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COMBUSTIBLE?.

COMBUSTIBLE?

pèces de charbon. Ainsi, il paraît bien constant que lecharbon de bois transforme l'acide carbonique en oxydede carbone plus rapidement que le coke. Partout oùl’acide carbonique devra être complètement changé enoxyde de carbone, il y aura avantage à employer lecharbon de bois, puisque l’étendue de la zone oxydanteavec celui-ci sera, tomes choses égales d’ailleurs, bienmoins considérable qu’avec le coke. Quand, au con-traire, on devra transformer le moins possible d’acidecarbonique en oxyde de carbone, comme dans les cu-bilots, les fourneaux à vent, le coke sera bien préférableau charbon de bois. Nous supposons, dans tout ce quivient d’être Hit, que la calorie du charbon de bois n’estpas plus chère que la calorie du coke, ou, ce qui revientau même, nous cherchons quel est celui des deux com-bustibles qui permettra d’obtenir un effet donné avec lamoindre dépense de calories , indépendamment de leurprix relatif.

On peut maintenant se demander pourquoi le charbonde bois transforme l’acide carbonique eu oxyde de car-bone plus rapidement que le coke. La porosité du char-bon de bois me paraît pouvoir expliquer ce fait d'unemanière satisfaisante. D’après M. Mitscherlicli, le dia-mètre moyen des pores du charbon de bois est d’envi-ron yJ-- millim. En comparant le poids du charbon secau poids du même charbon imbibé d’eau et au diamètredes pores, M. Mitscherlich a calculé que la surface to-tale des cellules, dans un morceau de charbon de boisqui pesait 0® r ,956o était d’environ 8 mètres carrés.Comme les gaz peuvent pénétrer dans les porcs ducharbon, on voit que sous un faible volume il leur of-fre une surfaco très considérable, et que par conséquentl’action chimique peut s’effectuer tout entière dans unespace peu étendu. Le coke est loin de présenter uneporosité comparable à celle du charbon de bois. Lesmêmes considérations permettent d’expliquer pourquoile charbon de bois, une fois allumé, continue à brûlerà l’air libre, tandis que le coke s’y éteint très rapide-ment. Il ne paraît pas nécessaire, pour rendre comptedes différences de combustibilité des divers charbons,d’admettre des différences dans leur nature chimique.

J’ai dit plus haut qu’on n’employait ordinairementdans les fourneaux à cuve que des combustibles carbo-nisés. On a proposé, il y a quelques années, de rem-placer ceux-ci par des combustibles à l’état cru, et denombreuses expériences ont été faites dans les usines àfer sur la substitution du bois au charbon dans leshauts-fourneaux. On pensait qu’on utiliserait dans lehaut-fourneau toute la partie combustible que perd lebois pour se transformer en charbon. Mais l’expériencea prouvé que dans un fourneau alimenté en tout ou enpartie avec du bois, celui-ci se carbonisait dans unecertaine zone de l’appareil élevée bien au-dessus de lazone de combustion, en sorte que tous les produits dela distillation se dégageaient avec les gas de la colonneascendante. On a constaté également que cette distilla-tion du bois produisait une absorption considérable dechaleur latente et un grand abaissement de températuredans la partie du fourneau où elle s’effectuait. On enest revenu presque partout à l’emploi exclusif des com-bustibles carbonisés. Il convient de dire toutefois que lebois torréfié ou charbon roux est encore employé avecavantage dans quelques hauts-fourneaux des Ardennes ,et la raison en est, sans doute, que le bois torréfié laissepar sa distillation dans le fourneau une plus forte pro-portion de charbon qu’il n’en aurait donné si on l’eûtcarbonisé, à l'état naturel, par la méthode ordinairedes forêts.

De la combustion des gaz. On a vu par ce qui précèdeque les gaz qui s’échappent à la partie supérieure desfourneaux à cuve contiennent encore beaucoup d’oxydeco carbone et d’autres gaz combustibles, tels que l’hy-

drogène,qui proviennent de la distillation du charbon.Il en résulte des flammes bleuâtres qui se continuentau gueulard tant que le fourneau est eu roulement. Onn’avait jamais songé ù tirer parti de la chaleur qu’ellesproduisaient jusqu’en I8U9, époque à laquelle M. .*!«-bertot , maître de forges de la Nièvre , fit exécuter dansses usines de nombreuses constructions pour tirer partide la chaleur perdue de- ses hauts-fourneaux et do sesfeux d’affmerie. Il utilisa cette chaleur avec beaucoupde succès pour la cuisson de la chaux et des briques,pour le grillage des minerais de fer. Ses procédés furentdécrits en 1814 pur M. Berthier qui indiqua en même*temps dans son mémoire plusieurs autres usages aux-quels ou pouvait appliquer cette source de chaleur, en-tre autres, le chauffage d'une chaudière à vapeur destinéeà fournir la force motrice pour la soufflerie du haut-four-neau. Mais l’emploi des gaz combustibles des hauts-fourneaux n’a acquis dans la métallurgie une grandeimportance que depuis quelques années. L’on a reconnuque la chaleur développée par leur combustion étaitcomprise entre les 2/3 et les 3/4 de la valeur calovîti-que du charbon introduit dans le fourneau.

Jusqu’à ces derniers temps, la combustion do cesproduits gazeux s’opérait librement par l’air atmosphé-rique qui s’introduisait avec eux sous les chaudières oitdans les fours où leur chaleur devait être utilisée. Maisce mode de combustion était fort imparfait, et il estfacile d’en montrer la cause. Quand on brûle un com-bustible solide sur une grille ou dans un fourneau active,l’air appelé par la cheminée ou projeté par la tuyère,s’introduit à la fois à travers tous les interstices quelaisse le combustible, et l'absorption de l’oxygène deTairestpourainsi dire instantanée. Quand, au contraire,un volume de gaz un peu considérable se brûle à l’airlibre, il n’y a combustion qu’à la surface do contactdu gaz avec l’air, et il en résulte nécessairement queles flammes doivent se prolonger à une grande distancede l’orifice de sortie des gaz. Dans de pareilles condi-tions, il n’était pas possible d’obtenir de la combustiondes gaz une température très élevée, à cause du dépla-cement continuel du licii de la combustion.

M. Faber du Faur, directeur de l’usine royale de ïï’as-seralfingen (Wurtemberg), a complètement résolu leproblème de la combustion la plus avantageuse des gaz,en injectant au milieu de ceux-ci, par un grand nombred’orifices, un courant d’air chaud et comprimé. L’air etles gaz sc mélangeant presque instantanément, le lieude la combustion se trouve invariable et à une petitedistance de l’entrée de l’air et des gaz dans le four.M. Faber du Faur est parvenu à utiliser ainsi les gaz deshauts-fourneaux pour l’atlinage de la fonte et mêmepour le soudage du fer.

Depuis la réussite des essais de M. Faber du Faur, ona monté des appareils pour le puddlage de la fonte aumoyen des gaz des hauts-fourneaux dans plusieurs usi-nes de France et de l’étranger. Les appareils de com-bustion ont des formes très variées, mais le principe deleur construction est identique à celui des fours de Was-seralfingen (voyez fer).

De la transformation des combustibles en gaz. La pos-sibilité de développer de hautes températures au moyende la combustion des gaz étant démontrée, on a dûnaturellement se demander s’il ne serait pas avantageuxde transformer les combustibles solides en gaz pour lesemployer à cet état. Des expériences faites à Audincoui t(Doubs), en Prusse et en Autriche , ont résolu affirma-tivement cette question et ont prouvé qu’on pouvaitutiliser ainsi, pour les usages métallurgiques, des com-bustibles d’uu emploi nul ou peu avantageux à l'étatsolide.

Examinons successivement les différents moyensqu’on peut employer pour préparer des gaz combustibles.

'1 U La distillation. La distillation en vases clos ne

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