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CONSTRUCTION DES MACHINES.

CONSTRUCTION DES MACHINES.

Les feux de forge sont ordinairement disposés deuxà deux, une seule hotte pour chaque couple et une seuleenclume pour desservir deux feux. L’outillage et le ma-tériel d’un feu de forge consistent en pinces, tenailles ,tranches, marteaux à main, marteaux à devant, clouières,étampes, poinçons, mandrins, chasses, matrices, bâche àeau, bâche à combustible, etc.

Le forgeage à main s’applique avec avantage et fa-cilité aux pièces dont le poids peut atteindre jusqu'à15ü v , mais au-delà le forgeage mécanique permet seulde travailler le fer bien et économiquement. Pour lemunccuvragc des pièces lourdes de l’àtre à l’enclume etréciproquement, il convient que chaque feu dispose àproximité d’une petite grue ou potence mobile sur sonaxe et dont la volée atteint jusques au-delà de l'en-clume. Un banc garni d'étaux en nombre suffisant de*•vra être établi dans cet atelier, où l’on a souvent be-soin de dégrossir à la lime.

Chaque couple de deux feux occupera une équiped’ouvriers composée ainsi :

2 forgerons ;

2° 2 aides-forgerons ;

3° 3 frappeurs ;

Soit donc puur 40 feux un personnel de 140 hommes.

Une soufflerie mise en mouvement par une machineà vapeur spéciale, donne le vent à tous les feux dontl'alimentation isolée est réglée pour chaque feu par unrobinet spécial ; en fixant à 16 chevaux la puissance dela machine, ou 4/10 de cheval par feu, on satisfait am-plement aux besoins d’un feu de forge actif, et d'autantmieux, d’autant plus régulièrement que le nombre desfeux desservis par la même machine est plus considérable.

Si nous avons insisté en commençant sur l’habiletéque doivent posséder les forgerons, on conçoit à plusforte raison combien il est utile et indispensable que lecontre-maître de la forge à main soit lui-même initié àl’art du forgeron. Organisation , distribution et récep-tion du travail, choix de l’équipe à laquelle il doit con-fier telle ou telle sorte de pièce à exécuter, examen mi-nutieux des pièces finies, comparaison entre le poids dufer livré aux ouvriers, et le poids des pièces finies pourreconnaître si le travail a été fait économiquement,précaution soutenue de former des ouvriers et des équi-pes spéciales, auxquels il confiera toujours les ouvragesde même nature, et chez lesquels se développeront tou-jours davantage les merveilleux résultats de l'habitude,enfin science et finesse d’observation pour arriver àfixer sûrement les prix de main-d’œuvre de chaquegenre de pièces eu rapport avec les difficultés réelles del’exécution, voilà les principales attributions et les qua-lités qui font du bon contre-maître de forge un êtrepratique difficilement réalisable et dont le choix, dontla rencontre importe au plus haut point à un établisse-ment de construction. Dans* le tra\ ail de la forge, eneffet, les déchets et les consommations sont éminem-ment variables selon l’habileté des ouvriers et la sévé-rité éclairée de celui qui les dirige, et c’est à cet ateliersurtout qu’il convient d’appliquer le système des primesen argent aux ouvriers qui accomplissent le travail dansles conditions de plus grande économie.

Installé sur les bases et de la manière qui ont été di-tes, la création de l’atelier des forgerons à main, absor-berait les capitaux suivants :

Chaque feu double, avec son enclume et son outil-lage complet, environ 3,000 fr., soit pour 20 feux dou-bles.. . 60,000 fr.

Soufflerie de 16 chevaux.-10,000

Machine motrice avec son générateur et

son fourneau. 25,000

Bâtiments, bancs d’étaux, potences,

conduites de vent, etc. . . 35,000

130,000 fr.

Atelier pour le forgeage mécanique. L’application dela \apeur à la locomotion fluviale ou maritime et à latraction sur chemins de fer, dans ses admirables et ra-pides développements, a rencontré comme conditionpremière la création d’appareils mécaniques puissantspour le soudage, le forgeage et le corroyage du fi**-.L’emploi du fer forgé s’est substitué nécessairement àcelui do la fonte dans les pièces importantes soumises ades vibrations ou des chocs fréquents et énergiques,parce que le fer forgé peut seul être employé avec sécu-rité dans toutes les circonstances où, malgré des vibra-tions énergiques, il importe d'être à l’abri d’une ruptureimmédiate. La texture fibreuse, le nerf du fer le rendentprécieux alors, parce que sous un volume suffisammentlimité, grâce à son élasticité, il résiste bien sans s’alté-rer trop profondément; la fonte nu contraire de con-texture grenue, douée d’une élasticité très faible, exige-rait pour résister dans les mêmes circonstances, avecune sécurité toujours moindre quoique l’on eût fait, unvolume et des dimensions qu’il importe d’éviter, sous ledouble rapport de l’économie d’établissement et de laconsommation de puissance motrice due à l’inertie desmasses.

Or, jusqu’à ces dernières années, foTger une pièce defer du poids de 2,000 à 3,000 kil., avait semblé la li-mite du possible avec les appareils de percussion méca-nique en usage; encore même était-on réduit à mul-tiplier les réchauffages et à composer la pièce d’unefitne, ou noyau primitif que l’on augmentait jusqu’auxdimensions voulues par des mises successives. De là ré-sultaient inévitablement des imperfections nombreuses,des soudures vicieuses, l’absence d’homogénéité et desdéchets énormes, avec une main-d’œuvre et une con-sommation de combustible très coûteuses. Là, commetoujours et partout, nécessité fut mère d’industrie, et lejour où l’on se proposa de construire un appareil à va-peur de 400 à 500 chevaux, pour la navigation, il fallutforger des pièces de fer telles que les arbres des mani velles,dont le poids peut s’élever pour la pièce forgée jusqu’à9,000 kil., et 14,000 kil. pour le paquet de fer du-quel doit résulter cette pièce après le3 déchets de for-geage et de réchauffage.

L’habile ingénieur qui dirige à l’établissement duCreusot les constructions mécaniques, M. liourdon, aeu l’honneur de créer le premier et de toutes pièces,quoique l'on ait pu dire, l’outil-maclnne qui a résolucomplètement le problème posé, le marteau-pilon , alevée variable de 0 m ,00 à .'",00, mû par applicationdirecte de la vapeur. Avec cct outil, d'une admirablesimplicité , d’un xnanœuvrage docile et- prompt, lesressources du forgeage deviennent énormes,puisque l’ontravaille, soude, étire et façonne avec une facilité etune promptitude relatives très remarquables un paquetde fer, du poids de 15,000 kil., composé par la réuniondébandés ou plates de fer, juxtà-posées.

L’atelier de forgeage mécanique de l’établissementdont nous étudions l’organisation, devra disposer desappareils de percussion suivants :

1° Un marteau-pilon, avec pilon du poids de 2,000 k.,

2° Un marteau à soulèvement pour le forgeage despièces dont le poids dépasse 500 kil.

3 U Un martinet à bascule pour forgeage des pièces de100 à 500 kilogr.

Le réchauffage du fer exigera pour le service do cestrois outils, les fours de chaufferie suivants :

1° Un four à réverbère pour le service du pilon ;

2° Un four à réverbère pour le service du marteau àsoulèvement ;

3° Un four à réverbère pour le service du martinet.

A la suite de chacun de ces fours seront établis desgénérateurs chauffés par les flammes perdues.

Le mouvement sera donné au marteau à soulèvementet au martinet par une machine à vapeur spéciale.