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sale plus ou moins foncé, a acquis une transparence quise manifeste lorsqu’on regarde le jour au travers, etqui devient complètement visible lorsqu’elle a été grattéeet polie.
Pour fabriquer la corne à lanterne, on choisit lescornes les plus blanches et les plus belles, notammentcelles des chèvres et des béliers. On les prépare commenous l’avons décrit ci-dessus, et ou refend ensuite lesplaques de corne sur leur épaisseur, en 2 ou 3 feuilles,soit au moyen d’un ciseau d’acier, sur lequel on frappeà coups de marteau, soit à l’aide d’une scie circulairehorizontale très fine, qui est animée d’un mouvementde translation également horizontal. Les cornes d'ani-maux très jeunes, qui .n’ont que 1 à'2 millimètres d'é-paisseur ne sont pas refendues.
Pour polir les feuilles refendues comme il vient d’êtreiit, on place successivement dans une espèce décadrémétallique, de la dimension des feuilles à polir, des pla-ques de cuivre de 2 à 3 millimètres d’épaisseur, bienpolies des deux côtés, et les feuilles de corne à polir;les deux plaques extrêmes sont beaucoup plus épaissesque les autres, et le cadre peut contenir une douzainede feuilles ainsi disposées entre les plaques de cuivre.Le cadre ainsi chargé est placé sous une presse entredes plaques de fer chaudes, et l’on serre fortement. Aulieu d’employer des plaques chaudes, il vaut mieux met-tre la presse toute chargée dans l’eau bouillante, etensuite dans l’eau froide. On obtient ainsi des feuillesparfaitement polies, sur lesquelles il suffit de passer unpeu de blanc d’Espagne avec la paume de la main ouun tampon de laine, ce qui les fait sécher promptement.
Lorsqu’on veut avoir des feuilles de dimensions plusgrandes que celles données naturellement par la cornede l’animal, il faut réunir ensemble plusieurs morceauxau moyen d’une opération qui prend le nom de soudure,bien qu’il ne faille pas, comme dans la soudure ordi-naire des métaux, employer (le corps intermédiaires.On fait ramollir dans l’eau bouillante les feuilles decorne maintenues entre des tasseaux de bois, afin qu’ellesne se courbent point, puis on les laisse refroidir avantde desserrer les tasseaux. Ou taille en biseau les partiesqui doivent se joindre, eu se servant d’un grattoir àtranchant vif, en ayant bien soin de ne pas toucher avecles doigts ou un corps gras, les biseaux ainsi préparés,qu’on superpose l’un sur l’autre, et qu’on maintientdans cette position on les entourant avec des fils serrésles uns contre les autres, jusqu’à ce que la jonction ensoit entièrement recouverte, ou mieux encore, avec desbandes de papier qu’on colle en les croisant, procédéqui présente l’avantage de ne pas laisser d’empreintesur la corne après la soudure. La forme des pièces exi-geant différentes manières de les apprêter, on laisse engénéral ce soin à la sagacité de l’ouvrier soudeur, quiopère ordinairement à plat; pour cette opération onemploie des pinces plates en cuivre, de dimensions con-venables, que l’on fait chaufTer; quant à la tempéra-ture qu’elles doivent avoir, l’expérience seule de l’ou-vrier peut l’indiquer. Les parties à réunir par la souduresont alors placées entre les palettes chaudes de la pince,et on les serre dans un étau. On peut aussi, lorsque lesdimensions de la feuille sont considérables, se servird’une presse et de deux plaques de cuivre convenable-ment échauffées. On laisse refroidir le tout, on desserre,et l’on trempe la corne dans l’eau froide. On ragrée alorsla soudure avec un grattoir à tranchant bien vif, enayant soin de no faire mouvoir d’abord cet outil quedans le sens de la feuille dont le biseau est en dessus,jusqu’à ce qu’on ait atteint la feuille de dessous; autre-ment on risquerait de décoller les deux parties. Lors-qu’elles sont bien de niveau, le grattoir peut être pro-mené en tout sens. On adoucit alors la pièce avec de lapierre-ponce bien fine, et on termine le poli avec dutripoli de Venise bien broyé et lavé.
Pour produire sur la corne des taches qui lui donnentl’apparence de l’écaille, on la mouille par places avecdes dissolutions métalliques dont la nature varie suivantla couleur des taches que l’on veut produire : pour lerouge on emploie une dissolution d’or dans l’eau ré-gale; pour le noir on emploie une dissolution de nitrated’argent; pour le brun une dissolution chaude de nitrate de mercure ; le brun sc produit aussi en appliquantpar places sur la corne, une bouillie composée de litharge délayée avec une solution de potasse, puis chauf-fant pendant quelque temps. La couleur est plus oumoins foncée suivant la proportion de l’alcali, et letemps plus ou moins long que l’on laisse la bouillie surla corne. Une dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique, ainsi qu’une décoction de bois du Brésil , de safran,ou d’épine-vinette, peuvent également donner du brun.Après l’emploi de ces matières, on fait macérer la cornependant 12 heures, dans une dissolution concentrée d’ulun et de vinaigre.
Eu France, en Hollande et en Autriche , les fabri-cants de peignes et les tourneurs de corne utilisent lesrognures et tournures de corne et d’écaillc, pour en fa-briquer, par pression, des boutons, des tabatières, etcA cet effet, on remplit de rognures un moule en laiton,consolidé par un châssis en fer, que l’on place sous unepresse entre deux plaques de fer fortement chauffées ;le moule s’échauffe peu à peu, et à mesure que les ro-gnures qu’il renferme se ramollissent, on les comprime,en serrant graduellement la presse, jusqu’à ce qu’ellesse soient complètement soudées et aient pris exacte-ment la forme du moule; on laisse ensuite ce dernierse refroidir spontanément ou on le plonge dans l’eaufroide, on sépare les deux parties du moule et on en re-tire les rognures, qui se sont soudées en une massecompacte. On peut traiter ainsi, soit des rognures decorne, soit des rognures d’écaille, soit enfin un mélangedes deux, ce qui a l’avantage de produire une matièremoins fragile que l’écaille. Les rognures de corneexigent pour se souder une température plus élevée quecelle d'écaille. On doit dans ce travail, tout comme dansla soudure, avoir bien soin de ne pas toucher la corneavec les doigts ou avec un corps gras, ce qui donneraitlieu à des solutions de continuité dans la soudure desfragments.
l'our faire un anneau en corne, pour des cordons desonnette, etc., on découpe un morceau de corne sousla forme d’un fer à cheval et à peu près avec les dimen-sions qu’il doit avoir. On l’échauffe pour le ramollir, eton entaille les deux extrémités avec des emporte-pièce s qui leur donnent la forme des deux parties d’unassemblage à queue d’aronde, et ou le laisse refroidirsous presse ; on le réchauffe de nouveau pour fermerl’assemblage, et lorsque la soudure est faite avec soin,il est impossible d’en déterminer la place.
Les manches des couteaux de table et des fourchettes,ou autres pièces analogues, se forment de deux partiesque l’on ramollit à l’aide de la chaleur et ou on pratiquepar pression au moyen de matières chauffées, dans l’unedes feuillures latérales et sur l’autre des languettescorrespondantes ; on les réchauffe alors de nouveau etou les soude, par pression, entre deux étainpes chauf-fées.
Les boutons de corne pour les tiroirs, qui doiventporter un axe métallique ou une vis, se font égalementen deux parties moulées séparément ; le revers du bou-ton est percé d’un trou par lequel passe l’axe ou le-vier ; cet axe se termine par un disque métallique quel’on introduit entre les deux faces du bouton, qui sontensuite soudées comme il vient d'être dit ; pour rendrela soudure plus intime, on a pratiqué dans la partieantérieure du bouton une rainure annulaire, dans la-quelle s’engage une saillie correspondante ménagéesur la parti* postérieure.