COLORATION DES BOIS.
COLORATION DES BOIS.
Colles-fortcs provenant de peaux d'anhnaux sauva-ges. Elles sont très bonnes et renferment les bonnes col-les de Hollande, de Flandre , la colle anglaise, la collede Givet , etc.
3 U Collcs-fortes provenant de peaux d’animaux domes-tiques. Elles sont très faibles; les colles d’Alsace, d’Al-lemagne et de Paris appartiennent à cette catégorie.
•i u Colles-fortes obtenues des os traités par la vapeur.Ce sont les plus mauvaises, et elles se dissolvent toutesplus ou moins dans l'eau froide.
Les emplois de la colle-forte sont trop connus pourqu’il nous soit nécessaire de nous y arrêter ici ; les qua-lités supérieures remplacent avec économie la colle depoisson dans la plupart de ses applications.
COLORATION ET CONSERVATION DES BOIS.Les bois se conservent très longtemps lorsqu’ils ont étéabattus dans la saison favorable, lorsque après l’abat-tage ils ont été mis dans-des lieux ni trop secs ni trophumides, et dans des conditions telles, que l’évapora-tion de la sève et de l’eau qu’ils contiennent a pu sefaire lentement et entièrement ; enfin, lorsque, apresavoir été séchés, ils sont gardés avant comme aprèsleur mise en œuvre dans des endroits où ils ne setrouvent exposés ni à une trop grande sécheresse ni àl'humidité. Nous allons examiner l’une après l’autrechacune de ces propositions.
L’abattage. Plus un bois sera près de l’époque où ilaura acquis toute la plénitude de sa force, et passé la-quelle il commence à dépérir, plus il sera fort et degarde s’il est abattu dans ce moment. Nous ne saurionsdéterminer pour chaque essence de bois quelle est cetteépoque, il y a tant d’espèces diverses ! et, dans chaqueespèce, le climat, le sol, la position, ont des influencessi marquées ! Nous devons donc renoncer à entrer dansune exploration des individus et des détails, qui nepourrait être convenablement placée que dans une mo-nographie. Nous dirons seulement que, en général,l’age des arbres peut être estimé extérieurement parleur simple inspection. Si l'écorce est saine et égaledans toutes ses parties, si les feuilles venues de bonneheure au printemps, ne tombent que très tard en au-tomne, si ces feuilles sont abondantes jusque dans lesrameaux les plus élevés, si les branches qui sortent dutronc sont rondes, lisses et droites, on peut conjecturerque l’arbre est dans toute sa force, en ayant égardtoutefois à la grosseur du tronc, à l’âge de l’arbre, etaux enseignements de l’expérience en cette matière ;car, l’âge d’un orme, n’est pas l’âge d’un chêne; celuid’un chêne, n’est pas l’âge d’un peuplier, et ainsi desuite. L’ins2)ection de l 'intérieur peut aussi, et plussûrement peut-être, servir de guide pour l’appréciationdu moment opportun de l’abattage ; mais il ne faut pasqu’il s’agisse seulement d’un individu, car une fois misà bas, il serait trop tard pour s’instruire , il faut qu'onait à s'assurer si une coupe entière peut être faite. Dansce cas on expérimente sur un sujet, pour s’assurer del’état des autres. Quand un arbre est abattu et sciétransversalement près de la souche, on examine le graindu bois : s’il a peu d’aubier, si le cœur est sain, si lescouches annuelles concentriques sont bien \ isiblcs etsi le tissu ligneux est bien égal, on peut conclureque l’arbre est arrivé à toute sa croissance, et on lepeut d’autant mieux, que, dans nos climats, les cou-ches concentriques sont un indice à peu près assuré del’âge de l’arbre ; or en comptant ces couches on aura lenombre des années de l’individu, et en s’en rapportanta l’âge que l’expérience accorde à chaque espèce, onaura une connaissance suffisamment approximative.
En comptant les couches concentriques inscritesdans le cœur de l’arbre, il ne faut faire cas que de cellesqui sont bien distancées entre elles. Souvent, lorsque lasève d’automne a été abondante, il s’est formé unecouche médullaire étroite, quelquefois partielle et pres-
que adhérente â la ligne principale, dans le calcul lesdeux couches ne doivent compter que pour une année,et comme quelques couches sont toujours perdues prèsde l’écorce dans l'extrême aubier, ou peut toujoursajouter quatre ou cinq ans au nombre donné par lescouches. Comme une, deux ou trois années de plus ou demoins importent peu dans ce cas, on aura donc toujoursune connaissance assez complète de l’âge de l’arbre.
L’abattage doit-il être fait en hiver, en été, en au-tomne ou au printemps? Chaque pays a son opinion ;chaque siècle a eu la sienne. La science ne nous dit rienà cet égard ; tant de livres ont été faits pour ou con-tre telle ou telle opinion, que nous estimons qu’ilest impossible de rien déterminer d’absolu, de général,en cette importante partie, et que le plus sur est peut-être de consulter les anciens de la localité, les ouvriers,les bûcherons. Les avis varieront sans doute avec leslocalités; mais cette variation dans les idées ne devrapas toujours être considérée comme une preuve de l’erreur, mais comme une preuve que les localités, les cli-mats différents, peuvent apporter des modifications dansune même essence de bois. Sans faire part à nos lec-teurs de toutes les observations physiologiques qui ontété faites à ce sujet, nous leur dirons seulement que l’o-pinion de l’abattage en hiver est celle qui a réuni leplus grand nombre d’approbateurs.
Le bois écorcé un an avant l’abattage devient trèsdur ; son aubier acquiert les mêmes propriétés que lebois fait, ce qui augmente d’un sixième environ,pour certaines essences, le produit réel de l’arbre. Onremarque aussi que ce bois écorcé, qu’on nomme pelarddans les ventes, est plus lourd, plus dur, que le boissous écorce, et qu’il est moins sujet à être attaqué parles vers ; mais nous devons dire qu’il est bien plus sujetà so fendiller, et qu’il se gerce quelquefois à ce pointqu’il n’est plus bon qu’au chauffage.
Nous avons personnellement essayé une autre mé-thode; nous avons étêté plusieurs arbres à l’endroit dela bifurcation des premières branches, et laissé encoreun an ce bois sur pied, et non privé de son écorce;nous avons réussi à avoir d’excellent bois très com-pacte, très dur, peu ou point sujet à la fente: mais cecin’est qu’une expérience individuelle, faite seulement surdes arbres fruitiers, et non encore sanctionnée par unelongue expérience. Cependant, le succès obtenu nous en-gage à la consigner ici, afin qu’entrée dans le domainede l’exploitation publique, elle puisse être répétée,suivie, étendue.
On fera bien, toujours après avoir abattu des arbres,de les ébrancher, de couper de très près le cheveludes racines, et dans cct état de les immerger dans uncourant d’eau douce ; mais de telle sorte que l’arbre nesoit plongé que jusqu’à la moitié ou même nu tiers dela hauteur du tronc, et placé dans uneposition verticale,ouinclinée sur le bord du talus du fossé. Si les arbres ontété abattus aux approches du printemps, on verra quel-ques pousses de feuilleslorsque la chaleur del’atmosphèrese fora sentir. Ces feuilles, et même les bvindelles quipourraient croître, seraient un indice qn’on aurait bienopéré. Cette végétation limitée prouve que l’arbre pompel’eau par les racines coupées, et qu’il se fait à l'intérieurun travail de végétation. Si on laisse les arbres dans cetétat pendant l’été, ils ne se fendront pas. Et à l’au-tomne, lorsqu’on les retirera de l’eau et qu’on les abri-tera contre les rayons du soleil et les atteintes de lapluie, ils sécheront lentement ; une grande partie de lasève, qui est essentiellement fermentescible, ce qui esttoujours cause de Réchauffement des bois et de la dégé-nérescence hâtive qui s’y fait remarquer, aura étéchassée par l’eau aspirée par les racines, une autrepartie sc sera dispersée, car la sève est soluble dansi’eau froide. Par ce moyen, d’une exécution très facile,les bois seront d’un bon usage, seront bien moins sujets