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CONSTRUCTION DES MACHINES.

CONSTRUCTION DES MACHINES.

l’une à l’autre, en assurer et en régulariser le jeu si ellesdoivent être mobiles, opérer leur assemblage , les ache-ver dans tous les détails de forme et de dimensions quen’auraient pas réalisés complètement le travail isolédéjà exécuté sur chacune d’elles. L’ensemble de ces ope-rations constitue l 'ajustage, travail essentiellement ma-nuel, qui exige de la part de l’ouvrier ajusteur de l’a-dresse, de l'intelligence, des connaissances géométri-ques et pratiques. Le marteau, le burin, la lime , la règle ,l'e^uerre, la fausse équerre , les instruments à pointe aiguëpour tracer sur les métaux , le compas, l 'étau à main ,Yétau fixe, le fil à plomb composent l’outillage de l’ajus-teur, auxquels il convient de joindre les calibres , pa-trons ou ycibards, au moyen desquels on reconnaît etvérifie l’identité des formes et dimensions des piècessemblables. Les pièces ajustées sont ensuite repérées,c’est-à-dire pointées et marquées soit au moyen du poin-teau, soit au moyen de lettres ou chiffres frappés, quiindiquent nettement les positions relatives des diversespièces de la machine.

'13° Êmoudrc. C’est user la surface d’un métal aumoyen de meules. Ce travail remplace celui de la limedans beaucoup de circonstances, avec économie de tempset d’argent; et c’est d’ailleurs le seul moyen dont ondispose pour user ou affûter les outils et instruments enacier trempé. Les meules grandes et moyennes sont engrès, tournées à leur circonférence et légèrement bom-bées. Leur vitesse à la circonférence atteint et dépassemême la limite de 7 à 8 m par seconde. Ou emploie desmeules en grès tendre pour ébaucher, et pour finir desmeules dures, moins mordantes. X ) anni les meules lesplus petites et les plus dures, il en est auxquelles ontlonne une vitesse de 30 ou 40'"à la circonférence. Lesmeules en grès travaillent avec injection continue d’eausur leur surface.

On se sert assez souvent de meules en fer, en tôle,avec addition de sable fin pur et mouillé, de meules enacier travaillant à sec; mais le travail de ces dernièresest très insalubre. Enfin, on voit dans beaucoup d’ate-liers des meules ou disques horizontaux, tournant avecune grande vitesse et qui servent à user au moyen d’unmélange d'émeri et d’huile d’olive les têtes de boulonset les faces des écrous. Toutefois, ou préfère, et avecraison, pour ce travail, l’emploi de machines spéciales,dites machines à tailler les écrous , qui ont pour principeles unes le mouvement circulaire d’une ou de plusieursfraises combinées, les autres le mouvement rectilignealternatif d’un burin.

'14“ Rôder. Par cette opération on use deux surfacesdestinées à glisser ultérieurement l’une sur l’autre, parun mouvement de va-et-vient plus ou moins rapide im-primé à l’une des deux surfaces fortement pressée contrel’autre, après que l’on a interposé du sable fin, ou del’emeri arrosés d’eau. A mesure que les surfaces se rô-dent, on emploie des matières plus fines, et on termineavec de l’émeri fin et de l’huile.

1o° Polir. Par cette opération on use une surfacejusqu’à ce qu’elle ne décèle aucune rayure en l’exposantaux jeux de la lumière; le polissage des métaux n’esten quelque sorte que la continuation de l’émoulage, eny employant des substances de plus en plus fines. Lesmeules pour le polissage des métaux sont faites do boisdurs auxquels on donne du mordant au moyen de lapierre-ponce en poudre, de l’émeri, du colcothar ou rouged’Angleterre, et de- la potée d'étain appliquée au moyende suif. Ainsi disposées, ces meules prennent le nom debrunissoirs; leur vitesse à la circonférence va jusqu’àlU m par seconde. Pour achever le polissage on se sertde meules en bois dont la circonférence est garnie debuffle, avec addition de colcothar ; la vitesse à la circon-férence de cette sorte de meules, plus particulièrementdésignées sous le nom de polissoirs, varie de '20 à 25'“par seconde. Mais il est bon d’observer que dans les

machines oit le poli brillant n’est pas nécessaire, et se-rait d’ailleurs promptement altéré, on emploie bien ra-rement les polissoirs , et on se contente de rendre lessurfaces bien unies en les usant à l’émeri mêlé d’huiled’abord, puis en dernier lieu à l’émeri très fin et à sec.

Organisation et outillage des ateliers pour le travail àfroid, dits ateliers de tournerie et d'ajustage. Les ateliersconsacrés aux travaux divers que nous venons d’énu-mérer et de décrire sommairement, occupent dans unétablissement de l’importance supposée dès l’origine decet article, un espace considérable qui ne s’élève pas àmoins de 1800 ou 2000 mètres carrés. Pour fixer lesidées, et sans que la division que nous adoptons ait riend’absolu, nous supposerons cette superficie répartie surdeux ateliers, avec rez-de-chaussée et premier étage,occupant chacun un espace rectangulaire de I G"’,00 sur3U'“.00.

Un chemin de fer traversera longitudinalement lerez-dc-clnmssée, chacun de ces deux ateliers et unemachine à vapeur à moyenne pression, à condensationet à détente variable, de la puissance de 25 à 30 che-vaux, donnera le mouvement aux divers appareils.

La machine motrice placée dans la partie centralefait mouvoir une ligne principale d’arbres de couche.L’atelier, dans le sens longitudinal est séparé en troistravées au moyen de deux rangs de colonnes en fonte,qui portent à leur partie supérieure les supports de laligne d’arbres de couche principaux. Au moyen deroues d’engrenage, poulies, tambours et courroies, lemouvement est transmis à une ligne d’arbres horizon-taux qui occupent le milieu de chacune des deux travéeslatérales, et de là à chaque opérateur avec les vitessesconvenables pour chacun. Il est indispensable pour ob-tenir dans l’atelier une clarté suffisante, que les murssoient percés par de vastes baies, sur les quatre facesdu bâtiment. Le jeu des courroies, et le diamètre destambours exige une hauteur de 5 m ,50 à 6"',50 entre lesoi et les poutres du plancher. L’organisation des trans-missions de mouvement, les diamètres des arbres, destourillons, des poulies, les dimensions des cour-roies, etc., doivent avoir été calculés par les méthodesqui seront indiquées à l’article résistance des maté-riaux. Un renvoi de mouvement pris sur l'un des arbresde couche principaux fait tourner un arbre horizontalétabli au premier étage, sur l’axe longitudinal et dansla partie supérieure de cet atelier.

Une trappe pratiquée dans le plancher qui sépare lerez-de-chaussée et le premier étage, livre passage auxpièces qui doivent être travaillées; un palan attaché àl’un des tirans du comble, et desservi par un treuil situéau rez-do-cliaussée, est chargé d’élever ces pièces duwagon de transport jusqu’à l’atelier supérieur.

\ vt Atelier consacré au grand ajustage, l’renant pourmodèle l’outillage d’un de nos plus grands établisse-ments de construction , nous pensons que le premieratelier devra être pourvu, sinon dès le principe, aumoins lorsqu’il sera arrivé à complète organisation,des appareils et outils-machines suivants :

•l ü Un grand alésoir vertical, pour aléser les cylindresde grande dimension.

2 U Un alésoir horizontal, pour cylindres jusqu’à I'",00de diamètre.

3 Ü Un alésoir horizontal, pour cylindres jusqu’à 0"’,il)de diamètre.

4° Un petit alésoir vertical, pour aléser les lumièresdes roues d’engrenage et volants.

o° Un tour à plate-forme, de grandes dimensions,pour tourner les roues de locomotives, les grands cou-vercles de cylindre, grands pistons, etc.

6° Quatre autres tours à plate-forme de diamètresgradués.

7° Un grand tour parallèle à pomtes, pour tournerles gros arbres, jusqu’à 8 m ,00 de longueur.

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