COLORATION DES BOIS.
COLORATION DES BOIS.
même; mais si l’ontient à conserver cesmêmes liquides, soitpour en l’aire l’amilyse, soit pour lesfaire passer une se-conde fois, on pla-cera sous ce bois A,une terrine , ou uneaugette en pierre, oumême simplement,comme nous l’avonsreprésenté dans la li-gure 555, eu B, unbaquet dans lequelles liquides serontconservés ; en O, onvoit la bande de cuir,amincie par un bout,afin qu’elle fermebien, serrée forte-ment par la corde l).
Les choses ainsi dis-posées on remplirad’eau l’excipient 0,
et au fur et à mesure que cette eau descendra dan» lebois, on remplira l’espace vide. Cette eau pesant sur lasève la chassera devant elle, et on la trouvera répanduedans le baquet ; assez ordinairement, c’est un liquideépais, verdâtre, glutineux. Quand toute la sève est ex-pulsée, l’eau apparaît pure etlimpide; on lalaisse coulerentièrement, puis on verse dans l’excipient la liqueurdont on veut que le bois soit pénétré. Si on opère seule-ment dans la vue de conserver le bois, on le saturerad’huile, ou de gommes et de résines dissoutes, soit dansl’alcool, soit dans les huiles essentielles ; de solutionde pyrolignite de fer, etc., selon le degré de foiqu’on pourra avoir dans ces moyens de conservation.Comme nous ne sommes pas, par nous-mêmes, trèspersuadés encore que ces moyens soient aptes à conser-ver le bois, nous nous garderons bien d’influencer enrien l’opinion des expérimentateurs. Notre but est toutsimplement de leur indiquer la marche à suivre, ou, pourêtre plus conséquents, la marche que nous avons suivie.Si la coloration est le but qu’on se propose d’atteindre,on versera les mixtions aussitôt après le passage del’eau pure et même avant qu’elle soit entièrement sortiedu bois. Nous avons essayé l’indigo, le carmin, le bleude Prusse, les terres d’Italie , etc., etc., délayées dansPeau , nous n’avons nullement réussi, la matière colo-rante restait sur le bois, l’eau passait claire, le boisagissait comme un filtre. Le vin très coloré a produitde meilleurs effets, mais pas aussi sensibles que nousl’avions espéré; il nous aurait fallu du gros-noir , nousn’avons pu nous eu procurer. Sur l’alisier, les jus demûres noires et de guignes, ont produit une couleur vi-neuse assez agréable, et nous devons dire que le boisque nous avions soumis à cette épreuve, encore bien qu’ilfût encore très nouvellement abattu, ayant été moulésur le tour, et façonné en boîtes, fermant par des cou-vercles à pression, ne s’est nullement déformé, et queles fermetures sont restées exactes ; faits qui viendraientà l’appui de l’opinion de ceux qui pensent que l’opéra-tion contribue à la conservation des bois.
Sur d’autres rondins, nous avons remplacé la bandede cuir par une grande douille en fer, limée par le basen couteau circulaire; quelques coups de masse, donnéssur le dessus de cette douille, suffisaient pouy la faireentrer assez avant dans le bout des bois, pour qu’elleretînt l’eau et les autres liquides. Enfin, nous avonsrendus coupants des bouts de canon de fusil, longs dequatre diamètres environ ; et nous avons planté dans lebout supérieur d’un bois debout fuit ou dix de ces tu-
bes, que nous avons remplis jusqu’au haut, de liquidesdivers, ayant chacun une teinte particulière ; l’effet pro-duit a été le même, quelques-uns des liquides ont passésans se confondre avec les autres; quelques liquides sosont confondus et ont formé les nuances appartenant àleur mélange. On peut encore, ainsi que nous l’avonsexpérimenté, lorsqu’on peut perdre un peu de bois, secontenter de forer le bois avec des tarières ou des mè-ches, plus ou moins grosses, et vider les liquides dansces trous ; ils traverseront de même toute la longueurdu rondin en ligne à peu près directe.
F
La fig. 556 représente un autre mode, qu’on pourraemployer lorsque les bois seront très longs, et qu’il se-rait difficile de les tenir dans une position verticale lesmêmes lettres de renvoi sont appliquées aux mêmes ob-jets. Comme on le voit, l’arbre A est courbé sur leschantiers K qu’on pourra tenir plus gros qu’ils ne sontindiqués ; afin que l’arbre soit élevé plus haut et que levase B puisse être plus profond et ait une plus grandecapacité. La chausse en cuir C doit être cousue au filpoissé, comme les tuyaux des pompes à incendie, oubien être faite en toile imperméable : elle sera solide-ment attachée après la cannelle du tonneau F qu’onremplira d’eau, ou des préparations qu’on voudra faireentrer dans l’arbre. Ce tonneau sera supporté par untrépied G ; plus il seraélevé,plus l’eau aura de force pourpénétrer dans le bois. J1 est bien entendu que le ton *neau F sera découvert, afin que la pression de l’airagisse sur l’eau; ce procédé est toujours le même naisil permet d’opérer sur une pins grande échelle.
On trouve dans la nature des bois accidentellementcolorés des nuances qui, bien certainement, n’appartien-nent pas à l’arbre lui-même, puisque ces nuances ne seretrouvent pas dans les autres individus de la mêmeespèce. Il n’a fallu souvent que des clous plantés dansdes ifs, soit pour attacher les cordes à tendre le linge,soit pour tout autre motif, pour teindre en violet, degrands espaces dans le bois: car il arrive presque tou-jours que dans ces bois, richement, mais accidentelle-ment colorés, on retrouve des clous qui ont été plantés,l’arbre étant jeune, et que les courbes ligneuses ont en-suite recouverts et enfermés dans le cœur du bois. Il enest de même du plomb que les chasseurs lancent dansles arbres des forêts. Lorsqu’on rencontre des morceauxdans lesquels le plomb a pénétré durant la vie du sujet,on remarque une teinte toute différente dans le bois, etqui se répand bien loin de l’endroit où le plomb a étéenfermé ; et cet effet a lieu probablement, parce que lesmétaux, garantis du contact de l’air par le bois dontils sont recouverts ; mais sans cesse baignés par les cou-rants ascendants ou descendants de la sève, subissentune espèce de digestion qui les décompose suivant unmode particulier, et que leurs molécules entraînées auloin dans les canaux médullaires y déposent leurs par-ties colorantes, ou du moins y occasionnent ces change-