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A-F.
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CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS .

CONSTRUCTION DES MACHINES.

pu* un cours de technologie au Conservatoire? — Non.— Il serait pourtant le plus important de tous.

« Mais quand les ateliers-modèles seront établis, lemaître ira voir celui de sa profession, il y enverra sonouvrier quand celui-ci lui répondra : Je ne sais pas : il n'yaura plus de pas et de temps perdus, plus d’incertitude,plus -de fatigue. Quand le père ébéniste de Rouen ,d’Amiens ou d’Orléans enverra son fils à Paris , sa re-commandation la plus expresse sera d’aller au Conser-vatoire des arts et métiers prendre une connaissancedétaillée de l’atelier d’ébénisterie, afin qu’à son retouron puisse plaquer dans sa boutique suivant les meil-leures méthodes.

a Quand un ouvrier voyageur viendra dire à l’artisando la petite ville : Vous faites mal, vous êtes en arrière;ou ne fait plus ainsi à Paris . L’artisan, au lieu de selaisser induire en erreur par l’ouvrier qui vient de loinet qui veut faire le capable, lui répondra : Vous voustrompez vous-même ou vous voulez me tromper. L’ate-lier-modèle existe ; c’est lui qui sera notre juge et nousmettra d’accord. Ce que vous dites n’existe pas à Pate-lier-modèle; je l’ai vu lors de mon voyage à Paris :c’est moi qui suis dans la bonne route.

« L’atelier-modèle serait le régulateur dans chaqueprofession. Ilcxeiteraitunenobleémulation entre les ou-vriers. Heureux celui qui pourrait découvrir un perfec-tionnement ! il saurait désormais où le porter, où trouverdes juges, des appréciateurs; et si sa découverte étaitgoûtée, si son nouveau moyen d’exécution était admis,sa réputation grandirait parmi ses confrères ; sa condi-tion serait améliorée.

« A peine Paris scrait-il doté de cette utile institu-tion, quêtons les chefs-lieux de département voudraientaussi en jouir. Des amateurs riches, des ouvriers retirésfourniraient les uns le local, les autres le matériel. Cha-cun voudrait attacher son nom à cette noble et profitablefondation, et l’administration publique aidant, les chefs-lieux d’arrondissement eux-mêmes ne tarderaient pasà suivre l’impulsion. Par ce seul moyen , l’ouvrier duvillage le plus arriéré dans l’industrie pourra le diman-che, lorsqu’il se rendra à la ville, visiter P atelier-mo-dèle de sa profession ; il trouvera là une contre-épreuvede l’atelier-modèle de Paris ; il puisera, dans cette nou-velle télégraphie, les moyens de faire vite et bien ; il nesera plus exposé à errer dans la recherche du mieux, ilne perdra plus son temps, il n’usera plus ses capacitésen essais infructueux, et peut-être, un jour, un perfec-tionnement surgira-t-il d’une petite ville inconnue pourvenir briller dans l’atelier-modèle de Paris .

« Les objets qui seront surpassés, et qui, ainsi quenous l’avons dit, seront extraits de i’atelier-modèle ettransportés dans les archives de la profession, y serontclasses par dates, avec le nom de l’inventeur et rangéspar ordre de similitude. C’est dans ces archives de l’in-dustrie que viendra l’écrivain qui voudra faire l’histoired’une profession quelconque. Il trouvera dans ce lieurassemblé, sous un seul coup d’oeil, fout ce qui a traitau sujet qu’il voudra traiter; il pourra suivre toutes lesphases par lesquelles l’art a passé avant d’arriver' à laperfection actuelle. Celui qui voudra reculer les bornesde l’art, qui ambitionnera la palme offerte par l’ateHer-modèle, trouvera aussi dans ces archives les forces d’at-teindre ce louable but : il y verra psu* quelles routestortueuses l’art est arrivé du composé au simple : la vuedes essais des autres lui servira à se garantir contreleur répétition inutile ; il ne suivra pas une route déjàexplorée, dtjà battue ; toute la force de sa conceptionne s’usera pas à s’enfoncer dans des impasses; elle seréunira, dans toute sa plénitude, contre l’obstacle àvaincre, et l’obstacle sera plus souvent vaincu.

« Le Conservatoire des arts et métiers sera alorsuüiisê au profit de l’industrie nationale ; nous aussi,alors nous aurons de bons ouvriers et, avec cet élément

de succès, la fabrication française ne connaîtra pas derivale... »

En dehors de ces classifications par profession, desmachines, outils, instruments, déposés au Conserva-toire , on 11 e rencontrera jamais que confusion et en-combrement : la classification que la société a adoptéedoit faire loi, tout autre, fût-elle plus rationnelle,doit être écartée; or, du classement des outils par pro-fession à l’établissement des ateliers-modèles, il 11 ’y aqu’un pas facile à faire. Paulin dusoumkaux.

CONSTRUCTION DES MACHINES. Il y a trenteans à peine, l’Angleterre possédait seule de grandsateliers de construction de machines ; mais le mouve-ment industriel s’est rapidement propagé, et avec lui lafabrication des machines a pris une extension considé-rable.

Aujourd’hui, l’Amérique du nord se pose en rivale desa mère-patrie, et commence à lui enlever les grandescommandes de machines. Ainsi récemment, un construc-teur américain a emporté d’assaut l’adjudication de qua-rante locomotives demandées par le gouvernementrusse.

La Belgique , nation improvisée d’hier, hardie et im-prévoyante, a tout d’abord organisé le travail industriel,et partant, la construction des machines sur une échelleaudacieuse.

Le rapide développement de la navigation à vapeursur le Rhin et l’Escaut, a donné naissance à d’impor-tants ateliers de construction en Allemagne et en Hol-lande .

La France , procédant avec une allure très réservée,d’abord, et trop timide peut-être, a marché lentementdans cette voie de création de grands ateliers ; maisbientôt elle s’est hâtée, et à cette heure elle se présentedans la lice industrielle, forte déjà d’épreuves importan-tes et décisives. La filature et le tissage mécanique, im-portés et rapidement développés sur le sol français , ontoublié déjà le chemin du marché anglais , et demandentleurs métiers presque exclusivement aux constructeursde Paris et de l’Alsace.

A l’aide des théories mécaniques des Poncelet, desCoriolis, des Bélanger, les moteurs hydrauliques ontété établis sur des principes ou nouveaux ou perfec-tionnés. Les turbines étudiées par MM. Burdin etFourneyron , et rendues facilement calculables parMM. Bélanger, Walrcr et Combes, se sont propagées, en-richissant ainsi l’industrie d’un moteur à peu prèsnouveau, dont les dispositions, ingénieuses et commo-des, simplifient dans un grand nombre de cas lestransmissions de mouvement du moteur au récepteur,en utilisant le mieux possible la puissance motrice descours d’eau.

Sous la main des constructeurs français , et avec lescalculs théoriques des géomètres français , la machineà vapeur s’est enrichie de la détente variable ; perfec-tionnement des plus ingénieux et dont les résultatséconomiques ont une grande importance. Les machinesà vapeur anglaises, souvent irréprochables, sous le rap-port de la disposition, de l’exécution et de la marcherégulière, consomment beaucoup de combustible, etsont presque toujours chargées en matière. Aussi, le journ’est pas loin où la France , pour ses usines, commepour sa navigation fluviale et maritime, préférera lesappareils de construction toute française. A T appui decette prévision, on peut citer : 1° les machines de 450,220 et 160 chevaux, livrées déjà par nos constructeursau gouvernement français ; 2" les bateaux du Rhône etde la Saône ; 3° les bateaux de la Loire .

Les machines locomotives, amenées à un point deperfection vraiment remarquable parles constructeursanglais, n’ont pas tardé à occuper les ateliers français .Là encore, l’esprit français a imprimé son caractère,et l’idée de la chaudière tubulaire appartient à M. Ju-