinte; en y ajoutant du blanc d’œuf, on ob-tient le lut d’âne , ciment très résistant, avec lequel onpeut raccommoder la porcelaine et la fayence.