CUI5ALT.
COCHENILLE.
autre côté le degré de grillage dépend également de laproportion des métaux étrangers et de l’état sous lequelils se trouvent dans le minerai : ainsi, certains mineraispauvres en cobalt et riches en autres oxydes métalliques,doivent être Tondus crus, avec d'autres minerais richeségalement crus qui leur fournissent une quantité desoufre et d’arsenic suffisante pour faire passer tous lesmétaux étrangers dans le speiss. On obtient ces diversesdonnées par un essai en petit qui consiste à mélanger•1 partie du minerai de cobalt cru, partiellement grillé,et totalement grillé, avec 3, 6, ( J et I 2 p. d’un mélangede 2 p. de sable quarzeux blanc et de 1 p. de carbonatede potasse fondu ; puis fondant les douze mélanges ainsiobtenus, dans de petits creusets couverts, presqu’à latempérature des essais de fer. On juge ensuite à la cou-leur du verre quel est le mélange le plus convenable àemployer. Ce mode d’essai est surtout usité pour les mi-nerais de cobalt argentifères de l’Erzgebirge . L’argentpasse dans le speiss qui est soumis à l’amalgamation,dont les boues sont ensuite traitées pour nickel.
Nous terminerons cet article en indiquant une ma-nière très simple employée en Allemagne pour préparerl’oxyde de cobalt pour la peinture sur porcelaine : Ongrille le minerai de cobalt aussi complètement que pos-sible, on réduit le minerai grillé en bouillie épaisse avecde l’acide sulfurique, on introduit le tout dans un creuseten terre où on laisse digérer, pendant un certain temps,à “200 ou 300°; enfin on évapore à siccité, on chauffejusqu’au rouge, et on maintient cette température pen-dant une heure. Après le refroidissement, on pulvérisela masse et on la traite par l’eau bouillante ; on filtre,on étend d’eau froide, on acidulé la liqueur avec un peud’acide sulfurique; puis on précipite, en agitant con-stamment, par une dissolution de carbonate de soude,en s’arrêtant aussitôt que la liqueur a perdu toute réac-tion acide, et que le précipité au lieu d’être jaunâtredevient rose ; tout le fer s’est alors précipité à l’état desous-arséniatc en entraînant l’arsenic avec lui, et il nereste dans la liqueur filtrée que du sulfate de cobalt quila colore en rose; d’un autre côté, on fond ensemble'10 parties de potasse du commerce, 15 parties de sablequarzeux et 1 partie de poussier de charbon ; on pulvé-rise la masse fondue, on dissont dans l’eau bouillante,on décante et on obtient une dissolution de silicate depotasse dont on se sert pour précipiter la dissolution desulfate de cobalt obtenue comme il a été dit ci-dessus:il se forme du sulfate de potasse soluble et il se préci-pite un mélange intime de silice gélatineuse et d’oxydede cobalt, qui entraîne un peu de silicate de potasse. Ceprécipité a une couleur brun-sale, mais appliqué sur laporcelaine, il prend, lors de la cuisson, une très bellecouleur bleue.
La production du smalt est annuellement d’environ :
Suède et Norwège . 2000 à 2o00 l * n ‘
Saxe. . 5000 à 6000
Hesse électorale (Schwar/.enlels). 3500 à 4000
13500 à 16000'!“
« P. DEBETTE.
COCHENILLE [angl. eochineal, ail. kochenille).La cochenille, coccus cacti., est un insecte dont la fe-melle renferme une forte proportion d’une matière co-lorante rouge, extrêmement belle. On l’a longtempsprise pour une semence végétale; c’est Lœwenhœk quifit voir que c’était un animal. On l’a decouverte auMexique } en 1518, où elle vit sur le cactier nopal (cac-tus opuntia). On en distingue deux sortes, la cochenillesauvage ou cochenille sylvestre que l’on recueille dans lesforêts, et la cochenille mestèque élevée dans des nopale-ries ou plantations artificielles de cactiers. La premièreest la plus petite et recouverte d’un duvet cotonneux,qui augmente son poids et par suite diminue naturelle-
ment en proportion sa teneur en matière colorante, enmême temps que sa valeur commerciale. Ce duvet sertix protéger l’iiisectc contre Tintempéric des saisons, desorte qu’il n’exige aucun soin. Elevée dans des planta-tions artificielles, la cochenille acquiert une grosseurpresque double de la précédente, et perd le duvet coton-neux qui la recouvrait et qui se trouve remplacé parune poussière grisâtre qui en augmente à peine sensi-blement le poids.
La cochenille femelle est ovoïde, légèrement aplatieen dessous; son corps est couvert ‘Panneaux toujoursvisibles, peu nombreux ; entre les deux premières pairesde pattes elle porte un suçoir avec lequel elle se fixe surles cactiers, où elle est ensuite fécondée par le mâle,alors son corps se développe, s’arrondit, et elle finit parproduire un grand nombre d’œufs d'où naissent autantde nouveaux insectes, si l’on n’a pas soin delà recueilliravant cette époque; enfin elle meurt, et se dessèche surla place où elle a vécu. Le mâle est plus petit que la fe-melle ; il n’a point de suçoir et porte deux ailes bien dé-veloppées au moyen desquelles il vole pour chercher lesfemelles, qui n’enont point, et les féconder.
Quand les cochenilles fécondées sont prêtes à pondre,on les recueille en raclant légèrement la surface descactiers avec un couteau mousse, pour les faire tomberdans un vase où on les reçoit, en ayant soin d’en laisserquelques-unes sur chaque arbre pour la reproduction.
On fait périr les cochenilles soit en les trempant dansl’eau bouillante, soit dans une étuve, soit enfin sur desplaques métalliques chauffées en dessous ; l’immersiondans l’eau bouillante enlève une partie de la couleurqui reste en partie extérieurement fixée à la cochenille,et lui donne une teinte rougeâtre ; la dessiccation à l’é-tuve n’apporte aucun changement apparent dans lacochenille qui est alors dite jaspée ou argentée, et qui estd’autant plus estimée qu’elle est plus grosse, plus régu-lière, et recouverte d’un enduit gris-argentin plus pur;la dessiccation sur des plaques métalliques chauffées endessous détermine la fusion de la poudre grisâtre quirecouvrait la cochenille et qui paraît être une substancecéreuse, de sorte que l’insecte présente une couleurbrun-noirâtre, ce qui lui a fait donner le nom de coche-nille noire ; elle est moins estimée que la cochenille ar-gentée, mais elle a une valeur supérieure, à la coche-nille rouge.
La cochenille bien desséchée peut se conserver ex-trêmement longtemps sans s’altérer; ainsi Hellot a re-connu, par expérience, que les cochenilles conservéesdepuis Î3U ans, avaient exactement le même pouvoircolorant que des cochenilles nouvellement cueillies.
La cochenille a été particulièrement étudiée parMM. Pelletier et Caventou , qui ont donné au principecolorant qu’elle renferme le nom de carminé, et qu'ilsont obtenu : en épuisant la cochenille par l’éther ; trai-tant à plusieurs reprises le résidu par l’alcool bouil-lant ; laissant refroidir; traitant le dépôt qui se formepar de l’alcool pur, puis y ajoutant un volume égal ausien d’éther sulfurique également pur ; il se produit undépôt de carminé.
La carminé ainsi obtenue est rouge-pourpre, fondvers 50", et brûle sans dégager de l’ammoniaque, cequi prouve que la matière colorante de la cochenille ap-partient aux composés non azotés. Elle est très solubledans l’eau, et une très faible quantité en suffit pour co-lorer en rose line grande masse d’eau. Elle est égale-ment soluble dans l’alcool, quoique moins que dansl’ean, et au contraire insoluble dans l’éther. Les acidesne la précipitent pas de sa dissolution aqueuse, lors-qu’elle est pure; mais dans le cas où cette dissolutionrenferme encore une partie des autres matières ani-males renfermées dans la cochenille, le tout est pré-cipité. . •
L’alumine a beaucoup d’affinité pour la matière co-