COLORATION DT/S BOIS.
COLORATION DES BOIS.
à la fonte et à la vermoulure ; les gros vers l'attaque-ront moins, et ils pourront être conservés jusqu'au prin-temps suivant, époque oii il sera convenable de lesécorccr, par les motifs qui seront exprimés plus bas.
IL faut faire bien attention que ce procédé que nousindiquons, et dont l’idée nous a été donnée par les bellesexpériences deM. Boucherie, dont nous dirons quelquesmots plus bas, difTère entièrement de l'immersion to-tale qu’on avait l’habitude de faire dans certaines con-trées dans les courants d’eau douce. Les bois ainsiplongés étaient envahis de tous côtés par l'eau qui ten-dait à les pénétrer par les deux bouts, et comme l’ef-fort était le meme de chaque côté, l’eau ne pouvaits’introduire dans les pores, la sève s’y trouvait empri-sonnée, elle s’y coagulait, s’y corrompait, et occasion-nait la corruption du bois, au lieu que dans la positionque nous indiquons, la majeure partie de l’arbre étanthors de l’eau, la capillarité du bois et l'absorption del'air font monter l’eau, qui, quelquefois, lorsqu'il s'a-git de bois poreux et lorsque les arbres sont inclinésentre 30 et 40 degrés, exsude par la section des bran-ches.
Séchage. Des que l’arbre est couché par terre, il con-vient de l’exhausser au-dessus du sol, quelle que soit lanature de ce sol, en le faisant porter soit sur des chan-tiers. soit, à leur défaut, sur des pierres. Quelques per-sonnes suivent une marche diamétralcilicnt opposée : ilslaissent les bois sur terre, les couvrent en partie de sable,s’il s’en trouve à leur portée, ou, à défaut de l’ensable-ment, amassent la terre et laissent croître les herbesautour du bois: ils prétendent en agissant de la sorteconserver au bois une fraîcheur qui l’cmpeche de séchertrop promptement et de se fendiller ; mais en évitant defaire gercer le bois, ils le font s’échauffer, ce qui est unincoménient bien plus grave, car réchauffement altèreprofondément le bois, le dénature, le prive de son res-sort, dg son liant, de sa fermeté. Il est donc préférablede risquer l’invasion de quelques fissures, et encore enagissant avec prudence on parviendra, dans la majoritédes cas, aies éviter.
Les bois couchés horizontalement sur des chantiers,espacés les uns des autres, si on leur a conservé l’é-corce, juxta-posés, si ce sont des pelards, ne devront pasêtre laissés découverts, car les alternatives de la pluieet de la sécheresse, de la rosée et du lulle, de la fraî-cheur de la nuit et de la chaleur du jour, leur seraientcontraires, et seraient des causes déterminantes de gerceet de fente. Si donc ou ne doit faire qu’une assise, ilsera prudent de couvrir ces bois de planches ou dejoncs, et d’englaiscr les pelards; mais ordinairement onempile les bois, et cette méthode est préférable. Ainsidonc, après avoir fait une assise, dont les brins seront-espacés d’un décimètre pour le moins, on mettra une se-conde assise croisant la première, et ainsi de suite jus-qu'à l’entière élévation de la pile, qu’on terminera parune espèce de toit incliué, en planches, comme le fontles menuisiers dans leurs chantiers. Les bois ainsi placésresteront une année à sécher. L’année suivante la dessic-cation principale sera faite. Le bois n’a jamais de retraitque sur son diamètre, sa longueur reste en partie inva-riable; et comme l’écorce n’est pas aussi snjetre que lebois au retrait, il arrivera que son adhérence au boissera détruite et qu’elle s’enlèvera aisément. On feradonc bien de défaire la pile, d’enlever toutes lesoeorccs qui ne sont plus adhérentes, d’écorcer grossiè-rement et jusqu’au liber seulement, les bois qui n’aurontpas quitte leur écorce, et de refaire la pile en mettanten bas les bois du haut, et vice versa , en ayant soin,cette fois, de ne laisser aucun espace entre les morceauxqui devront se toucher; car ces bois, privés de l’écorce,seront bien plus sujets à se fendre lorsqu’ils seront sai-sis par le hfde ou chauffés par les rayons du soleil. Onies recouvrira do la même manière. Kn agissant ainsi,
on conservera mieux le bois que par tout autre moyen.
Le conseil que nous donnons d’ccorccr les arbres laseconde année, n’a d’autre but que de prévenir l'enva-hissement des vers, qui sont à craindre surtout pour lesbois fruitiers, les bois résineux ; les conifères y sontbien moins assujettis, et on pourra, à leur égard, sedispenser de l’écoroement. Voici cc qui a lieu pour lesarbres sujets à l’attaque des vers : les œufs sont dépo-sés à l’automne dans l'écorce des bois empilés, ils éclo»sent au printemps ; le ver, jeune encore, sc nourrit de1*écorce et du liber qu’elle recouvre ; il parcourt de lasorte le bois en tous sens, jusqu’à ce que, parvenu à uncertain degré de force, il puisse attaquer le bois lui-même et s’y introduire. Il y cause de grands ravages,car la poussière qu’il laisse après lui s’empare avidem-ment de l’humidité de l’atmosphère et la porte dans lecœur du bois ; des myriades d’autres vers éclosent danscette poussière qui fermente facilement, et les vers de-viennent de la sorte l’un des agents les plus destruc-teurs. Lorsque les arbres sont écorces, les œufs quipeuvent être déposés sur le bois nu ne sont jamais àcraindre ; car, s’ils éclosent, le ver meurt infaillible-ment d’inanition sur cette substance dure et lisse, qu’ilne peut attaquer encore, privé qu’il est d’ailleurs dupoint d’appui que. lui prête l’écorce.
Mais comme la dessiccation est bien plus prompte surles bouts ’rancliés des arbres empilés, et que l’effet decette dessiccation est de rétrécir le diamètre de ces boutsen fermant les canaux capillaires, par lesquels l'humi-dité encore contenue dans le corps de l’arbre se peutévaporer, que cette humidité est canso de fermentationet de pourriture en tenant la sèv.» qui est enfermée dansles canaux nutritifs dans un état liquide qui s’oppose àla coagulation, il convient de scier un peu les bouts dela longueur de deux ou trois centimètres, un peu plus,un peu moins, selon que la dessiccation est plus avancée,afin que les pores étant de nom eau ouverts par cetteablation, l’humidité puisse continuer à se frayer unpassage au dehors et que la sève puisse se eoncréter en-tièrement.
Lorsqu’il na s'agit pas de grandes exploitations com-merciales, mais seulement de la provision d’un ate-lier ou d’un ouvrier, on fera bien de rentrer les boisnouvellement abattus et sans écorce sous un hangard,en laissant quelques mois durant la racine, ou la cu-lasse, plongée dans une auge de pierre, ou simplementun baquet rempli d’eau, qu’on aura soin d’alimenter aufur et à mesure qu’elle sera absorbée, les boisétant tenuspresque debout appuyés contre les murs. Au bout doquelques mois on cessera d’v mettre de l’eau, et lesbois, ainsi maintenus dans une position verticale et àl’ombre, sécheront assez lentement pour ne point scfendre.
Quant à la dessiccation au feu ou à la vapeur, l’ex-périence n’a pas parlé en sa faveur. Indépendammentde ce qu’elle altère souvent les qualités des bois, en lesrendant cassants, en détruisant la coloration naturelleet en nuisant au poli, elle les rend très hygrométriques,qualité qui les fait s’emparer avidement de l’humidité del’air, et qui les gonfle ou favorise la gerce dans les tempsde grande sécheresse. D’ailleurs, les moyens d’exécu-tion que nécessite cette opération ne sont pas à la por-tée de tout le monde, et l’industrie ne retire jamaisqu’un médiocre avantage des moyens compliqués.
Dès que les bois sont suffisamment secs, il est sagede les faire de suite débiter dans des proportions un peuplus étendues que celles réclamées par les usages aux-quels ils sont destinés, parce qu’alors s’opère l’entièreet définitive dessiccation : si cc sont des planches, on asoin de les entasser l’une sur l’autre en piles, afin queleur propre poids les empêche de se gondoler, de se tour-menter ; le plus de bois qu’on a laissé aux morceaux sertà dégauchir et à ramener les pièces à leurs proportions
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