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COLORATION DES BOIS.

COLORATION DES BOIS.

tinte avec de la ponce broyée, et l’on sèche au tripoli rouge avant de vernir. La terre de Sienne , bfroyée avecl'huile de lin à froid, et ensuite délayée dans une plusgrande quantité d’huile, s’emploie comme l’orcanette etdonne les memes résultats. L’orseille est soluble dansl’eau qu’elle teint en rouge violet ; mais en aeidulantl’infusion, on la ramène au rouge vif, il ne faut quechauffer modérément. Un peu de dissolution d’étainrend la couleur belle et brillante; pour employer cettecouleur, il faut que le bois ait été préalablement aluné.Le bois de campêche, dans la proportion d’un hectogr.environ, réduit en poudre, par chaque litre d’eau, donnepar l’ébullition une couleur rouge d’un œil particulier:les bois doivent infuser dans cette teinture plus onmoins longtemps, selon que l’on veut donner plus oumoins d’intensité à la couleur. Le bois de Hrésil est pré-férable au campêche. On le fait bouillir à l’état de l'a-pure, ou réduit en copeaux, peudunt 2 heures environ,dans de l’eau mise dans la proportion de : bois, i , eau,10; plus ou moins, suivant l’intensité de couleur qu’onveut obtenir. On doit préférer les eaux de puits à l’eaude rivière, et si l’on ne peut avoir que de cette der-nière, il est bon d’y ajouter un peu de nitre. La teintedevient pourpre si on y mêle du bois de campêche, etlorsque le bois est teint et qu’il est sec en le mouillantlégèrement avec de l’eau dans laquelle on a fait dissou-dre de la potasse perlasse, dans la proportion de 4 gram.par litre d’eau; on attendra que cette solution ait pro-duit son effet avant d’en mettre une seconde, car ce nesera qu’après l'inspection de l’effet produit par la pre-mière couche qu’on pourra juger s’il est nécessaire d’enmettre une seconde. Pour que la teinte devienne plusclaire, tirant sur le rose, ou fera entrer dans la décoctiondu bois de Brésil , de l’ammoniaque ou de la potasse per-lasse, et on laissera le tout infuser 48 heures et mêmeplus, puis on tirera au clair et on fera chauffer jusqu’àébullition ; on l’étendra alors toute chaude sur bois, ou,lorsque cela sera praticable, en plongera le bois dans cettepréparation. Lorsque le bois est teint, et avant qu’il soitsec, on le mouille avec une eau alunée. On adoucira, oul'on foncera la teinte, selon qu’on augmentera on qu’ondiminuera les doses de potasse perlasse, d’ammoniaque oud’alun. Le bois de Brésil peut servir plusieurs fois avantque toute sa matière colorante soit épuisée. Un bainpréparé d’avance, et conservé quinze jours ou un mois,couvert et dans un lieu frais, n’en produira que de plusbelles teintures. La décoction du bois de Brésil sansalun produit un rouge-jaune qui n’est pas sans un cer-tain attrait. Le bois de Fernambouc produit à peu prèsle même effet, et se comporte pour ses préparationscomme le bois de Brésil . On emploie encore le bois deBrésil en mettant les pièces à teindre dans un bain devinaigre pendant 24 heures, ou en humectant plusieursfois ces pièces avec une éponge pleine de vinaigre. Onjette ensuite dans le vinaigre de la râpure de bois deBrésil , jusqu’à ce que la teinte soit arrivée au pointvoulu ; on ajoute de l’alun et on fait bouillir. La po-tasse et la soude agissent sur le bois de Brésil ; ellesfoncent sa couleur : les acides jaunissent la décoction,et on se sert souvent de cette faculté pour rendre aubois de Brésil , qui aurait passé au clair, toute l’inten-sité de sa couleur. La chaux employée avec prudenceproduit le même effet; elle fonce la couleur, et cettecouleur ainsi ramenée est bien plus durable. Les autresmatières qui servent à teindre les bois en rouge, sontla chaux , pour le merisier, le cerisier, le gyignier ; onen fait un lait très épais dans lequel on met tremper lespièces, on on étend ce lait avec l’éponge ou la brosse;la gomme adragante ; on la fait dissoudre dans l’essencede térébenthine; on plonge le bois dans la solution etl’on fait chauffer doucement. Apres une heure ou uneheure et demie l’essence est évaporée ; on laisse le bois.iusau’au lendemain sans y toucher, et avant de le polir,

on le frotte avec un peu d’alcool pour enlever la gommequi aurait pu rester en excès.

Nous passons sous silence tous les procédés pour imi-ter la couleur de l’acajou ; ce bois est maintenant tel-lement baissé de prix que la connaissance de ces pro-cédés est à peu près inutile. Ce n’est pas tant la couleurqui plaît dans l'acajou, c’est le ronce, le fleuri, et sur-tout son admirable chatoyement qu’aucune couleur nepeut rendre, que l’art ne peut produire, et d’ailleurs lamode de l’acajou tend à disparaître petit à petit. Nouspasserons donc aux autres couleurs.

La teinture bleue se fait soit avec le tournesol, soitavec l'indigo , soit avec le bois de campêche , soit avecune dissolution de cuit're rouge dans l’acide nitrique.Pour préparer le tournesol, on éteint une poignée dochaux daiiâ un litre d’eau, puis on ajoute dans cette eau2 hectogr. de tournesol ; on fait bouillir une heure en-viron, on immerge les bois dans cette préparation, ouou les frotte à l’éponge ou à la brosse, si l’immersionn’est pas praticable. Quant à l'indigo, on le broie le pluslin possible, on expose à une chaleur douce, au soleil.On inet l’indigo peu à peu, jusqu’à consistance debouillie, on malaxe et on soumet le vaisseau qui con-tient la couleur à une chaleur d’eau bouillante pendant2 ou 3 heures ; on retire du feu, et lorsque le mélangeest refroidi, on ajoute autant de potasse bien sèche qu’ily a d’indigo (1/8 de la quantité d’acide sulfurique), onmêle bien cette potasse et on laisse reposer 24 heures.Dans cet état, elle serait beaucoup trop foncée, aussipour l’employer est*ou obligé de l’étendre d’eau, afinde l’amener à la nuance voulue. Cette teinture ne pénè-tre le bois que fort lentement, aussi devra-t-on laisserle bois soumis longtemps à son action. La teinture parle bois de campêche est également très lente dans son ac-tion, il faut laisser les bois plusieurs jours dans le bainpour qu’ils en soient pénétrés. On met 2 hectogr., ou2 liectogram. 4/2 de râpure de bois par litre d’eau,avec un peu d’oxyde de cuivre, et on laisse bouillir letout pendant une heure environ. La dissolution de cuivrese fait de deux manières, et, selon qu’on a opéré, on aune teinture verte ou une teinture bleue. On met del’acide nitrique pur dans un vase, et on jette dedans partrès petites pincées de la limaille de cuivx'e rouge ; lors-que l’ébullition est commencée, on éteint avec de l’eau.Le cuivre finit par se dissoudre dans cet acide étendu.On peut aussi étendre d’abord l’acide, puis y mettre lecuivre. Dans tous les cas, il est bon d’agir en plein air,car il se dégage des vapeurs abondantes. Quand la dis-solution s’est faite avec une forte effervescence, on ajoutel’eau nécessaire pour ramener à la teinte qu’on veutproduire. En général une eau très peu teintée suffit pourcolorer très foncé; on ne doit pas craindre d’étendre ladissolution.

La teinture en jaune se fait soit avec la gaude, soitavec la graine d'Avignon , soit avec le curcuma, et aussiavec chacune des substances dont les noms suivent : lebois jaune, le fustel , le quercitron, la gomme gutte, lerocou. On fait simplement une décoction d’une ou plu-sieurs de ces substances, et l’on met infuser dans cettedécoction les bois qu’on veut teindre. On donne du tonà la couleur produite par la gaude en mettant dans lebain un peu de soude ou d’oxyde de cuivre; dans la dé-coction de bois jaune, il faut mettre un peu de colleforte, ou même simplement des rognures de peau degants. Quant au rocou, on le fait bouillir pendant unquart d’heure avec une quantité égale de bonne potasse.On obtient aussi la couleur jaune avec la gomme-guttedissoute dans l’essence de térébenthine, surtout si onopère sur le platane; le curcuma se prépare avec l’alcool,on en met 00 gr. dans un litre d’esprit ; on rendra cejaune orangé en ajoutant a la dissolution un peu desang-dragon. Nous ne donnons pas l’historique de cessubstances qu’on trouve toutes préparées dans le conv-