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COLLE-FORTE.

COLLE-FORTE.

que l’on puisse facilement en détacher le contenu. Cesmoules doivent être maintenus très propres, afin de nepas altérer la qualité «le la colle. On les remplit àras, à l’aide d’un large entonnoir à fond plat dansl’in-terieur duquel on met un petit tamis pour réunir lesimpuretés de la colle que l’ouvrier verse avec un seau.Les moules sont placés sur un dallage en pierre légère-ment incliné vers une cuvette, de manière à pouvoir re-cueillir la gélatine tombée à côté. L’atelier dans lequelils sont placés doit être maintenu à une températureaussi basse que possible, afin que la colle se prenne plusrapidement en gelée, ce qui a ordinairement lieu aubout de 12 à 18 heures ; on monte ensuite les moulesdans les étages supérieurs, disposés en séchoirs à airlibre; on détache les pains de gélatine des moules aumoyen d’une grande lame de couteau trempée dans l’eau,et on les renverse sur une table mouillée d’avance avecune éponge. On divise alors les pains en feuilles hori-zontales an moyen d’un fil de cuivre tendu sur un châs-sis, et guidé par des règles entaillées à des distanceségales à l’épaisseur d’une feuille de colle; on divise en-suite de la même manière ces premières feuilles en longet en travers, selon les dimensions en surfaces que l’onveut donner aux feuilles de colle. On dispose ensuiteces feuilles sur des filets tendus sur des châssis que l’onplace les uns au dessus des autres à 8 ou 10 centimè-tres de distance, en les faisant glisser sur des tasseauxen bois, fixés sur des montants verticaux. Pour rendrel’action de l’air plus égale, on a soin de retourner lacolle 2 ou 3 fois par jour.

La dessiccation de la colle-forte est une des partiesles plus délicates de la fabrication. La températureextérieure, l'état de l'atmosphère influent singulière-ment sur le produit, surtout pendant les premiers jours.Une température trop élevée ramollit la colle qui passeà travers les mailles, et adhère si fortement aux cordesqu’on est obligé de tremper les filets dans l’eati bouil-lante pour la retirer. La gelée en condensant l’eau in-terposée fait fendiller les feuilles, et, dans ce cas, ouest presque toujours obligé de refondre la colle. Unorage, l’état électrique de l’atmosphère, suffisent pourfaire tourner toute une portée de colle, même cellequi se trouve depuis 2 à 3 jours sur les filets, auquelcas, il y a une perte énorme. Un brouillard, même trèsléger, si on le laisse s’introduire dans le séchoir, piquela colle, lui ôte de sa valeur, et oblige même souvent àla refondre en totalité ou en partie. Un vent sec etchaud dessèche trop rapidement la colle, et la fait fen-diller partout, par suite du retrait qu’elle éprouve. Ilfaut donc, autant que possible, éviter de travailler parles grandes chaleurs et pendant les grands froids : lessaisons les plus favorables sont le printemps et l’automne.

En sortant du séchoir à air libre, la colle conserveencore trop de souplesse pour être livrée au commerce;on achève.sa dessiccation dans une étuve. Enfin, on lalustre en plongeant une à une les feuilles sèches dansun baquet plein (Tenu chaude, les frottant vivementavec une brosse humide, et les plaçant au fur et à me-sure sur une claie qui est portée à l’étuve; quelquesheures suffisent pour chasser l’eau dont les tablettes ontété mouillées, et on peut alors les mettre en tonneauxet les expédier au loin.

Lorsqu’on veut préparer la colle au moyen des os,on peut employer l’action des acides ou celle de la va-peur, comme nous le décrirons plus en détail à l’articleGÉLATINE .

Le premier procédé employé pour la première fois engrand, en -1812, par M.d’Arcet, consiste à traiter lesos par de l’acide hydro-chlorique très étendu, qui dis-sout complètement les sels calcaires (carbonate et phos-phate de chaux) qu’ils renferment, et laisse pour ré-sidu le tissu cellulaire qui, tout en conservant la formeprimitive de l’os, est devenu transparent et flexible, et

que l'on lave avec soin à l'eau froide pour enlever lesdernières traces d'acide; pour plus de sûreté, on lesfait même ordinairement macérer pendant plusieursjours dans un lait de chaux ou dans une faible solutionde carbonate de soude. Les os doivent être préalable-ment dégraissés en les coupant par morceaux et les fai-sant bouillir avec de l’eau, enlevant la graisse qui scrassemble à la surface, puis les faisant égoutter. Avantde préparer de la colle-forte avec les os ramollis, il estnécessaire de les faire sécher complètement et de lesemmagasiner jusqu’à l’époque la plus convenable à cettefabrication ; sans cela les produits obtenus seraient demoindre qualité, ce qui parait tenir à la nécessité delaisser à la chaux, que retiennent toujours les os ra-mollis, le temps de se carbonater. A Bouxvilliers, pourconvertir en colle-forte les matières desséchées, on lesfait bouillir dans des chaudières en cuivre ou mieux entôle et même en fonte, à l’air libre, à trois reprisesdifférentes, pour que l’épuisement soit plus complet etla dissolution plus concentrée, par la méthode des pro-duits fractionnés que nous avons dtjà décrite. La colle-forte ainsi obtenue est d’excellente qualité, et est mêmesupérieure aux colles extraites des peaux d’animaux.On compte en grand qu’on dépense un poids d’acidehydro-chlorique égal à celui des os, et que l’on obtient22 à 23 p. 4 00 de colle lorsqu’on a traité des eornillonsou des os de la tête et du crâne, et 1 4 à 1 5 p 100 pourles autres os. Dans les mêmes circonstances le procédéà la vapeur à haute pression qui nous reste à décrire,ne donne que 10 à 15 p. 100 de colle-forte d’assez mau-vaise qualité; malgré cette grande différence, il est leplus généralement employé, ce qui tient d'une part àce que les fabricants de soude peuvent seuls avoir l’acidehydro-chlorique à bas prix, et de l'autre à ce que lesos que l’on obtient en résidu par le dernier procédé peu-vent encore servir à la préparation du noir animal.

Ce procédé, inventé par M.d’Arcet en 1817, consisteà exposer à l’action de la vapeur d’eau à la températuremaximum de 106°, produite dans un générateur isolé,les os concassés et renfermés dans un cylindre en toilemétallique placé dans l’intérieur d’un cylindre en fontehermétiquement fermé, dans lequel on règle l’arrivéede la vapeur du générateur au moyen d’un robinet quipermet de modérer la température et de faire varier àvolonté la durée de l’opération. La vapeur que l’on faitarriver dans les cylindres pénètre les os, expulse lagraisse, puis détermine la transformation du tissu cel-lulaire en gélatine. Celle-ci sc dissout immédiatementdans la vapeur condensée et s’écoule au fur et à mesuredans la partie inférieure du cylindre, d’ou on la soutirepar un robinet. On évapore ensuite rapidement à unetempérature aussi basse que possible, dans des chaudiè-res plates, la solution gélatineuse, jusqu’à ce qu’elleait atteint un degré de concentration suffisant pour leprendre en masse consistante, on la laisse déposer et onla moule comme à l’ordinaire.

Les colles bien fabriquées sont peu ou point colorées,assez claires, à cassure conchoïde, les bords des feuillessont un peu ondulés; plongées dans l’eau froide elles segonflent beaucoup sans se dissoudre; on ne peut guèreles obtenir que par la méthode des produits fractionnés.Celles obtenues par l’autre méthode sont toujours moinstenaces et plus ou moins solubles dans l’eau. Elles sontquelquefois si mal fabriquées, qu’elles attirent forte-ment l’humidité de l’air. La colle dite de Paris ou deschapeliers en est un exemple frappant.

D’après M. Dumas, on peut résumer le classementdes colles du commerce delà manière suivante, quirattache étroitement leurs qualités à leurs provenances :

1" Collet-forte* obtenues au moyen des os traités parles acides. Ce sont les meilleures colles; la grenetine etles colles de Rouen et de Bouxvillers en donnent uneidée.