CONSTRUCTION DES MACHINES.
CONSTRUCTION DES MACHINES.
les Séguin. Plus récemment, un ingénieur alsacien ,M. Meyer, a heureusement appliqué la détente variableaux locomotives. La création des chemins de fer a déjàdonné naissance à d’importants et remarquables établis-sements de constructions et de réparations, parmi les-quels il est juste de citer les ateliers des chemins de ferd'Orléans et de Rouen .
Enfin les machines-outils, après avoir été longtempsl’un des éléments essentiels de la prospérité et de lasupériorité anglaises, se sont multipliées en France . Al’exposition, dont le souvenir est encore tout récent, onadmirait les beaux et puissants outils sortis des ateliersde MM. Schneider, Decoster, Pihet, Calla, etc. Tousceux qui savent les relations intimes qui lient la con-struction des machines et l’outillage, ont dû y puisercoifune nous la conviction profonde que les ateliersfrançais sont en mesure à cette heure de lutter à armeségales, les commandes aidant, avec les ateliers anglais .
Toutefois, il faut le dire, dans cette lutteles construc-teurs français se heurteront longtemps encore contre unobstacle sérieux, et les prix de revient de leurs appa-reils auront de la peine à se niveler avec les prix anglais et belges . Le combustible et le fer coûtent cher dans notrepays; l’Angleterre et la Belgique , au contraire, pro-duisent et transportent ces matières premières jusqu’àpied d’œuvre à des prix tellement inférieurs aux nôtres,que le résultat de cette cause, combinée avec quelquesautres, dont nous n’avons pas à nous préoccuper ici,leur permet de livrer les machines à des prix plus basde 20 à 35 p. *100 que ceux possibles dans nos ateliers.Cela est un mal sans doute, mais dans le siècle des in-térêts industriels, une grande nation ne doit pas, cenous semble, rester volontairement tributaire de l’étran-ger pour ses machines, qui sont le pain de l’être indus-triel, non plus que pour ses céréales. Marchons donc etprogressons , l’économie suivra, n’en doutons pas, etpour preuve, rappelons le fait énorme qui s’est accom-pli dans ces dernières quinze aimées. Le prix de ventedes fers a diminué de 33 p. 100 environ, tandis que lesmatières premières qui servent à l’obtenir, ou sont res-tées stationnaires, ou, comme le bois, ont presque dou-blé de valeur.
Admettant donc comme hors discussion que la France doive construire des machines, on peut affirmer, sanscrainte d’être démenti, qu’elle possède en capitaux, enintelligences, en savoir théorique et pratique, en matiè-res premières pour leurs qualités et leur abondance, si-non pour leur prix, en personnel nombreux et exercé,tous les éléments nécessaires. On peut affirmer, ellespreuves ne manqueront pas au besoin, que nos construc-teurs, toutes les fois que les circonstances leur permet-tront de l’entreprendre, sauront reproduire, modifier,créer. Mais il importe de dire bien haut qu’une fabri-cation active, alimentée par des commandes importanteset nombreuses permettra seule de résoudre le doubleproblème de faire bien et à bon marché.
Que l’administration protectrice et intelligente per-siste donc dans le système éminemment fécond qui l’adéterminée à confier aux ateliers français la construc-tion des grands appareils de 450, 220 et 160 che\aux;nos ingénieurs, nos ouvriers, nos moyens d’exécutionne lui feront pas défaut. Déjà les résultats obtenus ontdû raffermir sa confiance, et ces commandes du gou-vernement, on ne saurait trop le dire, sont la conditiond’existence de nos grands ateliers : seules en effet cescommandes permettent la création et le développementcontinu d’un outillage puissant, sans lequel rien degrand n’est possible, sans lequel enfin nos ateliers nesauraient arriver à dire leur dernier mot en fait de prixde revient. Tout cela d’ailleurs peut se résumer enquelques paroles : Celui-là produit beaucoup à qui il estbeaucoup demandé; celui-là seul arrive à bien faire àqui il est permis de faire souvent, parce que chaque œu-
vre nouvelle d’un être intelligent est un progrès surson œuvre précédente ; celui-là seul enfin produit à boamarché, qui peut répartir ses frais généraux sur unegrande fabrication.
Il n’y a pas longtemps encore, on comptait clair-semés en France les hommes voués à l’étude et à lapratique de la science industrielle ; ces lioimr.es abon-dent aujourd'hui, et leur savoir n’est pas comme le futlongtemps, comme l’est trop encore peut-être, celui desingénieurs et constructeurs anglais , lin composé derègles ou recettes péniblement classées dans la mé-moire par la pratique. Ce qu’ils savent est raisonné,déduit d’une combinaison bien entendue de la pratiqueet de la théorie, si fortes accouplées, si impuissantesdès qu’elles s’isolent. Disons-le en fils reconnaissant,l’école centrale a contribué pour une large part à for-mer cette génération déjà forte et nombreuse, aujour-d’hui répandue en France, en Belgique, en Suisse , enAllemagne . Les écoles d’application du gouvernementont mis leurs études au niveau du programme de l’épo-que, et tous à cette heure, ingénieurs des corps royauxcomme ingénieurs industriels, sont à la hauteur de leurmission.
Il nous a semblé utile de faire procéder par cetaperçu rapide, l'examen des conditions principales d’é-tablissement et d’organisation d’un grand atelier deconstruction de machines.
La création d’un établissement destiné à la construc-tion des machines, est subordonnée à des conditions deposition commerciale et de débouchés, qui en modifientpuissamment la constitution selon le genre spéciald’appareils que les créateurs se proposent de livrer ul’industrie. L’échelle de proportion des divers ateliersde l’établissement, leur outillage, leur organisation dedétail et leur personnel, varient à l’infini. Mais nousdevons dire dès à présent que les fondateurs d’un éta-blissement de ce genre, doivent s’organiser dès le prin-cipe en vue d’une fabrication spéciale, qui seule permetd’amener successivement les prix de revient des ma-chines créées à leur dernière limite possible. Répétersouvent les mêmes machines, avec les mêmes éléments,les mêmes organes, les memes formes, sera toujours,quoi qu’on fasse, l’une des conditions essentielles doprospérité.
Nous nous proposons d’indiquer les conditions d’or-ganisation d’un établissement voué à la constructiondes grands appareils à vapeur, pour l’industrie manu-facturière, pour la navigation fluviale et maritime, leservice des chemins de fer, etc.
MM. Schneider frères au Creusot , Gavé, Derosnc etCail à Paris, Hallette à Arras , la marine royale à In-dret, Mazeline au Havre , etc., ont créé et développébrillamment des établissements du genre de celui au-quel nous voulons rapporter l’examen qui va suivre.Les indiquer, c’est fixer tout d’abord le point de vueauquel nous nous sommes placé.
Le travail des métaux joue le rôle le plus importantdans la construction des machines : il s’exécute à chaudet à fro d. Le travail des métaux à chaud s’opère p;irfusion ou par percussion . Le premier mode s’appliqueaux métaux liquéfiables, auxquels il donne par le mou-lage les formes voulues. La fonte de fer, le bronze, lelaiton, sont parmi les métaux liquéfiables, ceux que leconstructeur de machines emploie journellement. Letravail à chaud par percussion, plus spécialement dési-gné sous le nom de forgeage , s’applique aux métauxmalléables, et principalement au fer, à l’acier, au cuivre rouge. Le travail des métaux à froid, complémentordinaire et obligé du travail à chaud, a pour résultatde donner aux pièces des machines les formes exacteset les dimensions précises, , que l’imperfection desmoyens dont on dispose dans le travail à chaud n’aura îpas permis d’atteindre assez rigoureusement, l'ar le