COMBUSTIBLES.
COMBUSTIBLES.
supérieure à 100°, et l’on peut en conclure que la cha-leur sensible qui restait à la colonne ascendante aprèsla formation de l’oxyde de carbone, a été entièrementemployée à produire la distillation du bois.
Los gaz produits avec le bois renferment près do43 p. 100 de principes combustibles, notablement plusque les gaz de charbon, et cependant leur combustionne donnerait pas une température aussi élevée que cellede ces derniers, si on brûlait les gaz immédiatement aleur sortie du générateur. Cela tient nia faible tempéra-ture de ces gaz et à la grande quantité de produits liqui-des quils entraînent, lesquels sont formés principalementd’eau, et abaisseraient considérablement la températurede combustion. Il faut ici que le générateur soit à unecertaine distance des fours, et que les gaz circulent à tra-vers des récipients d’un volume suffisant pour déterminerla condensation des vapeurs. Il faut de plus que ces gazarrivant au four à réverbère soient réchauffés à chaleurperdue du four, comme l’air employé à la combustiondes gaz. En suivant cette marche, on peut Gtre certainque les gaz du bois donneront une température aumoins égale à celle des gaz de charbon. On obtiendraitde plus, dans les condenseurs, de l’acide pyroligneuxet du goudron, dont la valeur doit être prise en consi-dération.
Pour la tourbe et les combustibles qui s’en rappro-chent par leur composition, comme les lignites, ilsera convenable d’opérer comme pour le bois, c’est-à-dire de condenser les produits liquides qui sont peucombustibles et de réchauffer le3 gaz à chaleur per-due.
En brûlant le bois, la tourbe et les lignites à l’étatcru sur les grilles des fours à réverbère, on sait qu’onn’arrive pas à de très hautes températures, et leur com-position en rend bien raison. En transformant au con-traire ces combustibles en gaz, il est facile de les utili-ser pour la production des températures les plusélevées. La séparation des produits liquides de leurdistillation, réchauffement de l’air comburant et desgaz combustibles, sont les trois conditions auxquelles ilconvient de satisfaire.
On emploie en Silésie la houille dans des généra-teurs de gaz, qui alimentent des fours de mazéage et depuddlage. En Autriche , on suit des procédés analoguespour l’emploi des lignites terreux et de mauvaise qua-lité. La combustion des gaz qu'ils produisent permetd’obtenir aisément la température nécessaire au pudd-lage de la fonte. Les générateurs employés en Autriche n’ont pas la même forme que celui décrit plus haut,mais les principes de la formation des gaz sont identi-ques.
11 convient d’ajouter ici que la compagnie d'Audin-court n’a pas pris de brevet d’invention pour les pro-cédés décrits plus haut, et qui ont été établis dans sesusines à la suite d’expériences qui y avaient été exé-cutées aux frais de j’Êtat. Ces procédés sont donc dansle domaine public.
4° Emploi simultané de l'air et de la vapeur d'eau.Si l’on injecte dans la tuyère d’un générateur, commecelui d’Audincourt , de l’air et une certaine quantité devapeur d’eau; on reconnaît immédiatement qu’il en ré-sulte un grand abaissement dans la température dufourneau. L’œil de la tuyère qui était d’un blanc éblouis-sant quand on n’injectait que de l’air devient rouge, etles scories produites par les cendres du combustible nefondent plus. On conçoit que l’absorption de chaleurrendue latente par la décomposition de la vapeur limitenécessairement le volume de celle-ci. En la chauffant àsa sortie de la chaudière, on pourra en introduire unequantité d’autant plus considérable que sa températuresera plus élevée. Dans une expérience où le volume del’air était cinq fois plus considérable que celui de la va-peur d’eau, et où celle-ci était portée à une température
de 250°, j’ai obtenu, dans un générateur alimenté avecdu charbon de bois, des gaz formés de :
100,0
On voit que la vapeur d’eau s’est décomposée au con-tact du charbon, de façon à produire de l’acide carbo-nique et de l’hydrogène, et l’acide carbonique n’a paspu se changer en oxyde de carbone par défaut de cha-leur disponible dans le générateur. La température desgaz sortant du générateur ne dépassait pas 200°; onpourra donc les conduire au loin sans perte notable dechaleur, et leur combustion pourra produire de hautestempératures, puisqu’ils contiennent 41 p. 100 d’hydro-gène et d’oxyde de carbone. Il sera avantageux d’agirsur ces gaz comme sur ceux produits avec le bois cru,c’est-à-dire, de les réchauffer à la chaleur perdue du foyeroù ils doivent être brûlés.
L’inconvénient que présente l’emploi simultané del’air et de la vapeur d’eau consiste dans l'empêchementapporté par la décomposition de cette vapeur à la fusiondes cendres du combustible. Cette difficulté aurait unegrande importance avec des combustibles chargés decendres, comme le coke, par exemple. Mais il me sem-ble qu’il y aurait moyen de l’éviter, en introduisant lavapeur fortement chauffée, par un ou plusieurs orilices,situés à 30 ou 40 centimètres au-dessus des tuyères àair. La chaleur et la fusion des cendres se produiraientdevant ics tuyères à air, et la décomposition de la vapeurabsorberait le reste de la chaleur disponible. Je ne sa-che pas que ce système ait encore été essayé.
Il ne serait pas convenable d’introduire de la vapeurdans des générateurs alimentés avec des combustiblesà l’état cru, comme le bois ou la tourbe, puisque lachaleur disponible après la formation de l’oxyde de car-bone est absorbée par les produits de la distillation.
En résumé, on voit que l’on possède des moyens fa-ciles et économiques de transformer un combustible enun produit gazeux inflammable. Cette transformationpréalable présentera-t-elle quelques avantages? C’estce qu’il nous veste à examiner.
On peut transformer en gaz des combustibles chargésde cendres ou d’une faible valeur calorifique qui nepeuvent pas, dans l’état actuel, être utilisés avec avan-tage dans les opérations des arts. L’emploi du généra-teur de gaz a précisément pour résultat de dégager lapartie combustible de la partie minérale. On a vu, d’unautre côté, qu’on pouvait condenser les produits li-quides entraînés par les gaz, et développer alors par lacombustion de ces derniers les températures les plusélevées dont on ait besoin dans les arts.
La substitution des gaz aux combustibles solides doitpermettre de réaliser une économie sur le combustible.En effet, dans les procédés actuels le combustible estintroduit froid sur la grille des fours et c’est de l’airfroid qui est appelé par le tirage de la cheminée. Lescombustibles gazeux ne doivent être brûlés qu’aprèsavoir été fortement échauffés, et c’est de l’air chaudqu’on emploie pour cette combustion. On se trouvedonc ici dans les circonstances les plus favorables pourobtenir une température de combustion aussi élevée quepossible, et nous avons vu que plus la température decombustion était élevée, moins on consommait de com-bustible pour produire un effet déterminé.
Enfin un seul générateur de gaz établi sur des di-mensions suffisantes peut alimenter à la fois un grandnombre de foyers. Dans les ateliers où l’on a souventun grand nombre de foyers distincts, il serait proba-blement fort avantageux do remplacer les combustiblesi solides par les gaz. Avec une conduite générale de gaz