COTON.
COTON.
CORNUE (iniyl. retort, ail. retorte). On donna d'a-bord ce nom à des appareils distillntoircs, en verre, engrès, en terre cuite, en porcelaine, en platine, en fonteou en fer, composés d’une panse et d’un long col laté-ral recourbé. Plus tard on appliqua indistinctement cenom à tous les appareils disrillatoires, quelle que futleur forme, comme les cornues cylindriques, prisma-tiques, etc., employées pour la fabrication du vinaigrede lois, du noir ant/nn/, du gar d'éclairage, etc. Nousdonnerons à chacun de ces articles le dessin de ces di-verses cornues, et nous parlerons de leur constructionen décrivant l’élaboration des matières dont elles sontcomposées, ce qui nous dispense d’entrer ici dans desdétails qui n’y seraient pas à leur place.
COTON (filature du) (angl. cotton manufacture,ail. baumwollen-spinnerei ). Le coton est un filamentcourt, un duvet végétal qui enve.loppe les semences ducotonnier, appelé gossypium par Linnée, et placé par luidans Tordre polyandria et dans la classe monadelphia ;mais appartenant à la famille des malvacées. Le coton-nier croît presque spontanément dans tous les payschauds, et il est originaire de l’Inde et de l’Amérique .On compte différentes espèces de cette plante ; mais lescaractères de leurs produits sont fort incertains, et iln’est guère de botaniste qui puisse se reconnaître parmiles différentes sortes de coton répandues dans le com-merce. D’après Linnée, il y aurait seulement cinq es-pèces de cotonniers ; d’un autre côté, Lamarck , dans sonEncyclopédie méthodique , en reconnaît huit, et treizesont décrites paV de Candolle. Afin d’éviter la confusionqui résulte nécessairement de cette divergence d’opi-nions, on a dû diviser toutes les espèces de cotonniersen trois grandes classes principales, qui sont :
Tremièrc classe : cotonniers herbacés -,
Deuxième — cotonniers arbustes ;
Troisième — cotonniers arbres.
Voici maintenant les propriétés les plus saillantesqui caractérisent ces trois classes :
Première classe. Le cotonnier herbacé est une planteannuelle, qui se cultive dans l’Inde, la Chine, les Etats-Unis et plusieurs autres pays. Il s’élève ordinairementa une hauteur de GO à 65 cent. Veinées de brun et d’unvert foncé, ses feuilles se divisent chacune en cinq lo-bes. Quant à la fleur, elle est d’un jaune pâle, avec unlarge pistil et cinq pétales, marqués vers le fond d’unetache pourpre. Dès que la fleur est tombée, on voit pa-raître une enveloppe capsulaire, supportée par cinqfeuilles vertes triangulaires , dont le limbe est pro-fondément dentelé. La cosse, à peu près triangulaire,avec le bout terminé eu pointe, se compose de troiscompartiments, et elle atteint les dimensions d’unegrosse noix aveline. Lorsque la graine est parvenue àson degré de maturité , l’enveloppe ou cosse s’entr’ou-vre, et trois flocons de duvet, d’un blanc de neige oujaunâtre, sortent, comme autant de houppes, des troiscompartiments renfermant les graines qui y adhèrentfortement et ressemblent un peu, mais dans des pro-portions plus grandes, à des pépins de raisin.
Deuxième classe. Le cotonnier arbuste diffère peu,pour la fleur et le fruit, du cotonnier herbacé, et ilcroit dans la plupart des contrées où Ton trouve ce der-nier. Parmi les principales variétés du cotonnier ar-buste, nous citerons le cotonnier indien, le cotonnierfeuille de vigne, et le cotonnier religieux ( gossypium re-hgtosum) de Linnée, dont les fleurs sont blanches dansqucdques variétés, auxquelles appartient probablementle coton blanc de Rome , cultivé dans le Jardin-desriantes de Paris .
Troisième classe. Le cotonnier arbre offre les memescaractères à peu près que ceux de la seconde classe ;mais il s’élève beaucoup plus haut. On le trouve dansl’Inde, la Chine, l’Egypte, en Amérique et sur les côtesoccidentales de l’Afrique .
Il est encore une autre espèce de cutonnier non ex-ploité, qui peut atteindre une grande hauteur, et produitun coton soyeux et d’une blancheur éblouissante ; maisla fibre de co coton est si courte et si cassante, qu’onne peut l’employer dans la filature. Je veux parler ducotonnier connu vulgairement sous le nom de cotonnierparasol ; dont le nom latin est bombax ceiba.
Les filaments des differents cotons diffèrent en lon-gueur, en flexibilité, en ténacité, en épaisseur suivantqu’ils proviennent des diverses espèces dont nous venonsde parler. Deux propriétés influent surtout sur la valeurdu coton en laine, ce sont la longueur et la finesse. Delà, les grandes différences qu’on remarque dans le prixdes cotons en laine. On en jugera parle tableau suivantqui indique les prix assignés, le 4 rr décembre 1835, àLiverpool, à plusieurs sortes de coton.
Sea-Island , on Géorgie long.Demerara et Berbice .Fernambouc .
Baliia.
Upland , ou Géorgie court.Indes occidentales.
Madras.
Bengale.
Prix par kilog.
4 f ,G2 à 7 r .752 f ,3l à 3 f ,002',75 à 3 f ,452 f ,67 à 3 f ,704 f ,80 à 3 f ,062 r ,10 à 2 r ,844 f ,80 à 2', 931 r ,97 à 2 r ,311 r ,55 à 2 f ,044 f ,65 à 2 f ,0i4 f ,34 à 1 f ,65
d est le roi des cotonset sa finesse que par saur argentée, brillante.
Le géorgie long ou sea-islaconnus, tant par sa longueurforce, sa propreté et sa blanchiCertaines variétés de ce coton valent jusqu’à 8, 40, 12et meme 1 i f le kil.
Examinés avec un bon microscope, les filaments ducoton ressemblent plus ou moins à un ruban quol’ontordrait sur lui-même. Dans la partie plate de ce ruban,la transparence est parfaite, et Ton remarque, de chaquecôté, une lisière semblable à un ourlet. La largeur dece ruban, dans le plus fin sea-island ou géorgie long, estde 4/140° de millimètre.
Dans un curieux travail sur la résistance des fibresdu coton, M. Ileilmann a trouvé que la force nécessairepour rompre une fibre variait de 2 à 4 gr. suivant lesespèces.
Tour récolter le coton, on a soin de cueillir les cossesau fur et à mesure qu’elles sont ouvertes, afin que lecoton ne s’échappe pas de leur intérieur, et Ton enlèveà la fois le coton et les graines, en laissant la cosse surl’arbre. Il est essentiel de choisir un beau temps pourfaire cette opération, car la moindre humidité qui s’in-troduirait dans le coton pourrait le faire noircir par lasuite. Une fois le coton récolté, on le laisse exposé ausoleil pendant quelques jours, afin que les graines et lecoton se dessèchent et rendent plus facile l’opération quia pour but de séparer ces deux matières.
Cette opération se faisait autrefois à la main, mais onne tarda pas à substituer des machines à ce procédé lentet coûteux. Dans les Indes, en Chine , comme dans toutel’Asie , on fait usage, depuis longtemps, d’un instrumentassez grossier, appelé en anglais roller~gin , c’est à-direrouleau à trappe. Cette machine est quelquefois con-struite sur une grande échelle, et mue par des chevaux,l’eau ou la vapeur.
On a employé de-puis, avec avantage,l’appareil dit Saw-Gin, (moulin sciant).(Fig. 575.) A B estun cylindre d’envi-ron 0 W ,24 de diamètrequi tourne dans la di-rection indiquée par