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COKE.

COKE.

charbons à coke des bassins de Mous et de Valen-ciennes , a montré que les cokes fabriqués avec la gaii-leterie avaient constamment à très peu près la memequalité et ne tenaient que 6 à 7 p. -100 de cendres ;que les cokes fabriqués avec du gailletin avaient uneTeneur en cendres de 7 à 11 p. 100, et n’étaient pasd’un bon emploi sur les locomotives; enfin que tout-venant donnait des cokes de qualité intermédiaire etconstamment variables. Ces faits résultent de ce queles schistes qui altèrent la pureté de la houille sontplus friables qu’elle ne l’est elle-même,'et se réduisenten poussière plus fine. Il est donc naturel qu’ils seconcentrent dans le fin.

Il résulte de ce qui précède que, pour obtenir ducoke de bonne qualité, il faut n’employer pour sa fa-brication que de la houille triée et en morceaux assezgros dits gaillelerie , ou bien purifier préalablement leijailletin et le fin, en en séparant, par une préparationmécanique spéciale, les impuretés qui s’y sont con -centrées, de manière à les amener ati degré de propretéque présente la gaillette. A cet effet, on les soumet àun lavage analogue à ceux employés dans la prépara-tion mécanique des minerais métalliques.

Ce procédé de purification a été appliqué il y a déjàlongtemps aux charbons pyriteux des Vosges , mais iln’a pris un certain développement que depuis quelquesannées. En 1840, M. Baelmadoux l’employait dansl'Ailier, aux mines de Bert ; postérieurement, il étaitintroduit dans les bassins de Commcntry, de Saint-Etienne et de Kive-de-Oier, et enfin il est appliquédans les bassins de Mous et de Valenciennes depuis lafin de 1848.

Le lavage se fait ordinairement sur un crible à pis-ton de grande dimension, représenté en coupe et enplan (fig. 1 et 2), et consistant en une caisse rectan-

gulaire en bois, divisée en deux compartiments inégauxpar une cloison a a qui ne descend pas jusqu’au fondde la caisse, en sorte qu’ils communiquent ensemblepar le bas; dans le plus grand est une grille b, sur la-quelle on jette le charbon; dans le plus petit sc meutun piston en bois c; l’appareil est rempli d’eau jus-qu’au dessus du charbon ; le piston b, en descendant,lorsqu’on fait une pesée sur la bringuebale d, refoule

Ténu sous la grille b; vile soulève les charbons et lesschistes, et se retire quand le piston remonte. Le**schistes étant plus denses que le charbon sont soulevésmoins haut, à volume égal, que no l’est celui-ci, ettombent plus vite au fond quand l'eau se retire. Il enrésulte qu’après quelques coups de piston les schi.-tessont rassemblés sur la grille et le charbon purifié està la partie supérieure; pour en faciliter l’enlèvement,on place, à 0 m ,12 environ au-dessus de la premièregrille b, une seconde grille f f, dont les barreaux ont() m ,10 d’espacement; par cette disposition, la pelle del’ouvrier glisse sur les barreaux, no prend que le char-bon lavé et ne touche point aux schistes, qui s’accumu-lent entre les deux grilles. Quand ils viennent à s’é-lever jusqu’à la grille supérieure f f, on la retire pourles enlever; on la replace ensuite, et l’opération con-tinue. De temps en temps on remet de l’eau dans lacaisse au moyen de robinets convenablement disposés.

On donne généralement au compartiment des grilles1 m ,20 à 1 m ,30 de largeur sur autant de hauteur et1 m ,50 à 1 '«60 de longueur; le compartiment du pis-ton a même largeur et même hauteur; mais sa lon-gueur, mesurée suivant l’axe longitudinal de l’appareil,n’a que 0"',i0 à 0'",50, de sorte que l’aire du pistonn’est pas tout à fait le tiers de celle des grilles.

On charge ordinairement à la fois, dans cet appa-reil, un hectolitre de charbon tout-venant , dont on aretiré les gros morceaux. Lorsque l’appareil de lavageest placé à portée de la fosse et des fours à coke, etque le charbon n’a qu’un faible transport à subir, troisouvriers peuvent laver, en une journée de douze heu-res, 150 à 200 hectolitres de bouille. La consommationen eau est d’environ six mètres cubes par douze heures,soit 30 à 40 p. 100 (environ un tiers) du charbon àlaver, en volume.

La grille étant chargée, deux des ouvriers font rao.ii-voir le piston, tandis que le troisième étale et remuele charbon sur la grille; quand l’opération est termi-née, ce dernier charge le charbon lavé dans une brouette,que le premier ouvrier va décharger près des fours àcoke, pendant que le second amène le tout-yenant àlaver.

Le nombre de coups de piston varie avec la pro-preté naturelle de la houille à laver ; en moyenne, onne donne pas moins de quinze à vingt coups de pis-ton, et encore le lavage n’est jamais bien complet.

Les ouvriers sont payés à la tache, à raison de troisà quatre centimes par hectolitre de houille à laver.

D’après M. de Marsilly, dans le bassin de Mons 100 hectolitres de tout-venant donnent en moyenne aulavage :

Houille lavée.80 bectol.

Schistes stériles. 2 —

Déchet qui traverse la grille etrenferme 75 à 80 p. 100 decharbon pur. 9 hcctoî.

Ce déchet est presque de nulle valeur et s’écoule dif-ficilement sur place au prix de 20 cent, l’hectolitre.

Les frais de lavage varient de 10 à 20 cent., et sonten moyenne de 13 cent, par hectolitre de houille la-vée (le prix de Ehectoliti-e de tout-venant sur la fosseest de 80 cent, environ). Or, la différence entre le prixde la gaillette et celui du tout-venant étant toujourssupérieure à 50 cent., il est évident que le lavage ducharbon, quand bien même il ne serait pas destiné àbi fabrication du coke, présente sous le rapport écono-mique et industriel de très grands avantages.

En résumé, le lavage tel qu’il vient d’être décrit en-lève 4 à 5 p. 100 des matières pierreuses ou schisteusesqui se concentraient dans le coke, y laisse encore 1 à2 p. 100 de matières étrangères susceptibles d’en être

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