COLLE DE PATE.
COLLE DE POISSON.
1er, et que Von ea enduit en lui donnant un mou-vement de va-et-vient; il suflit ensuite do frotterrapidement ces parties avec un corps dur et lisse, pourqu’elles adhèrent fortement ; entre le frottoir et le pa-pier que l’on veut coller, il faut placer une bande depapier commun pour empêcher que le premier ne soitlissé ou déchiré.
COLLE DE PATE (angl. paste, ali. kluister). Lacolle de pâte sc fait avec de l’eau et de la farine ; cellede blé n’est employée que lorsqu’elle est avariée ou àtrès bas prix ; on préfère celle de seigle qui coûte moinscher et ne se dessèche pas autant. Pour la préparer, ondelaie d’abord la farine avec très peu d’eau, afin qu’ilne se forme pas de grumeaux, puis on en ajoute assezpour former une espèce de bouillie très claire; onchauffe alors en ayant soin d’agiter continuellementpour que la farine ne se dépose pas, et pour qu’elle nepuisse brûler ; la masse s’épaissit quand elle a acquisune température de 70 à 75 u , et l’opération est terminéeaprès quelques bouillons. On réussit mieux à préparercette colle quand on achève de délayer la farine avecde l’eau bouillante : elle s’épaissit rapidement, il fautla laisser moins longtemps sur le feu, on risque moins'Je la brûler, et elle coûte moins de main d’œuvre. Danstous les cas, il y a avantage à la préparer au bain-marie.
La colle de pâte est employée pour le collage dupapier de tenture, celui des affiches, pour le carton-nage, etc.; en général, elle ne peut servir que pour lepapier.
COLLE DE POISSON, iciitiiyocolle (angl. isin-glass, ail. hausenblase). La colle de poisson, telle qu’onla trouve dans le commerce, se compose de membranesjaunâtres demi-transparentes, très peu colorées, et rou-lées sur elles-mêmes en forme de fuseaux allongés,n’ayant tout au plus qu’un centimètre de diamètre versle milieu de leur longueur qui est de 5 à 8 centim.;cette espèce de cordon est pliée circulaircment, et cha-cune de ses extrémités est repliée en sens contraire dela grande courbure et dans le même plan, dispositionqui rappelle la forme d’une lyre.
La colle de poisson de bonne qualité est tout à faitinaltérable à l’air sec ; elle a une saveur fade, à peinesensible; elle se gonfle et se ramollit dans l’eau froide;si on porte ensuite l’eau à l’ébullition, elle se dissout,et par le refroidissement on obtient une gelée incoloredemi-transparente, soluble dans les acides faibles, maisqui est précipitée de cette dissolution par les alcalis.C’est de la gélatine presque pure, et si elle n’est pascassante comme la colle-forte, cela tient à sa texturelibreuse et élastique qui n’a pas été détruite par l’actionde la chaleur ; elle est d’autant plus estimée que sa cou-leur est plus pâle.
La colle de poisson se prépare avec les vessies nata-toires de quelques espèces d’esturgeons, et particulière-ment de Yacr.ipenser huso que l’on pêche sur les côtes dela mer Caspienne et dans tous les fleuves qui s’y jettent.Dans ces pays, et particulièrement à Astracan, ontrempe d’abord ces vessies dans de l’eau, on enlève soi-gneusement la membrane extérieure et le sang qui y estattaché, on les met dans des sacs en chanvre que l’oncomprime, on les ramollit entre les mains et on lesroule en cordons auxquels on donne ensuite la formed’une lyre. Enfin on les étend au soleil, sur des ficelles,pour les faire sécher, et on les blanchit quelquefois enles soufrant.
Dans quelques districts de la Moldavie , on emploieà la fabrication de la colle de poisson non seulementles vessies natatoires, mais encore la peau, l’estomacet les intestins des esturgeons, que Ton coupe en petitsmorceaux que Ton lave à l’eau froide, et que Ton faitensuite bouillir avec de l’eau jusqu’à dissolution pres-que complète ; par le refroidissement, on obtient une
gelée consistante que Ton divise en feuilles minces quel’on fait ensuite sécher, et que Ton trouve dans le com-merce soit à cet état, soit roulées en lyre ; dans tous lescas. le produit ainsi obtenu a une valeur commercialetrès inférieure à celle de la véritable colle de poissonpréparée comme nous l’avons dit.
Les vessies natatoires de la morue et de plusieurs au-tres poissons servent aussi à préparer une colle de pois-son factice que Ton trouve dans le commerce, mais quiest généralement très peu soluble dans l’eau bouillante,et par conséquent de très mauvaise qualité..
Les propriétés de la colle de poisson sont les mêmesque celles de la gélatine pure et sou emploi est très ré-pandu ; on s’en sert pour le collage des vins, des li-queurs; sa texture organique permet de l’employerpour le collage (Te la bière, où il ne se trouve pas detannin pour précipiter la gélatine et où les colles degélatine ordinaires ne peuvent la remplacer. 4 partiesde colle de poisson dissoutes dans \ 00 p. d’eau donnentune gelée claire très employée dans l’art culinaire ;mêlée avec une dissolution de gomme, elle sert à l’ap-prêt des rubans et d’autres soieries. Les fabricants deperles artificielles l’emploient pour fixer la dissolutiond’écailles d’ablettes dans l’ammoniaque, dans les glo-bules de verre, creux qui constituent ces perles. LesTurcs fixent leurs pierres précieuses au moyen d’unedissolution alcoolique d’un mélange de colle, de poissonet de gomme ammoniaque, combinaison qu’ils em-ploient aussi pour raccommoder la porcelaine et lesverres cassés.
La colle de poisson sert à la fabrication du taffe-tas i>’Angleterre ; on l’emploie pour fabriquer desvitres de navires que Ton recouvre d’un vernis transpa-rent et inaltérable à Tair humide, et qui sont d’un trèsbon usage.
COLLE-FORTE, colle de gélatine (angl. glue,ail. leim ). Depuis un temps immémorial, on préparela colle-forte avec des rognures de peaux et des matièresanimales molles. M. Darcet a fait voir que les os con-venablement traités peuvent donner de la colle-fortequi ne le cède en rien à la colle obtenue par les anciensprocédés qui sont le plus généralement employés. Maisle procédé qui consiste à traiter les os par l’acide hydro-ehlorique peut seul donner de pareils résultats; quantà l’autre, où les os sont soumis en vases clos à l’actionde l’eau ou de la vapeur à haute pression, la haute tem-pérature dont on fait usage pour l’extraction de la gé-latine, altère nécessairement celle-ci ; le produit obtenun’a pas la même qualité collante et est toujours plusou moins soluble dans l’eau.
Les matières animales molles qui peuvent donner dela colle-forte sont très nombreuses; les plus employéssont : les débris et rognures de peaux non tannées, lestendons, les intestins, et même les muscles de tous lesanimaux ; en un mot toutes les subsistances animalesqui donnent de la gélatine par une simple ébullition avecde l’eau.
Voici, d’après le savant M. Dumas , le rendement encolle fabriquée de quelques-unes de ces colles-matières:Débris de peaux provenant de la mé-gisserie, et dépouillées de graisseset de parties charnues. . . . 0,44 à 0,46
Epiderme des peaux provenant de la
préparation de la buffleterie. . 0,30 environ
Rognures des cuirs de l’Amérique du
Sud.0,56 à 0,60
Gros tendons de bœufs, avec por-tions de muscles, etc. . . . 0,35
Rognures de parcheminerie. . . 0,62
Rognures de tannerie.0,38 à 0,42
Têtes de veaux provenant des tan-neries.0,44 h 0,48
Peaux de lièvre et de lapin épilées. 0,54