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OOKDKS D'INSTRUMENTS.

CORDES D'INSTRUMENTS.

toyés pour être filés ou cordes; niais avant il faut leschoisir, et c'est l’opération qui dcmuude le plus desoins.

On met ensemble tous les boyaux fins susceptiblesde faire des chanterelles à trois fils, ayant soin demettre ensemble ceux qui sont inégaux de grosseur,et d’un autre côté ceux qui sont à peu prés aussi grosd’un bout que de l'autre. On sénare ensuite les blancsde ceux de couleur, afin de laisser ces derniers pour fairedes cordes rouges ou bleues, comme aussi on met decôté les plus gros boyaux pour être employés aux troi-sièmes de violon et aux grosses cordes de harpe, puison met ces divers choix dans des terrines séparées eton les dispose au filage.

Les cordes se filent sur des métiers qui portent envi-ron trois longueurs de violon, et l’on fait ordinairementtrois cordes à la fois ; on a pour cela une roue à deuxcrochets.

Après avoir attaché les boyaux à une petite cheville,on la place sur un des crochets de la roue,et ensuite onpasse les boyaux autour d'une cheville fixée à l’extré-mité du métier, puis on coupe de longueur convenable,et après avoir fixé une petite cheville on la passe sur ladeuxième broche de la roue, puis on tourne la roue en-viron 8 à 10 tours, et comme cette grande roue laitmouvoir les petites molettes qui reçoivent 30 fois plu*de torsion que la grande roue, il en résulte que lescordes reçoivent une torsion de quelques coûtâmes detours.

La corde étant filée, on ôte les deux petites che-villes qu’on place dans les trous pratiqués sur le mé-tier, et on recommence à filer une autre corde, jus-qu’à ce que le métier soit entièrement garni des deuxcôtés.

On doit observer dans le filage, dç placer les boyaux

1 gros bout et 1 petit bout. Quant au troisième fil on lechoisit parmi ceux qui sont assez, réguliers de grosseur ;le métier étant garni de cordes se porte à la chambreau soufre, et à la fin de la journée, lorsque le filage estterminé, on allume du soufre dans la chambre, ayantsoin de mastiquer avec de la terre glaise les ouverturesde la porte. Ce soufrage a pour but de blanchir lescordes ; on emploie ordinairement la fleur de soufre, etla quantité qu’on en met à brider n’a aucune influencesur le blanchiment. On évite d’en trop mettre par éco-nomie, attendu qu’il ne peut s'en brûler qu’en raisondu volume de l’air contenu dans le soufroir ; si on enmettait trop l’excès du soufre serait liquéfié et en partieperdu Le soufre en se brûlant se combine avec l’oxy-gène et donne lieu à la formation d’acide sulfu-reux, qui a la propriété de blanchir toutes les matièresanimales. La quantité de soufre qu’on peut employerest ordinairement de 25 gram. pour une chambre de

2 mètres cubes.

Lorsque les cordes ont passé la nuit on les retire dusoufroir pour les faire un peu sécher, puis on les retordune deuxième fois en leur faisant subir une assez fortetension, ensuite on procède à l’étrichage; ce travailse fait avec des cordes en crin qu’on enlace, autour dechaque corde, de manière à former de petites massesd’environ 15 cordes pour chaque masse, puis l’ouvrierprend une de ces masses dans chaque main et aprèsavoir mouillé, à l’aide d’une éponge, avec de Veau depotasse il frotte les cordes d’uu bout à l’autre environ50 fois, mais en mouillant 2.ou 3 fois par intervalles;ce travail a pour but de nettoyer et de dégraisser par-faitement la corde, on retire les cordes en crin, et avecune éponge on fait descendre les saletés jusque sur latète du métier, puis on p;issu l’éponge mouillée sur tou-tes les cordes, et lorsque tout est fini on remet le mé-tier au soufre ; le lendemain les métiers sont retirés etles cordes reçoivent encore un petit retordage, et lors- jquVlle« sont parfaitement sèches on les coupe, puis on j

les roule une à une sur une petite forme cylindrique, etaprès les avoir attachées, une à une, on les met par pa-quets de 30, elles sont alors prêtes à livrer au com-merce, mais avant on les enduit d’un peu d’huile d’olivedo bonne qualité; comme l'huile a l’inconvénient derancir il est préférable de n’en pas mettre, néanmoinson peut empêcher l’huile de rancir cil y ajoutant environun centième de son poids d’essence de laurier.

Les chanterelles de violon ne se polissent pas ordi-nairement, mais toutes les autres cordes sont poliesavant d’être coupées; lorsqu’elles sont parfaitement sè-ches, on place le métier horizontalement sur deux tré-teaux, et au moyen d’une bande de toile qu'un forme enplis, ou place une corde dans chaque pli au nombreîle 10 à 12, on y met un peu de pierre-ponce en poudreou de verre pilé avec un peu d’huile d’olive, ou serre letout fortement dans la main et on frotte dans toute lalongueur des cordes jusqu'à ce qu’elles soient parfaite-ment unies et après les avoir essuyées, on les coupe poul-ies ployer une à une et les mettre en paquet comme leschanterelles.

Quant aux oordes rouges ou bleues pour la harpeelles se filent çle la même manière, seulement on teintles boyaux en rouge ou en bleu suivant les besoins. Onchoisit les plus tachés pour teindre en bleu.

Le bleu se prépare avec du tournesol de Hollandequ’on met tremper dans de l’eau de potasse portant undegré de l’aréomètre de Baume, on filtre la couleur eton la met sur les boyaux qu’on veut teindre, ayant soinde remuer pour faire pénétrer la couleur; il faut em-ployer une teinte moins foncée pour les grosses cordesque pour les petites ; il faut aussi éviter d'approcher lescordes bleues du soufroir attendu qu’elles deviendraientrouges, tous les acides ayant la propriété de faire pas-ser les couleur» végétales bleues au rouge (1); voilàpourquoi la plus grande partie des cordes bleues de-viennent rouges, et surtout si on n’a pas soin de les iso-ler des cordes qui ont été soufrées.

Le rouge se prépare avec du marc de cochenille qu'onfait bouillir dans de l’eau de potasse marquant un de-gré de l'aréomètre de Baume, on filtre et on teint avecles boyaux dont on veut faire les cordes rouges, ayantsoin de faire une couleur d’autant plus légère que lescordes sont grosses, opération très facile en faisant lacouleur très foncée; on peut l’affaiblir à volonté avec del’eau do potasse.

Les cordes rouges vont nu soufre comme les blan-ches, et elles acquièrent par Reflet des acides un rougeplus vif et plus brillant.

Toutes les cordes en boyaux pour les instruments sevendent en paquets de 30, les grosses se mettent en demi-paquets de 15; leur prix varie suivant leur grosseur; lesprix les plus élevés sont ordinairement de 1 fr. par fil,ou pour mieux dire par grosseur de boyaux; mais eugénéral les bonnes chanterelles se vendent plutôt à rai-son de 1 fr. 50 c. par fil, tandis que les grosses cordesse livrent pour la plupart au-dessous do 1 fr., surtouten France oit les troisièmes de violon s’y vendent à. 4 et5 fr. le paquet, quoique étant considérées comme ayant8 et 9 fils, tandis qu'en Italie , les grosses cordes aug-mentent de valeur suivant leur nombre de fils dans lamême proportion que les chanterelles.

Nous parlerons maintenant des moyens qui peuveutfaire reconnaître à la vue les bonnes cordes.

Les chanterelles doivent être transparentes, parfaite-ment unies et assez régulières de grosseur; elles ne doi-vent pas être trop blanches, car cela prouverait qu’ellesont été faites avec des agneaux trop jeunes, et lorsqu'on

(t) Lorsque les cordes bleues sont devenues rouges, onpool les ramener en les exposant à de la vapeur d'ammonia-que. operation rpn peut se faire facilement dans un Imcat ou•lans nn«' boite fermée.