CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS .
dustrielles, telles et plus développées encore que Chnptal11 e les avait conçues.
« Les ateliers-modèles devraient être établis dansles chefs-lieux de départements. Nous avons donné en4 83i, dans le n" de mai du Journal des Connaissancesutiles, les moyens de parvenir à rendre au pays cetéminent service, nous avons évalué approximativementla dépense qu’entraînerait cet établissement ; mais nousn’avons ici à nous occuper que de rétablissement deces ateliers au Conservatoire des arts et métiers de Ta-ris. Ce serait do Taris que partirait l’exemple et queTimpulsion serait donnée; le-; ateliers.modèles des dé-partements seraient une répétition en petit de ceux duConservatoire des arts et métiers .
« L’atelier-modèle, pour chacune des principalesprofessions industrielles, serait composé le plus souventd’une seule chambre, qui pourrait être meme très res-treinte en étendue ; car souvent un ouvrier n’a pour ate-lier qu’un très petit local, éclairé par une seule fenêtre,dans la majeure partie des cas. Dans ce lieu seraientréunis les outils, machines-outils, instruments propresà une seule et meme profession, non point rangés surdes tablettes, mais mis à la portée de la main, et dansla place qui leur est le plus communément assignéedans Tarrangement d’une boutique bien tenue. Aucunde ces outils ou instruments ne sera double, aucun nesera admis sans discernement. Il faudra qu’un jury,composé de maîtres renommés, ait déclaré que l’outilest le plus parfait des outils de même nature connus,pour qu’il obtienne l'honneur de l’admission. Cet hon-neur il le conservera jusqu’à ce qu’un autre outil plusourlait encore, reconnu tel par le jury, vienne le détrô-ner. Alors l’outil déclaré supérieur remplacera le pre-mier qui sera enlevé de l'atclier-modèle, et porté dansune autre partie du Conservatoire destiné à devenir lesarchives de la profession ; car si toutes les nouveautésétaient admises, si les outils surpassés restaient dansTatelier-modèle, il y aurait encombrement, confusion,incertitude pour le visiteur, et le but qu’on se pro-pose d’atteindre serait manqué. A la garde, à l’en-tretien de chacun des ateliers serait préposé un vétérancélèbre du métier, choisi au concours par le jury desmaîtres, comme le plus instruit, le meilleur sujet, leplus digne. Ce serait ce gardien qui serait chargé d’ex-pliquer, de faire comprendre aux ouvriers de sa pro-fession, qui viendraient chercher la lumière dans l’atelier-modèle, la supériorité des outils et procédés exposésà leurs regards.
« Il se trouvera toujours dans l’atelier - modèle unecertaine quantité de matière première, afin que l’ouvrîer-gardien puisse, par lui-même, ou par le visiteur, si legardien y consent, faire fonctionner l’outil ou la ma-chine. Une récompense honorifique ou pécuniaire seraittoujours accordée à l’ouvrier qui serait assez heureuxpour avoir fait admettre un perfectionnement par lejury. Son nom serait cité; et lorsque, par la suite, lesateliers-modèles seraient institués par toute la France ,l’outil agréé à Paris serait expédié à tous les ateliers-modèles des départements, qui pourraient l’adopterd’après la décision du jury, ce qui serait déjà un puis-sant encouragement, et pourrait dispenser l’administra-tion de décerner une autre récompense. Dans tous lescas, les noms et adresses des auteurs seraient affichésdans Tatelier-modèle, ainsi que les prix de leurs outilsperfectionnés. Parce moyen, qui exciterait puissammentl’émulation des ouvriers, des fabricants, on aurait peud’achats à faire ; les modèles viendraient d’eux-mêmesbriguer l’honneur de l’admission... Les matières servantà la fabrication, les pierres à aiguiser, les poudres em-ployées pour le poli, les papiers de verre, les toiles éme-risées, les colles, les huiles, etc. , seraient admis dansl’atelier-modèle après avoir subi l’épreuve du concours.
« Spécifions 1 déterminons un atelier-modèle, pour
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bien faire comprendre ce qui précède . prenons au ha-sard , dans les trente ou quarante ateliers-modèlesqui seront ouverts au Conservatoire ; supposons quenous entrons dans l’atelier du forgeron. Dans unechambre au rez-de-chaussée, nous trouverons uneforge à bâti circulaire, abordable de tous côtés; si cemode a été jugé par le jury le mode le plus avanta-geux. un souillet llabier, si ce soufîlet est toujours lemeilleur connu, surmonté par le ventimètre le plusparfait ; la tuyère sera à réservoir d’eau fraîche, si cettetuyère est toujours en possession d'occuper le premierrang*sous le rapport de l'inaltérabilité; une plaque d’âtrcà huit sens, si on 11 ’a pas trouvé mieux encore; les loyersà air échauffé de Taylor et d’Hoffmann, s’ils conserventleur supériorité; l'étau à chaud à ouverture parallèle,les marteaux à panne centrée; une enclume de tel ou-vrier qui a remporté la médaille d’or à l'exposition desproduits de l’industrie nationale; du charbon de tel paysdéclaré être le meilleur, etc., etc. ; il y aura là des fersde telle fonderie, des aciers de telle autre. Le vieuxforgeron-gardien sera toujours là tout prêt à mettre lefer au feu, à démontrer l’excellence des outils et des ma-tières employées ; il pourra permettre à ce jeune homme,qui semble douter encore, de mettre lui-même le fer aufeu et de frapper sur l’enclume. Il n’y aura jamais en-combrement dans cet atelier , car il n’y viendra, à coupsûr, que des forgerons, des hommes de l’état. Les oisifs,les Haneurs so répandront dans les galeries des archives ;mais, dans les ateliers-modèles, il ne se rencontrera quedes hommes du métier, qui ont besoin de prendre con-naissance de ce qui se fait le mieux, afin de pouvoir répéter ce mieux dans leur boutique.
« Si la nouvelle se répand parmi les menuisiers qu’ilexiste parle monde une machine très simple servant àpercer facilement et correctement les mortaises, unemèche qui permet de percer, avec le même outil, destrous de diamètres très différents, des rabots sans coins,des guillauines atteignant jusque clans les angles , desbouvets faisant des rainures et des languettes à queue etautres perfectionnements , la première question qu’ilsfont, dans leur impatience de connaître ces outils, qu’illeur serait si important de connaître , est celle-ci : Yen a-t-il au Conservatoire? et quand on leur a répondu :Non, ils s’écrient, avec raison, dans leur dépit ; A quoisert donc le Conservatoire ?
« Un serrurier entend vanter des filières doubles,bien plus faciles à faire et fonctionnant bien mieux queles anciennes, les étaux à genoux et autres outils, ilcourt au Conservatoire, dans l’espérance de les voir : ilrevient fatigué de ses longues et inutiles recherches,chagrin de sa jotirnés perdue.
« Un tourneur a vu à l’exposition publique des pro-duits de l’industrie nationale, un tour, un support avan-tageux; il n’a pu eu prendre le dessin dans la foule,dans la colnte, il se dit : Je les retrouverai au Conserva-toire des arts et métiers dans l’atelier des tourneurs... ;il se trompe; il n’y a pas un atelier de tourneur au Con-servatoire. Si l’outil qu'il désire revoir et dessiner a étéacquis par l’administration, ce qui n’est pas du tout cer-tain, il sera perdu dans une foule inextricable d’outilsde toute nature ; et il faudra un hasard providentiel ouun an de visites assidues et tenaces pour le retrouver. •
« Un maître mécanicien dit à son ouvrier : Alèse cetube. L’ouvrier répond : Comment faire? —A quoi sertdonc le temps que tu passes au Conservatoire? — On ydit, répond l'ouvrier, qu’il faut aléser; mais on n’indi-que pas quelle est la manière de faire cette opération.—Mais, pourtant, il me semble bien y avoir vu des alésoirs.—Assurément, notre maître ; mais avez-vous dans votreboutique une machine à vapeur delà force de vingt che-vaux? — 11 n’existe donc pas un endroit où les ouvriersmécaniciens puissent apprendre à connaître les meilleursoutils de leur profession ? — Non. — On ne fait donc