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CONSTRUCTION DES MACHINES.

CONSTRUCTION DES MACHINES.

sans peine dès que nous aurons indiqué les prix séparésde quelques-unes des grandes machines-outils.

Ainsi la grande machine à raboter, indispensable pourla fabrication des appareils à vapeur de 500 chevaux,ne coûtora pas à elle seule, compris ses fondations,

moins de. 30,000 tr.

Le grand alésoir vertical, avecses fondations et son bâti en

charpente.25,000 à 30,000

Le grand tour parallèle. . . '15,000

Le grand tour à plate-forme. . I 2,000

Rappelons d’ailleurs que l’outillage d’un grand éta-blissement n’arrive au point où nous l’avons supposéque par un développement successif.

A telier de montage. Tous les clémeiÿs d’une machine,après avoir été isolément travaillés, arrivent à l’atelierde montage pour y être assemblés, réunis et repérés.Là, sous la direction d’un monteur, toutes les piècesfixes sont assemblées provisoirement, toutes les piècesmobiles sont présentées chacune à la place qu’elles doi-vent occuper et reliées les unes aux autres. Le monteurs’assure que les mouvements voulus s’accomplissent ri-goureusement, que tous les axes de ces mouvementsdivers sont bien dans la direction demandée, que lestourillons de ces axes et les articulations diversesjouent librement et régulièrement; au fur et à mesuredes besoins du montage, il fait achever ou modifierl’ajustage. OEuvre de précision et de tâtonnement, lemontage à l’atelier, bien fait, dirigé par un homme soi-gneux, instruit, intelligent, peut seul assurer le succès,la rapidité et l’économie du montage définitif et surplace.

Un atelier de montage doit être vaste, élevé, parfai-tement éclairé, et pourvu suffisamment des machinesqui servent au transport et à l’élévation des fardeaux.On doit prévoir le montage simultané d’un certainnombre de machines, et si, par exemple, nous suppo-sons en train de montage :

'1° Les machines d’un navire à vapeur de 200 à 500chevaux ;

2" Une machine fixe de 40 à 100 chevaux;

3‘‘ L’nc ou deux locomotives pour chemin de fer;

4" Un ou deux appareils pour l’industrie (souffleries,pompes, etc.).

Eventualité qui se réalisera très fréquemment, sinontoujours dans un grand établissement de construction,la superficie de l’atelier de montage devra être de <500a 800 mètres carrés.

Cet atelier doit laisser disponible sous entrait unegrande hauteur, soit 12 à 13 mètres, complètementlibre et exempt de toute colonne de support.

Pour fixer les idées, adoptons un espace rectangu-laire de 45 mètres sur '16 mètres dans œuvre, traversélongitudinalement par un chemin do fer, fermé auxdeux extrémités par des portes à coulisses de 6 à 7mètres d’ouverture. Une grue à volée variable jusqu’ài m ,50, et capable d’enlever 15 tonnes, desservira unepremière partie de l’atelier. Une fosse de 20 mètres delongueur sur 9 mètres de largeur et O",70 de profon-deur occupera la partie centrale du sol de l’atelier. Surla longueur de cette fosse régneront, régulièrement es-pacées, 6 fortes poutres en chêne de 0'",40 d’équarris-sage, solidement établies sur un sol rendu incompressi-ble soit par une forte couche de béton, soit au moyend’un grillage avec pilotis. Cette fosse sera desservie par10 palans suspendus aux tirants des fermes du combleet régulièrement répartis, dont les câbles seront ma-nœuvrés au moyen de 10 treuils à engrenage solide-ment fixés à la hauteur convenable contre les pieds-droits des larges baies ouvertes sur les deux murslatéraux.

L’outillage de cet atelier, indépendamment des ap-paraux déjà énumérés, se composera de :

1“ Deux machines à percer;

2 U Une machine à dresser;

3° 20 étaux d’ajusteur, avec leurs établis;

4° Une forge de maréchal.

Le mouvement sera donné aux outils ou par une pe-tite machine à vapeur spéciale, ou par un arbre de cou-che en communication avec l’un des ateliers d’ajus-tage.

Ainsi équipé, outillé et établi l’atelier de montagecoûtera 45,000 fr. environ. Son personnel en monteurs,ajusteurs, manœuvres, sera de 20 à 30 hommes.

Nous voici arrivés au terme de notre examen en cequi concerne l’organisation des divers ateliers d’unétablissement de construction ; il serait d’ailleurs sansintérêt de donner un plan généual d’un tel établisse-ment, parce que les dispositions de ce plan sont tou-jours liées à des conditions de localité spéciales et né-cessairement variables. Qu'il suffise donc d’ajouterqu’un établissement de ce genre, indépendamment dessuperficies occupées par les ateliers divers, doit disposerd’une très vaste surface soit pour le dépôt des appro-visionnements en combustible, fontes de moulage, mou-leries de rebut ou boccages. pièces moulées de re-change, etc., etc., soit pour le dépôt des pièces isolées,des appareils en voie de confection, enfin de bâti-ments accessoires pour les magasins divers, tels quemagasins à métaux et autres, etc., pour l'administra-tion , les bureaux des ingénieurs et des agents comp-tables.

Pour évaluer d’une manière complète le capital decréation d’un tel établissement, il faudrait donc ajouterà la somme déjà énorme de nos évaluations partielles,la valeur des terrains et celle des bâtiments accessoiresdont il vient d'être que.-tion.

liapports des divers ateliers entre eux et organisationdu service des contre-maîtres. Pour que la surs eilluncvsoit active, continue, incessante dans chaque atelier, ilest bon que le service de cette surveillance soit répartientre plusieurs contre-maîtres, chacun d'eux ayant àdiriger et surveiller un nombre d’hommes limité, 60 auplus, et sous les ordres lui-même d’un contre-maitrugénéral. A chaque tiers de la journée, il est pris étatdétaillé de l’emploi du temps de chaque ouvrier, et ala fin de la semaine le contre-maître général composesur ces états de détail un tableau semainier qui ren-ferme aussi concis que possible, mais complets, tous leséléments nécessaires à l’établissement du prix de re-vient pour la main-d’œuvre, les consommations et dé-chets relatifs aux diverses pièces travaillées pendant lusemaine. Un contre maître général a sous ses ordresimmédiats et sous sa main un commis d’écritures; lecontre-maître devient donc un être double, si l’on peuts’exprimer ainsi, le premier surveillant, dirigeant, or-ganisant, répartissant le travail, à la tâche, toutes lesfois que la bonne exécution des pièces le permet, àla journée, dans le cas contraire; Te second écrivant etenregistrant toutes les circonstances du travail dont ilimportexle conserver les traces. Cette division des plusheureuses, que nous empruntons à l‘un des plus pros-pères parmi nos établissements de construction, assureun ordre complet et de tous les instants, à défautduquel la prospérité est impossible, dans une fabrica-tion dont les détails sont multipliés à l’infini, et quicomprend dans son ensemble tant d'opérations succes-sives.

Un chemin de fer Je service, avec embranchementsur chaque atelier, relie entre eux tous ces ateliers etréduit à la dernière limite les frais de transports nom-breux et successifs. Enfin chaque contre-maître, sur lesétats de détail dressés comme il a été dit, facture etrend les produits de son atelier au contre-maître de l’ate-lier voisin, où les pièces arrivent successivement sansoubli ni confusion possibles.