CONSTRUCTION DUS MACHINES.
CONSTRUCTION DES MACHINES.
travail à froid, plus spécialement connu sous le nomd 'ajustage, on arrive à donner aux assemblages desparties fixes et aux articulations des pièces mobiles, lastabilité pour les premières, lu précision presque ma-thématique pour les secondes.
Un établissement de construction sera donc la réu-nion, dans des conditions favorables et économiques,des ateliers divers consacrés à l'exécution des travauxque nous venons d’indiquer; chacun de ces atelierspourvu des appareils, outils et personnel au moyen des-quels ces travaux pourront être opérés avec économie,promptitude relative et précision. Les relations do cesateliers entre eux, et le passage des pièces en voied'exécution de l’un dans l’autre, devront être soumis àun ordre absolu, sans lequel un établissement de con-struction ne saurait prospérer.
ATELIER I)E MOULAGE ET FONDERIE. Oll retrou-vera à leur place, traitées isolément, ces deux partiesessentielles des arts mécaniques ; nous nous borneronsà les résumer ici en quelques mots. Par le moulage onprend les formes ou empreintes de modèles en bois ouen métal. On y arrive, en plaçant ces modèles entredeux caisses ou châssis , et battant sur les surfaces dumodèle des sables de consistance, de finesse et de com-position variables, mais appropriées à la nature de lapièce que l’on veut reproduire. Le châssis supérieurétant ensuite soulevé, et le modèle retiré, l’ensembledes deux châssis superposés de. nouveau . forme une es-pèce de vase qui reproduit en creux toutes les partiespleines du modèle. Dans le moule ainsi obtenu, soumispréalablement à un séchage à l’air libre ou dans uneétuve, on verse le métal en fusion. La pièce solidifiéeest retirée des châssis, désablée, ébarbée, burinée en-suite, c'est-à-dire débarrassée au moyen du ciseau ouburin des parties de métal surabondantes qui se sont in-filtrées dans les vides réservés soit à dessein, soit invo-lontairement. On obtient alors la pièce à l’état de piècebrute de fonte.
Les appareils dans lesquels s’opère la liquéfaction dumétal sont de divers genres :
1° Le haut-fourneau, dans lequel la fonte est produitedirectement, par l’action sur le minerai de fer, du char-bon et d’un courant d'air forcé.
2" Le four à réverbère. Dans cet appareil la fonte dé-posée sur une sole en briques réfractaires, est mise enfusion au moyen d’un courant de gaz enflammés dontla chaleur est réverbéré? sur la sole par une voûte deforme et d’inclinaison convenables. Une grille située enavant de la sole porte la houille en combustion, et letirage s’opère au moyen d’une cheminée de hauteur etde section déterminées, qui prend naissance à l'autreextrémité de la sole.
3” Le cubilot ou fourneau à la Wilkinson. C’est pourl’ordinaire un cylindre formé do pièces de fonte solide-ment reliées entre elles, revêtu intérieurement d'unechemise en briques réfractaires. Par la partie supérieureou gueulard on introduit alternativement <lcs morceauxde fonte et du coke. L’élévation de température néces-saire à la fusion du métal est obtenue par la combustiondu coke, laquelle est opérée avec toute l’activité désira-ble au moyen d’un courant d’air lancé clans le cubilot parune ou plusieurs buses dépendantd’un appareil souillant.
La réunion de ces trois espèces d’appareils, ou toutau moins des deux dernières, est indispensable à lafonderie d’un établissement important, dans laquelleune seule coulée peut exiger 15,000 à 20,000 kilogr. demétal liquide. Ainsi la fonderie du Creusot peut dispo-ser pour une seule coulée de :
1° l haut-fourneau fournissant 3000 k à 4000 k2° 4 fours à réverbère — l 2000 à KiOOO3° 3 cubilots — 4000 à 0000
Ensemble et pour une seule coulée. I0000 k à 26U00 k
Toutefois on comprend que dans une fonderie mêmede cette importance, une partie seulement des appareilsde liquéfaction fonctionne chaque jour.
La fonderie d’un établissement de construction iinportant, devra pouvoir produire mensuellement 240 à300 tonnes de pièces moulées et disposer des appareilssuivants pour la fusion de la fonte :
1° 3 ou 4 grands fours à réverbère;
2° 2 ou 3 cubilots de grande dimension.
Nous ne parlons pas ici d’un haut-fourneau parce quecet appareil ne peut exister que dans des localités spé-cialement favorisées et exceptionnelles.
L’air pour l’alimentation des cubilots sera fourni parun ventilateur, faisant de 1500 à 2000 tours parini-nute, et mis en mouvement par une machine à \apeurde la puissance de 10 à I 2 chevaux au plus.
La halle de fonderie pour être suffisamment vaste etcommode, pour répondre à tous les besoins du moulageet du séchage successif à l’air libre des différents mou-les, devra occuper une superficie de 600 à 700 mètr scarrés. Le transport des moules et châssis qui doiventêtre soulevés plusieurs fois pendant le moulage d’imcpièce et dont le poids dépasse fréquemment plusieurs mil-liers de kilogrammes, ainsi que celui de la fonte liquideaux différents moules dans lesquels elle doit être versées'effectuent au moyen de grues convenablement répnrties. Les volées de ces grues doivent être disposées demanière à pouvoir transmettre de l’une à l’autre lesvases ou poches dans lesquels la fonte a été reçue ausortir du fourneau de fusion, et atteindre successivement tous les points du sol de la halle.
Deux étuves, l’une dite étuve à noyaux, l’autre desti-née au séchage des moules sont annexées à la fonderie;le transport (les moules ou noyaux de la halle à l’étuveet réciproquement, s’effectue par un chariot roulantsur-un chemin de for établi dans la longueur de l’étuveet dont l’extrémité vient aboutir au dehors de l’étuve, àportée de la volée d'une des grues de senice.
Le sol de la fonderie est composé d'une couche do1**,10 à l'",40 de sable argileux, et l’on y pratique uneau moins et le plus souvent deux fosses en maçonnerie,destinées au moulage des grands cylindres, ou des piè-ces qu’il importe de couler debout.
Le matériel d’une fonderie en châssis, moules, appa-raux, lianes de mouleur, poches, etc., est toujours con-sidérable, encombrant, et exige un vaste emplacementcouvert ou découvert.
Le personnel d'un atelier de fonderie tel que nousl’avons supposé sera composé de 50 à 60 hommes com-prenant les fondeurs et leurs aides, les mouleurs et leursaides et ics manœuvres de service.
L’organisation du travail, la répartition des moula-ges aux ouvriers mouleurs, le choix des fontes dont lemélange doit être modifié et approprié à la nature despièces qui seront coulées à chaque opération , le main-tien d’un ordre rigoureux et prévoyant dans toutes lesparties du service, sont confiés à un contre-maître defonderie. Les connaissances pratiques nombreuses etvariées de toutes les parties de l’art de la fonderie et dumoulage, rendent difficile le choix d’un tel employé, quidoit réunir à toutes ces connaissances et à une pratiqueconsommée, un sang-froid à toute épreuve et un coupd’œil sûr au moment toujours solennel et dangereux dela coulée. A cct instant, en effet, 100 bras agissent si-multanément sous la volonté d’un seul homme; unefausse manœuvre, la fonte versée dans un moule fraisencore, et mille autres circonstances souvent difficiles àprévoir, peuvent ou mettre en péril la vie d’un certainnombre d’hommes, ou faire manquer une pièce dont lemoulage seul a déjà absorbé des sommes importantes.
A l’atelier de moulage et de fonderie viennent se join-dre comme annexes indispensables, les ateliers sui-vants :